Dans le quotidien scolaire, la communication entre enseignants, parents et partenaires est essentielle. Les outils numériques facilitent certains échanges, mais ils ne sont pas sans risque. Le SNALC appelle chacun à la prudence : l’utilisation d’une messagerie instantanée n’est pas du tout indispensable, et encore moins obligatoire.
Des applications jamais vraiment privées
WhatsApp, Signal ou Telegram offrent réactivité et simplicité, ce qui peut séduire. Pourtant un message envoyé ne disparaît jamais totalement : son contenu peut être lu, enregistré, transféré ou sorti de son contexte sans que son auteur s’en rende compte. Chaque jour, des collègues témoignent de malentendus, de conflits nés d’un simple échange numérique. Ainsi L’heure d’envoi ou la formulation d’un message peuvent-ils suffire à provoquer un véritable tsunami.
Attention à l’usage professionnel des messageries privées
Ces applications sont souvent utilisées par automatisme, parce qu’elles font partie du quotidien personnel. En revanche, leur intégration dans la sphère professionnelle pose de nombreux problèmes. Le SNALC déconseille donc fortement de prendre part à des groupes d’école, de circonscription ou, pire encore, d’établir un canal direct avec les parents ou les élèves. Ces pratiques exposent à des complications, des tensions, voire des risques juridiques.
Le droit à la déconnexion
Les PE ne sont pas tenus de répondre ou de rester disponibles en dehors de leurs obligations de service. Or, l’usage de ces messageries crée une disponibilité permanente implicite, brouillant la frontière entre vie professionnelle et personnelle. Le SNALC rappelle que l’accord du 13 juillet 2021 sur le télétravail dans la fonction publique établit le droit pour tout agent public de ne pas être connecté à un outil numérique professionnel en dehors de son temps de travail. Ce principe est renforcé par la circulaire Dgesco du 10 juillet 2025, qui interdit la diffusion d’informations sur les ENT entre 20h et 7h, ainsi que les week-ends. Le SNALC vous conseille vivement de vous appuyer sur ces textes pour protéger votre temps personnel.
Une maîtrise illusoire des outils privés
Certains pensent maîtriser ces messageries, mais cette impression de contrôle est en réalité trompeuse. Elles évoluent en effet sans cesse : nouvelles options, changements des règles de confidentialité, mises à jour automatiques… Il est courant de ne pas en percevoir immédiatement la portée. Une simple méconnaissance technique ou une modification passée inaperçue peut ainsi suffire à exposer malgré soi sa vie privée ou professionnelle, en particulier lorsque des informations sensibles circulent dans les échanges.
Tchap : un outil institutionnel et réglementé
Dans la fonction publique, l’application Tchap de messagerie sécurisée spécifiquement destinée aux agents publics a été mise en place par l’État. Elle vise à garantir confidentialité, traçabilité et respect des normes de protection des données. Ce cadre rassurant ne doit toutefois pas masquer les contraintes fortes qui y sont associées : seules les communications professionnelles doivent y être échangées et tout usage informel est vivement déconseillé.
Or, sans même s’en rendre compte, les réflexes propres à WhatsApp peuvent être reproduits sur Tchap alors qu’un message maladroit envoyé sur une plateforme institutionnelle peut être considéré comme une faute. En outre, les échanges y sont plus facilement traçables et susceptibles d’être lus que sur une messagerie privée. WhatsApp n’est pas sans danger pour autant : diffuser des données sensibles ou personnelles peut également entraîner des complications et des poursuites juridiques.
En conclusion, la vigilance reste essentielle : toute interaction informatique laisse des traces et les messageries instantanées ne font pas exception. Le SNALC appelle à une prudence accrue : si la rapidité des échanges est un avantage, rappelez-vous que votre carrière peut parfois se jouer en un instant. Une simple pression sur le bouton « envoyer » peut, en une fraction de seconde, entraîner des répercussions majeures sur vos vies professionnelle et personnelle.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1509-École du 16 janvier 2026





