Le mouvement intra-départemental se déroule dans un climat d’incertitude et de tensions accrues. Derrière une série de « nouveautés », les choix ministériels impactent directement les PE et le fonctionnement des écoles. Le SNALC propose un récapitulatif des principaux changements et des préoccupations qu’ils suscitent.
Un mouvement retardé
Le calendrier du mouvement 2026 est fortement perturbé, notamment en raison des élections municipales : retards dans la publication des circulaires, incertitudes de calendrier, difficultés d’anticipation pour les PE, tant sur le plan professionnel que personnel. Une fois de plus, ce sont les enseignants qui doivent s’adapter.
Le remplacement : des évolutions imposées, des inquiétudes légitimes
Parmi les évolutions les plus marquantes, et dans la continuité d’une politique d’uniformisation des brigades déjà entamée, figure la situation des professeurs des écoles affectés sur des missions de remplacement. Encore une fois cette année, certains remplaçants se retrouvent contraints de participer au mouvement du fait des orientations ministérielles.
Le Ministère a confirmé en janvier sa volonté de généraliser un vivier départemental de remplaçants unique, accompagnée d’une déspécialisation des postes et du déploiement d’un nouveau logiciel de gestion des remplacements.
Ces choix, présentés comme des leviers d’efficacité, soulèvent de nombreuses inquiétudes pour les PE en poste : perte de repères professionnels, manque-à-gagner financier pour les remplaçants REP+/BDFC/ASH, dégradation des conditions de travail et perte d’attractivité d’un métier déjà extrêmement exigeant.
Le SNALC l’a rappelé : déspécialiser et départementaliser sans créer de postes supplémentaires ne peut qu’aggraver les difficultés de remplacement.
Priorités ministérielles : TPS en QPV (Quartier Prioritaire de la Ville)
Les postes en Toute Petite Section (TPS) peuvent attirer de nombreux PE. Si la scolarisation dès 2 ans n’est pas obligatoire, elle s’inscrit dans une logique de lutte contre les inégalités, avec des dispositifs variés (classes TPS, classes passerelles), dont l’ouverture dépend des choix académiques et des moyens alloués, notamment en QPV.
Les intitulés et modalités de recrutement sur ces postes diffèrent selon les départements, certains étant à profil ou spécifiques. Aucune qualification particulière n’est exigée, mais des conditions d’ancienneté et des formations peuvent être demandées localement.
Le SNALC invite les collègues à s’informer précisément avant de formuler leurs vœux et réaffirme son exigence pour des modalités de mobilité transparentes.
Les PAS, à quel prix ?
Après une seconde année d’expérimentation, la multiplication des pôles d’appui à la scolarité s’accélère, sans même qu’un bilan ministériel n’ait été fait. Suite à la création de 500 PAS en 2025, le Ministère en prévoit 1 000 supplémentaires dès la rentrée 2026, puis le déploiement des 1 500 restants si le cadre législatif venait à le permettre. Cette montée en charge massive se fait toutefois sans création de moyens. Les emplois nécessaires seront prélevés sur l’existant : l’enseignement spécialisé, les classes ordinaires voire les RASED.
Pour le SNALC, cette généralisation des PAS, en appauvrissant les moyens existants, risque d’empirer davantage la scolarisation des élèves en situation de handicap, déjà sinistrée par la mise en place des PIAL en 2019 et la pénurie d’AESH, au regard du nombre de notifications d’accompagnement.
Le SNALC alerte sur le coût humain, pédagogique et organisationnel réel des PAS et réaffirme que l’inclusion ne peut se faire en dehors d’un cadre légal – les PAS n’ayant pour l’heure qu’un statut expérimental -, ni au détriment des personnels et des élèves.
Direction d’école : vers un profilage accru des postes
Le SNALC dénonce la dérive actuelle dans l’attribution des directions d’école, de plus en plus soumise à un profilage arbitraire et à des recrutements hors barème. Cette opacité pénalise les PE qui souhaitent obtenir une direction au mouvement.
La loi Rilhac et ses décrets renforcent cette logique en permettant à l’administration d’écarter un directeur « dans l’intérêt du service », si celui-ci n’a plus le bon profil, au mépris de son engagement et de son expérience.
Le SNALC s’oppose fermement à ce modèle et revendique une direction d’école autonome, respectée, appuyée sur une aide administrative pérenne et de qualité, et dotée de temps de décharge réellement adaptés aux missions actuelles, particulièrement difficiles.
À travers ces nouvelles modalités du mouvement intra 2026, se dessine une politique de gestion des ressources humaines de plus en plus contraignante, opaque et déconnectée des réalités du terrain. Entre retards de calendrier, généralisation de dispositifs expérimentaux et profilage accru des postes, la mobilité des professeurs des écoles devient un parcours du combattant.
Le SNALC continuera de défendre un mouvement fondé sur la transparence et le respect des personnels. Il conseille les professeurs des écoles dans leurs démarches de mobilité





