Un bac « remusclé », vraiment ?

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Dès 2018, le ministre annonçait un bac « remusclé ». Il fournissait d’ailleurs tout un argumentaire pour justifier ses choix et expliquer en quoi l’examen devenait plus « robuste ». 

 

En premier lieu, le baccalauréat était trop complexe et nuisait à la bonne tenue de l’année scolaire. Il fallait donc enlever les lourdeurs d’organisation et permettre que l’année soit exploitée totalement, en reconquérant le mois de juin, comme le veut une antienne bien connue. 

 

Mais il fallait aussi un baccalauréat qui prépare mieux aux exigences du supérieur tout en donnant plus de sens au premier diplôme universitaire. 

 

Après trois ans et une réforme de la réforme, que constatons-nous ? Notre baccalauréat est-il vraiment plus protéiné ou a-t-il fait de la gonflette pour n’impressionner que les gogos ? 

 

Les E3C devenus EC étaient un casse-tête organisationnel qui supprimait deux semaines de cours. Ils disparaissent pour laisser place au contrôle continu. Celui-ci va placer les élèves en évaluation constante et donnera lieu à des devoirs communs qui compteront plus que le reste et ressemblent trait pour trait à des E3C ou EC. 

 

Les spécialités sont évaluées en mars, sans que les programmes soient achevés et prennent une semaine de cours pour du certificatif. Puis, en mai et juin, on prépare au grand oral, une épreuve où le contenu a moins d’intérêt que la posture et les facultés de communicant. 

 

Le moins que l’on puisse dire est que, en apparence en tous cas, on évalue plus les élèves (en fait constamment). Mais mélanger le certificatif et l’évaluation au long cours n’a ni valeur réelle ni sens profond. 

 

De même, il apparaît clairement que l’objectif affiché de « reconquérir » du temps d’enseignement est manqué, et largement. En effet, avec des spécialités qui tombent trop tôt, il a fallu définir l’exigible dans les programmes pour rendre moins ardue la course contre la montre. Quant aux dernières semaines de l’année, elles deviennent une répétition générale pour une seule épreuve. 

 

Au final, loin de « muscler » le baccalauréat, cette mandature semble plutôt vouloir sonner le glas d’un diplôme qui a pourtant du sens pour suivre des modèles qui n’ont pourtant rien d’enviable. 

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