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Un robot humanoïde en classe ? Ce n’est pas de la science-fiction !

© 835031-pxhere.com

Dans le cadre de l’école inclusive, il est désormais possible de voir un robot débarquer en classe pour permettre aux élèves du primaire empêchés d’aller à l’école pour de longues durées de participer « en direct » à la classe. L’arrivée de ce nouvel « outil » révolutionne la classe et pose de nombreuses questions.

Que disent les textes ?

La loi de 2005 définit la notion de handicap :

« Constitue un handicap, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant “.

Par ailleurs, le Code de l’éducation prévoit que « le service public de l’éducation […] contribue à l’égalité des chances et à lutter contre les inégalités […] en matière de réussite scolaire ».

L’APADHE (Accompagnement Pédagogique à Domicile, à l’Hôpital ou à l’Ecole) entre dans le cadre de ces textes pour permettre, en cas d’empêchement scolaire pour raisons de santé, de tout mettre en œuvre pour assurer la continuité scolaire.

La circulaire dédiée à l’APADHE précise que le personnel des écoles assure la transmission des documents pédagogiques via :

  • Des outils simples (photocopies, photos…)
  • Des outils numériques (ENT…)
  • Des systèmes de télé-présence robotisés (STPR)

Le programme TED-i (Travailler Ensemble à Distance et en Interaction) permet donc de déployer sur tout le territoire 1750 robots humanoïdes, prénommés Buddy, dans les écoles primaires. Buddy est mobile, doté d’un écran tactile et d’une autonomie de 4 heures.

Sont également déployés 1750 robots BEAM, équipés d’un micro, de son, d’une caméra et d’un écran, pilotés à distance par l’élève et adaptés « en fin du cycle primaire ».

Quels élèves et quelles démarches ?

Les robots s’adressent aux élèves (dès 5 ans), inscrits dans une école. Ils doivent être empêchés d’aller à l’école pour au moins un mois. Ils peuvent suivre la classe depuis l’hôpital, en établissement de soins, à leur domicile ou dans un lieu de convalescence.

L’objectif principal est d’inclure le plus possible l’élève dans le processus pédagogique pour éviter une rupture trop forte. L’enfant resterait ainsi « élève » et maintiendrait le contact avec ses pairs et son enseignant.

A noter que la demande initiale d’attribution du robot ne vient ni de la famille, ni du monde médical, ni de l’école. Le référent TED-i de la DSDEN identifie les écoles dans lesquelles le déploiement des robots est envisageable, notamment en termes de Wi-Fi. Cette précaution montre d’ailleurs que le ministère est conscient de l’état désastreux des équipements Internet des écoles.

Une fois cet état des lieux réalisé, le service de l’école inclusive, la DSDEN et l’APADHE identifient les élèves qui pourraient bénéficier du robot. Alors seulement sont consultés l’équipe pédagogique, les interlocuteurs médicaux et la famille.

Et le professeur des écoles ?

Après la classe à distance et la continuité pédagogique, le professeur des écoles découvre donc l’élève à distance. Si l’objectif premier du dispositif est tout à fait louable, ce dispositif constitue néanmoins une intrusion avec une caméra active en permanence dans la classe. 

Qu’en est-il du droit à l’image de l’enseignant et des autres élèves ?

De la protection des données d’un robot développé par une société privée ?

De la sécurité en cas d’une utilisation malveillante ou de piratage du dispositif ? 

Comment assurer la sécurité de tous quand il est prévu qu’un élève pilote à distance un robot de 18 kg pour 1,30 m, et qui peut se déplacer dans la cour de récréation ? Le professeur en est-il responsable ? 

Enfin, comment le PE va-t-il trouver du temps pour la manipulation du robot au quotidien, la coordination avec les équipes médicales ou encore l’adaptation des supports d’enseignements ? 

Les 108 heures, baguette magique préférée de nos supérieurs, seront à coup sûr invoquées pour que le PE apprivoise la machine. 

Le SNALC attend du ministère des réponses claires à ces questions inquiétantes. Le lancement en grande pompe de TED-i le 3 décembre 2021 par Jean-Michel Blanquer et Brigitte Macron, ne doit pas occulter ces préoccupations qui ne peuvent être négligées. 

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