Alors que la violence contre les enseignants s’intensifie, Maxime Reppert, vice-président du SNALC, dénonce un climat de plus en plus anxiogène dans les établissements scolaires, appelant les autorités à passer de la parole aux actes pour protéger les personnels de l’Éducation nationale.
Maxime Reppert, vice-président du SNALC, est l’invité de CNEWS le 3 février 2026.
SNALC – Maxime Reppert
Effectivement, ce n’est plus étonnant. Ma première pensée, naturellement, va à la victime. Ensuite, c’est l’horreur, c’est la consternation.
Si vous voulez, ce n’est pas la première fois. Ça devient malheureusement une musique au refrain « on ne peut plus macabre », mais à chaque fois qu’il se passe quelque chose de cet ordre-là, c’est toujours un déchirement, c’est toujours l’effroi, c’est toujours la colère, c’est toujours l’idée de se dire : « Mais quand est-ce que ça va se terminer ? » Parce que là, aujourd’hui, on a une collègue dont le pronostic vital est engagé, et en fait, elle a été victime simplement parce qu’elle était professeure, simplement parce qu’elle enseignait.
Et dans l’école de la République en 2026, c’est quelque chose qui est inacceptable d’être pris pour cible ainsi. Donc on ne peut plus tolérer ce type de comportement, et il va falloir que les choses changent. Ça fait déjà bien des années, sur votre antenne, que nous alertons, au niveau du SNALC, ces phénomènes. À un moment donné, il ne faut plus se contenter de dénoncer. Il va falloir que les autorités agissent.
CNEWS
Et justement, on le disait juste avant — je ne sais pas si vous étiez déjà connecté — vous, professeur, vous êtes comme les policiers, comme les pompiers : des serviteurs de l’État. Il y a encore quelques années, vous alliez tous dans vos établissements scolaires sereins, et aujourd’hui, à chaque fois que vous allez exercer votre métier, à chaque fois que vous allez rappeler — de manière presque la plus légitime et la plus minime qui soit — un élève, en fait, aujourd’hui, vous risquez votre vie. Et on imagine que, pour tous les enseignants que vous représentez, c’est non seulement une contrainte, une menace de plus, et un poids qui, parfois, doit être dur, dur à digérer.
SNALC – Maxime Reppert
Il y a une pression considérable qui repose actuellement sur nos épaules, un climat extrêmement anxiogène, extrêmement morose. Vous l’avez dit : nous sommes devenus des cibles. L’école est une cible, et les personnels sont devenus des cibles. Il ne se passe pas un jour, il ne se passe pas une semaine sans qu’il se passe un fait d’agression — agression verbale, agression physique, menace de mort sur les réseaux sociaux. L’école n’est plus un lieu sanctuarisé. Aujourd’hui, nous devons faire face à une violence, probablement même inédite dans notre société, une violence chez les jeunes. Nous sommes démunis face à cette situation. Nous avions déjà, il y a quelque temps, dénoncé cette crise d’autorité que nous vivons actuellement, puisque les enseignants, les personnels de l’éducation nationale, de façon plus générale, ne sont plus respectés, ne sont plus considérés dans la société. Et aujourd’hui, nous franchissons une étape supplémentaire avec une menace physique bien réelle qui pèse sur nous.


