La mise en place d’une complémentaire santé obligatoire à la MGEN pour tous soulève des questions quant à l’impact sur les mutuelles existantes, telles que la Mutuelle Saint-Christophe, et sur le marché potentiel que pourrait capter la MGEN.
L’introduction d’un contrat collectif obligatoire va entraîner une diminution significative du nombre d’adhérents pour les mutuelles qui proposaient auparavant des contrats individuels aux enseignants. Cette baisse d’adhésions va inévitablement fragiliser financièrement ces organismes, voire menacer leur pérennité. Par exemple, la Mutuelle Saint-Christophe, historiquement liée au secteur éducatif, pourrait voir une partie substantielle de ses adhérents se tourner vers le nouveau dispositif collectif, réduisant ainsi ses revenus et sa capacité à offrir des services compétitifs.
Montant du marché potentiel pour la MGEN
Le marché de la protection sociale complémentaire pour les enseignants est conséquent. Selon les informations disponibles, le tarif mensuel pour le socle de garantie de la nouvelle complémentaire santé appelé « Pack Référence » est estimé à environ 77 € (sans les options complémentaires proposées). Avec une participation de l’employeur à hauteur de 50 %, les enseignants auraient donc à leur charge environ 38,50 € par mois. En considérant qu’environ 1,4 million de personnels de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur sont concernés , le marché total annuel peut être estimé comme suit :
- Cotisation annuelle par enseignant : 77 € x 12 mois = 924 €
- Part employeur : 924 € x 50 % = 462 €
- Part salarié : 924 € x 50 % = 462 €
- Marché total annuel : 924 € x 1,4 millions d’enseignants = environ 1,29 milliards d’euros
Ainsi, la MGEN, en partenariat avec CNP Assurances, pourrait potentiellement gérer un marché de près de 1,3 milliards d’euros par an a minima, partagés entre les contributions des employeurs publics et des enseignants.
Il est important de noter que ces estimations sont basées sur les informations actuellement disponibles et que les chiffres exacts pourront varier en fonction des évolutions des tarifs et des effectifs concernés.
Position du SNALC
Le SNALC reste vigilant sur les conséquences de cette réforme.
Cette nouvelle cotisation obligatoire s’inscrit dans une tendance inquiétante : l’État impose une dépense supplémentaire aux enseignants sans revalorisation salariale en contrepartie. Alors que les salaires des professeurs en France restent parmi les plus bas d’Europe, ce dispositif revient à leur faire supporter un coût supplémentaire au lieu d’améliorer leurs conditions de rémunération.
Nous invitons tous les enseignants concernés à nous faire part de leurs retours et interrogations afin d’agir collectivement afin de défendre leurs intérêts et d’exiger les aménagements qui s’avéreront nécessaires.