Courrier du SNALC à Mesdames et Messieurs les députés et les sénateurs
Paris, le 7 septembre 2026
Objet : Revalorisation des assistants d’éducation (AED) en contrat à durée indéterminée (CDI)
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Le SNALC souhaite porter à votre attention la problématique de la revalorisation des assistants d’éducation en CDI.
Depuis le 1er septembre 2022, et conformément à l’article 10 de la loi 2022-299 du 10 mars 2022 et au décret 2022-1140 du 9 août 2022 modifiant le décret 2003-484 du 6 juin 2003, le CDI est accessible aux AED après 6 ans de CDD.
Si l’accès à un CDI n’est jamais de droit, la rémunération des assistants d’éducation en CDI fait l’objet d’un réexamen au moins tous les trois ans au vu des résultats de l’entretien professionnel comme prévu par l’article 7 du décret 2003-484 du 6 juin 2003.
Par ailleurs, la nouvelle circulaire « Cadre de gestion des personnels exerçant les missions d’assistants d’éducation (AED) », datée du 17 septembre 2025 et publiée le 9 octobre 2025, dispose dans son paragraphe 2.5.1 : Les modalités de réexamen de leur rémunération sont définies par les services académiques en concertation avec les organisations syndicales siégeant en comité social d’administration académique.
Or, au cours de l’année scolaire 2025/2026, soit les rectorats n’ont pas engagé cette concertation, soit ils ont convoqué un ou plusieurs groupes de travail sur le sujet, mais, quelles que soient les académies, les modalités de revalorisation des AED CDIsés n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Des rectrices et recteurs nous ont informés que l’arrêt des échanges entre leurs services et les organisations syndicales résultait d’une demande du ministère de l’Éducation nationale.
Le SNALC a déjà interpellé Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, sur cette problématique, mais à la date d’aujourd’hui, la revalorisation des AED en CDI est toujours bloquée. N’oublions pas que les premiers AED CDIsés l’ont été en septembre 2022. Par conséquent, ces collègues attendent depuis septembre 2025, soit depuis plus d’un an, une revalorisation de leur rémunération.
Ce blocage est-il dû à l’absence de budget nécessaire pour revaloriser ces collègues ? Si tel est le cas, pourquoi ce budget n’a-t-il pas été prévu, alors que dès août 2022, date de l’adoption de la réglementation relative à cette revalorisation triennale (article 6 du décret 2022-1140 du 9 août 2022), la mise en application à partir de septembre 2025 était connue de tous ?
Enfin, depuis le 1er juin 2026, en raison d’une absence de révision à la hausse de l’indice majoré des AED CDIsés, ce dernier reste fixé à 375 et ne garantit plus par conséquent un traitement indiciaire au moins égal au SMIC. En effet, pour un temps complet, l’indice majoré 375 aboutit à un traitement mensuel brut de 1 846,04 € alors que le SMIC mensuel brut s’élève à 1 867,02 €. Depuis juin 2026, les AED en CDI perçoivent donc une indemnité différentielle SMIC, permise par le décret 91-769 du 2 août 1991 puisqu’au aucun agent public ne peut avoir un traitement brut inférieur au montant du salaire minimum de croissance, et ont de facto un traitement brut identique à celui-ci de leurs collègues AED toujours en CDD. Pourtant, afin de tenir compte de leur expérience professionnelle, l’arrêté du 6 juin 2003 modifié fixant le montant de la rémunération des AED précise que les AED recrutés en CDI sont rémunérés à un indice brut supérieur (point 2.5.1 de la circulaire du 17 septembre 2025 citée en supra). Depuis le 1er juin 2026, cela n’est plus vrai et donc plus réglementaire !
Par ailleurs, si ces assistants d’éducation ont été CDIsés, c’est bien parce qu’ils sont motivés, dévoués, expérimentés et reconnus comme apportant une plus-value à la vie scolaire de leur établissement et par extension, à l’institution.
Le SNALC vous demande donc de bien vouloir vous emparer de la question de la rémunération des AED en CDI afin qu’une issue favorable à cette situation non réglementaire soit trouvée dans les plus brefs délais. Ces agents publics exercent dans nos collèges et nos lycées des fonctions dont le caractère indispensable n’est plus à démontrer et ne méritent pas un tel mépris.
Pour les AED, le SNALC défend l’élaboration d’une grille indiciaire nationale, comportant des indices majorés nettement supérieurs à 380 (indice correspondant actuellement à un traitement mensuel brut égal au SMIC) et qui s’imposerait à l’ensemble des académies. L’objectif est d’éviter des divergences de revalorisation et in fine des inégalités de rémunération pour ces personnels d’une académie à l’autre. La réalisation d’un tel document devrait bien évidemment s’inscrire dans le cadre du dialogue social entre le ministère de l’Éducation nationale et les organisations syndicales représentatives, dont le SNALC.
Extrêmement attaché à la défense des intérêts professionnels des assistants d’éducation, le SNALC reste à votre disposition pour tout échange.
Dans l’attente d’une réponse favorable à notre requête, le SNALC vous prie de bien vouloir agréer, Mesdames, Messieurs, membres du Parlement, l’expression de nos respectueuses salutations.
Jean-Rémi GIRARD, président national du SNALC,
et Danielle ARNAUD, secrétaire nationale du SNALC chargée des personnels contractuels




