Chaque année, les enseignants d’EPS observent la même réalité : du collège au lycée, de nombreuses jeunes filles s’éloignent de la pratique sportive. Ce constat rejoint les chiffres alarmants de l’UNESCO : 49 % des adolescentes abandonnent le sport avant 15 ans, soit six fois plus que les garçons.
Ce phénomène a été étudié récemment par la MGEN et l’institut Kantar. Présentée le 13 janvier 2026, l’enquête menée auprès de 507 jeunes filles de 13 à 20 ans ayant arrêté un sport dans les deux dernières années révèle que 45,2 % ont abandonné contre leur volonté. Les causes sont multiples : parmi elles, les transformations corporelles liées à la puberté, la gêne liée aux règles, la peur du jugement ou encore les comportements sexistes. 63 % des adolescentes jugent leurs changements corporels comme un frein à la pratique sportive.
L’adolescence est une période charnière pour le maintien de la pratique sportive. Dans les fédérations sportives, comme à l’UNSS, la tranche d’âge des 10-14 ans concentre le plus grand nombre de licenciées, avant un recul marqué au milieu de l’adolescence. Or, c’est précisément à ce moment que le nombre d’heures d’EPS obligatoires diminue : au lycée, il n’y a plus que 2 heures par semaine, soit une seule séance de motricité.
Dans ce contexte, où l’École reste pour un élève sur deux, l’unique lieu de pratique physique structurée et régulière, l’EPS pour les adolescentes est un espace crucial pour le maintien du lien avec l’activité physique. La situation est donc préjudiciable et inacceptable si l’on souhaite réellement lutter contre la sédentarité et les conséquences de santé publique liées à ce décrochage sportif.
Le SNALC réaffirme sa revendication : porter l’EPS au lycée général et technologique à au moins 3 heures hebdomadaires, afin de garantir deux séances d’activité par semaine. C’est un levier indispensable pour offrir aux adolescentes des conditions effectives de pratique, lutter efficacement contre le décrochage sportif et affirmer l’engagement de l’Éducation nationale dans la promotion de la santé, de l’égalité et du bien-être des élèves.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1512 du 10 avril 2026





