La réforme de la formation des professeurs, entrée en vigueur le 3 mars, remplace le concours en fin de master par un concours accessible dès la licence, suivi d’une formation rémunérée de deux ans. Bien que cette réforme vise à répondre à la crise du recrutement, certains s’inquiètent de la qualité de la formation des futurs enseignants. Les syndicats saluent l’augmentation des inscriptions, mais nuancent cette hausse.
Sébastien Vieille, secrétaire national du SNALC chargé de la pédagogie est l’invité de RMC le 3 mars 2026.
Annoncée au printemps 2025, la réforme de la formation des professeurs se concrétise ce mardi 3 mars. Un concours en fin de licence, suivi de deux ans de formation rémunérée, vient remplacer l’ancien concours initialement en fin de master. Une réforme qui interroge encore.
La nouvelle formule du concours pour devenir professeur entre en vigueur ce mardi 3 mars. Il y a de ça quelques mois, si vous souhaitiez devenir professeur, dans les écoles ou dans le secondaire, l’accès au concours était réservé aux candidats titulaires d’un master soit un bac+5.
Désormais, un nouveau concours est accessible dès l’obtention d’une licence, c’est-à-dire un bac+3, suivi d’une formation rémunérée en deux ans. Une réforme pour répondre à la crise du recrutement dans l’éducation.
Et la stratégie s’avère fonctionner puisqu’il y a plus de 265.000 inscrits cette année. C’est 46,3% de plus que l’an dernier.
À Rennes, RMC a pu rencontrer ces étudiants qui s’apprêtent à passer ce nouveau concours, comme Axel. En première année de master, il débute ce matin ses épreuves pour devenir professeur d’EPS: “J’ai mis toutes les chances de mon côté pour réussir.”
“Ça me permet de gagner une année et clairement une deuxième chance vu qu’on peut le passer aussi l’année prochaine en M2”, explique-t-il.
Autre nouveauté de cette réforme, s’il réussit le concours, il intégrera une formation lors de laquelle il sera payé 1.400 euros dès l’année prochaine. Une excellente nouvelle selon Albin. “Pour nous étudiants, je pense que c’est bien, ça nous forme un peu plus vite et on est payés un peu plus tôt”, affirme-t-il.
“Parce qu’attendre la fin du master pour commencer à travailler et être payés, c’est un peu long”, reconnaît le candidat au Capes d’EPS.
Achille, lui, prépare l’ancien concours, ouvert au bac + 5 et il s’interroge sur la formation de ces candidats moins diplômés. Lui qui s’estime “même ne pas être totalement prêt à exercer pleinement ma fonction”, s’inquiète que “sur des candidats L3, ça nécessitera de les accompagner.”
“Pas bien armés”
Et de ce point de vue justement le compte n’y est pas selon Sébastien Vieille. Il est secrétaire national du syndicat enseignant, le SNALC: “Au départ on était tout à fait favorables à cette mesure. Le problème ce sont les conditions dans lesquelles ça se fait et surtout la perte de qualité.”
“Les futurs enseignants ne vont pas être bien armés”, assure le syndicaliste.
Les syndicats qui saluent tout de même la hausse des inscriptions aux concours tout en la nuançant. Beaucoup de candidats se seraient en réalité inscrits aux deux concours : bac+3 et bac+5.
Et pour ceux qui seront pris dès bac+3, ils suivront une formation en master de deux ans et bénéficieront d’un tutorat. Ils devront ensuite s’engager à exercer le métier de professeur pendant au moins quatre ans.
Le changement concerne les enseignants du premier degré (maternelles et élémentaires) comme ceux du second degré (collèges et lycées). Ce système transitoire doit durer jusqu’en 2027, avant la disparition définitive du concours à bac+5 en 2028.
Martin Lange avec Solenn Guillanton





