Groupe de travail avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 4 février 2026
LE THÈME
Présentation des projets de programmes d’EPS (Cycles 2 et 3) respectant la matrice de l’ensemble des nouveaux programmes de primaire lancés en juin 2024.
L’ESSENTIEL
Structurés par année, ces programmes s’articulent autour de domaines et sous-domaines où les objectifs d’apprentissage, formulés par des verbes d’action, sont associés à des exemples de réussite et des points de vigilance.
L’élaboration des programmes répond à 4 constats : le déficit d’heures effectives (1h30 au lieu de 3h), le manque de continuité maternelle/élémentaire, l’externalisation fréquente de l’enseignement de l’EPS et l’inadéquation de certains programmes avec la réalité du terrain dans le 1er degré.
Les 4 nouveaux domaines d’apprentissage en EPS sont :
- Se déplacer pour agir dans l’espace et sur une durée (avec 5 sous-domaines) ;
- Construire des équilibres pour s’adapter à des environnements inhabituels (avec 4 sous-domaines) ;
- S’exprimer avec son corps pour vivre des émotions (avec 3 sous-domaines) ;
- Coopérer et s’opposer pour apprendre à gagner (avec 3 sous-domaines).
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Si le SNALC a salué la clarté formelle des nouveaux textes et la pertinence des tableaux synthétiques, plusieurs points de rupture sont préoccupants.
Le SNALC dénonce :
- La disparition de la logique de cycle au profit d’un découpage annuel strict.
- Des injonctions hors-sol (savoir nager/rouler) : ériger ces compétences en fondamentaux sans garantie d’infrastructures et de budgets municipaux crée une rupture d’égalité territoriale. Le SNALC refuse que les PE portent la responsabilité de moyens matériels qu’ils ne maîtrisent pas.
- La sécurité et l’inclusion sans moyens : l’omniprésence du terme sécurité (30 fois pour le cycle 2 et 40 pour le cycle 3) sonne comme une mise en garde incantatoire. Le SNALC alerte sur le danger d’inclure des élèves à besoins éducatifs particuliers et/ou en situation de handicap dans des activités à risques sans aide humaine (AESH), ni formation spécifique.
- L’incohérence du domaine n°4 : le SNALC conteste le regroupement artificiel d’activités sous l’intitulé « Apprendre à gagner ».
Le SNALC demande :
- Le retrait des « exemples de réussite » et des « points de vigilance » des programmes officiels pour être basculés dans des documents d’accompagnement. En l’état, ils transforment le programme en une norme d’inspection rigide et infantilisante, déconnectée des réalités locales.
- Le remplacement des termes « exemples de réussite » par « exemples de situations ». Le mot « réussite » induit une pression de résultat binaire (succès ou échec), tandis que celui de « situations » est plus neutre, libère l’élève comme l’enseignant, et correspond mieux à la réalité pédagogique de l’EPS.
L’AVIS DU SNALC
Un consensus s’est dégagé sur le retrait des “exemples de réussite” et la modification de l’intitulé du domaine n°4. Le SNALC craint toutefois que ce dernier point ne soit qu’un “contre-feu” pour masquer l’inflexibilité du ministère sur le reste. La matrice des programmes étant figée, les marges de manœuvre réelles semblent quasi nulles, condamnant les PE à une structure rigide et inadaptée.





