Les établissements scolaires font face à une montée des agressions physiques, parfois graves, contre leurs enseignants. Maxime Reppert, vice-président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc), revient auprès de “Midi Libre” sur cette inquiétante tendance.
Maxime Reppert, vice-président du SNALC est interviewé dans le Midi Libre du 30 mars 2026.
Assistons-nous à une accélération de la violence dans les établissements scolaires ?
Maxime Reppert
Ce qui était plutôt un sentiment est clairement devenu une insécurité bien palpable. Les collègues en conflit ou en souffrance psychologique représentent l’essentiel de notre travail. Et aujourd’hui, aucun territoire n’est protégé. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas qu’en banlieue ou en REP + que surviennent les problèmes.
Constatez-vous une hausse des démissions d’enseignants ?
Maxime Reppert
Une hausse légère mais surtout une explosion des demandes de mobilité car les conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis qu’on observe un phénomène de “consommation” de l’école par les élèves et leurs parents. Les enseignants sont aujourd’hui très largement déconsidérés. Mais que penser d’un gouvernement qui supprime des postes et des moyens financiers en réponse à la banalisation de la violence en milieu scolaire ?
Le renforcement de la sécurité aux abords des établissements est insuffisant ?
Maxime Reppert
La solution n’est pas de mettre des portiques partout ou de multiplier les contrôles de sacs, parce que le problème, dans une agression, c’est n’est pas le couteau mais celui qui le tient. On a décrété la santé mentale grande cause nationale et cela fait deux ans qu’on ne voit rien venir car il n’y a toujours pas assez de personnels dédiés, médecins, psychologues, infirmières. Il faudrait recruter et former.
Quelle est la responsabilité des parents dans cette dégradation ?
Maxime Reppert
Elle est réelle. Tout le monde a des droits et des devoirs, les enseignants comme les parents. Nous sommes favorables à des sanctions contre les parents qui ne rencontrent pas de difficultés particulières mais abandonnent totalement l’éducation de leurs enfants.
Certains de vos collègues mis en difficulté évoquent un manque de soutien de l’institution…
Maxime Reppert
C’est clairement le “pas de vagues”‘ qui continuent à régir le fonctionnement de l’Éducation nationale. Le soutien de la hiérarchie n’est ni appuyé ni systématique.
Quel type d’accompagnement proposez-vous aux personnels en souffrance ?
Maxime Reppert
Déjà, nous les incitons à se confier. Beaucoup n’osent pas parler par peur d’être jugés. La parole ne se libère trop souvent que lorsqu’on est sorti du système. Nous avons créé un service Mobi-Snalc, réservé à nos adhérents, qui leur permet de définir un parcours de compétence avec un conseiller afin de déterminer si changer de métier est vraiment la bonne option pour eux. Nous en avons vu démissionner puis le regretter ensuite… Nous leur donnons aussi accès à des ressources en gestion de conflit avec un coaching, de la sophrologie et, bien sûr, un soutien juridique et psychologique. Nous formons d’ailleurs les cadres du Snalc, dans toute la France, aux gestes de premier secours en termes de santé mentale. Lorsque j’ai été nommé à Beaune, il y a quelques années, une collègue, mère de deux enfants, s’est suicidée la veille de la rentrée. Je ne veux jamais revivre ça.





