La circulaire du 11 décembre 2025, publiée au BO n°48 du 18/12/2025, entérine la mise en œuvre de la « coloration » des diplômes professionnels à différents niveaux : échelon de l’établissement, échelon régional ou national. Elle confirme son rôle dans la transformation de la carte des formations professionnelles.
Les colorations nationales, comme « réseaux électriques » ou « passeport nucléaire » sont encadrées par des conventions entre le Ministère et les branches professionnelles. Quant aux colorations locales, elles sont entièrement portées par les équipes de terrain et reposent donc quasi exclusivement sur le travail des professeurs de lycée professionnel. Or, colorer un diplôme ne consiste pas à modifier une simple brochure : il s’agit de formaliser des partenariats souvent fragiles, multiplier les réunions de concertation, concevoir de nouveaux contenus, adapter les progressions, le tout sans décharge horaire ni rémunération complémentaire, soit une charge de travail importante pour les PLP. Le bénéfice de ce processus est-il réel pour les élèves ?
Sachant qu’ils ont toujours trouvé leurs PFMP selon le tissu économique local, leurs compétences se sont naturellement contextualisées. Les colorations ne créent à cet égard aucune nouvelle opportunité, mais formalisent simplement l’existant. Au final, les élèves reçoivent une attestation sans valeur juridique — le terme “coloration” n’apparaissant pas dans le Code de l’Éducation — qui n’apporte rien qu’un CV bien rédigé ne puisse déjà valoriser.
En intégrant la coloration à l’évolution de la carte des formations, le Ministère affiche à peu de frais l’ambition d’améliorer l’insertion des diplômés, tout en éludant l’absence de création de places en lycée professionnel pour former aux métiers d’avenir, faute d’investissements dans de nouveaux plateaux techniques.
Cette politique ne trompe personne, et certainement pas le SNALC, qui dénonce une bureaucratisation croissante reposant entièrement sur les épaules des PLP sans aucun avantage pour les élèves.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1512 du 10 avril 2026





