Examens 2021 : encore la même mascarade

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Cette année encore, les résultats des examens nationaux ont été grandioses : 88 % d’heureux lauréats du DNB, 93,8 % chez les lycéens et des mentions à foison ! Les enseignants des classes à examen ont été félicités et… malheureusement, le même sketch recommencera l’an prochain. 

 

Pourquoi, malheureusement ? Car il ne fait pas de doute que l’extraordinaire réussite des élèves n’est qu’une mascarade. Il faudrait être aveugle pour l’ignorer. Exemple avec le sujet d’HG-EMC du DNB 2021. 

 

Comme les années précédentes, les consignes de correction, sans doute issues des techniques « modernes » de nos meilleurs pédagogistes, furent d’une telle générosité qu’il faudrait rebaptiser la phase de correction « foire aux points »

  • l’élève se trompe à la question 2 mais sa réponse à la question 5 correspond à la réponse de la question 2 ? Il faut lui mettre les points : c’est la « correction glissante »
  • l’élève ne sait pas formuler ni recopier sans fautes une seule phrase compréhensible ? C’est « l’épreuve de français seule qui évalue le niveau de maîtrise de leur langue maternelle »
  • il n’y a pas de barème détaillé ? Chaque correcteur est libre de « ventiler » les points de l’exercice sur chaque réponse selon la qualité des réponses précédentes. C’est le « barème flottant »
  • le paragraphe argumenté n’a ni introduction, conclusion, ni parties visibles et ressemble à un gloubi-boulga sans queue ni tête ? Seul un « développement construit » ou « développement ordonné » est exigé qui ne nécessite pas de savoir structurer son propos. 

 

Quel inspecteur accepterait qu’un professeur propose des contrôles sans barème, n’attribue pas les points de la même façon d’une copie à une autre ou n’apprenne pas de manière rigoureuse la méthodologie de l’argumentation à ses élèves ? 

 

Le SNALC l’affirme depuis des années : les examens nationaux confinent actuellement à la mascarade. Avec de telles consignes, on ment aux élèves, on nie l’égalité de traitement et bafoue tout le travail du professeur. Cette façon de faire illustre le renoncement de l’Éducation nationale depuis des années. C’est ce contre quoi le SNALC se bat avec ardeur. 

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