Du 8 au 10 décembre 2025 s’est tenue à Dakar la première conférence annuelle du Réseau francophone d’éducation aux médias et à l’information (REFEMI)[1].
Créé en 2024 lors du Sommet de la Francophonie, ce réseau rassemble des acteurs éducatifs et institutionnels d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Nord autour d’un objectif commun : renforcer l’EMI face à la désinformation, à l’instrumentalisation numérique et à la montée en puissance des I.A. génératives.
À l’ordre du jour de la rencontre, la présentation d’un premier référentiel de compétences destiné aux formateurs et éducateurs marque une étape importante. Élaboré par des experts de l’EMI des différents pays membres -dont le CLEMI- il se veut un outil d’organisation et de mutualisation des pratiques dans l’espace francophone.
Pour le SNALC, un tel référentiel peut constituer une ressource utile s’il reste un outil d’appui et non une injonction supplémentaire. L’EMI sera efficace si elle tient compte des réalités du métier : programmes lourds, hétérogénéité des classes et manque de temps. Former à l’esprit critique suppose des moyens et une formation volontaire et reconnue des enseignants dans le respect de leur liberté pédagogique.
Le REFEMI affiche également une ambition de plaidoyer auprès des États afin d’inscrire l’EMI dans les politiques publiques et les programmes. Si cette démarche est compréhensible, le SNALC rappelle que les enseignants ne sauraient être de simples exécutants de stratégies institutionnelles. Toute politique éducative en matière d’EMI doit être construite avec eux.
Les perspectives annoncées pour 2026 -coopérations renforcées, ouverture à de nouveaux partenaires, développement des actions de communication- montrent un réel dynamisme. Le SNALC restera attentif à ce que ces initiatives servent effectivement l’École et les personnels en privilégiant des ressources concrètes, évaluées et durables.
L’EMI est un enjeu majeur. Elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si elle reste au service des élèves et des enseignants et ne constitue pas une charge supplémentaire imposée sans concertation.
[1] https://www.clemi.fr/sites/default/files/clemi/2%20Communique%CC%81%20de%20presse%20REFEMI.pdf
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1509 du 16 janvier 2026





