Le 26 janvier 2026, Maxime Reppert, vice-président du SNALC, s’est exprimé sur Franceinfo pour souligner que si l’école est souvent mise en première ligne face aux dérives numériques, la responsabilité des familles — notamment dans l’usage des écrans et des téléphones portables — ne peut être éludée. Il alerte sur la crise de la santé mentale des jeunes, liée au cyberharcèlement, et réclame une application concrète des lois, soutenue par des moyens humains et financiers.
14/16 – Franceinfo :
La parole de l’Éducation nationale, si vous le permettez. Merci, Maxime Reppert, d’être avec nous — vice-président national du SNALC. C’est le syndicat — bonjour, monsieur — national des écoles, des collèges et des lycées. La tâche pour vous n’est pas facile, je vous le dis tout de suite. Parce que si on attend le côté éducationnel des parents, on attend beaucoup, beaucoup, beaucoup de l’école aujourd’hui. Comment est-ce que vous vous positionnez par rapport à cette interdiction probable ?
SNALC – Maxime Reppert :
Le problème est le suivant : c’est qu’en fait, on demande tout à l’école. On demande tout à l’école, et on oublie que la première cellule d’apprentissage d’un enfant, ce n’est pas l’école, mais la famille. Et quand on parle de réseaux sociaux, on va parler de téléphone portable, on va parler d’écran. Ce sont des problématiques à la fois liées, différentes, que nous connaissons bien et qui posent beaucoup de soucis.
Alors, je ne suis pas médecin, donc je ne vais pas reprendre ce qui a été dit précédemment et que j’ai suivi, mais c’est vrai que moi, avec près de 20 ans d’ancienneté dans l’Éducation nationale, dès le départ, j’ai commencé en collège, j’ai vu des jeunes en sixième qui, le matin, étaient amorphes, qui ne dormaient pas de la nuit — et lors des réunions parents-professeurs, j’avais les parents qui me demandaient : « Mais monsieur, comment est-ce que je peux faire ? Mon enfant est extrêmement fatigué. » Et puis, dans le même temps, on me disait que le jeune avait un ordinateur dans sa chambre avec un accès libre. Donc, si vous voulez, encore une fois, Internet, comme le téléphone ou comme les réseaux sociaux, ce sont des outils.
Et le problème, c’est que les outils peuvent être bénéfiques lorsque l’usage est mesuré, mais ça peut être extrêmement nocif, voire dangereux pour la santé. Je rappelle que depuis le début du mois de janvier, on a trois jeunes qui se sont suicidés, avec en toile de fond la question du harcèlement scolaire — et surtout du cyberharcèlement.
Donc, effectivement, au-delà des chiffres, il faut quand même prendre conscience que beaucoup de parents sont totalement dépassés par ce phénomène. Et en même temps, ces parents sont quand même responsables. Parce que quand vous avez des enfants de 8 ans qui arrivent à l’école avec un téléphone portable, ce téléphone, ce ne sont pas les enfants qui vont l’acheter. Ce sont les parents qui vont acheter le téléphone. Ce sont les parents qui vont payer le forfait Internet de leur enfant. Donc, il faut quand même qu’il y ait une prise de conscience, plutôt que de toujours se déresponsabiliser en se disant : « J’achète un portable pour mon enfant, c’est pas grave, c’est l’école qui va lui apprendre à s’en servir. » C’est pas comme ça que ça se passe.
Et là, à l’heure où je vous parle, l’heure est grave — parce qu’on parle de ça, mais on doit aussi parler au cœur du problème de la santé mentale. Tout ça est lié. Et actuellement, la santé mentale dans l’Éducation nationale, c’est une forme de no man’s land, puisqu’il n’y a pas assez de personnel de santé, il n’y a pas assez de personnel d’encadrement. Et puis, puisque vous parlez de la loi, la loi, c’est bien — encore faut-il qu’elle soit appliquée ?



