Après la condamnation en justice d’un parent d’élève ayant menacé une enseignante, Maxime Reppert, vice-président du SNALC, est revenu sur l’antenne de CNEWS sur la question de la protection des personnels. Il salue le décret d’été 2025 permettant de changer un élève d’établissement en cas de menace de sa famille — un texte que le SNALC est le seul syndicat à avoir soutenu — tout en s’interrogeant sur les garanties de sécurité offertes à l’enseignante concernée une fois la mesure d’éloignement arrivée à son terme.
Maxime Reppert, vice-président du SNALC, est l’invité de CNEWS le 11 septembre 2026.
CNEWS – Anthony Favalli
On va tout de suite rejoindre Maxime Reppert. Bonjour, merci d’être là. Vous êtes vice-président du syndicat national des lycées et collèges, le SNALC. Je voudrais vous soumettre les propos du ministre de l’Éducation nationale, votre ministre de tutelle, Édouard Geffray, que je trouve très creux en l’occurrence — pardonnez-moi l’expression — : « Aucun professeur ne doit avoir peur d’exercer son métier. S’en prendre à l’un d’entre eux, c’est s’en prendre à l’institution tout entière ». Je ne sais pas quoi dire de plus, et je voulais vous faire réagir, parce que c’est ce qu’on entend systématiquement à chaque fois qu’un professeur est agressé, mais rien ne change finalement : les professeurs continuent d’être agressés, de ne pas être respectés, à la fois par les élèves et par les parents de ces élèves.
SNALC – Maxime Reppert
Oui, exactement. Vous savez, c’est plutôt la première partie de ces propos qui me choque, parce qu’une enseignante qui a été menacée, c’est inadmissible de toute façon. Le dire, c’est déjà reconnaître que c’est inacceptable en soi. Maintenant, ce ne sont que des propos. Vous savez, ce type de déclaration, malheureusement, on va le voir toute l’année. Là, on a eu une condamnation par la justice : nous nous en réjouissons, même si, à titre personnel, je suis sceptique quant à la peine prononcée. Et surtout, ce qui m’interroge, c’est la suite. Comment va-t-on assurer la sécurité de cette enseignante après les six mois ou trois ans d’interdiction, pour le parent, de se rendre dans l’établissement et d’être au contact de l’enseignante ? Il n’empêche que notre collègue, aujourd’hui, j’imagine, se sent clairement en insécurité et en danger. Alors que va faire l’institution pour protéger notre collègue ? C’est la question que je pose sur votre antenne.
CNEWS – Anthony Favalli
Justement, ce que dit Édouard Geffray sur ce plan, c’est qu’une décision a été prise : changer l’enfant d’établissement scolaire, pour éviter que le corps enseignant ne soit confronté à ce parent d’élève. Il explique que c’est le résultat d’un décret publié cet été, qui permet de protéger les personnels face aux menaces et aux violences des parents d’élèves ou d’un membre de la famille d’un élève. Or je lisais ce matin dans une dépêche que, étonnamment, cette mesure était contestée par les syndicats. Je me suis demandé pourquoi.
SNALC – Maxime Reppert
Non, alors déjà, ce n’est pas « les syndicats » : le SNALC, le syndicat que je représente, est le seul syndicat à avoir voté favorablement cette mesure. Parce que nous estimons que la sécurité et la santé des personnels priment sur tout, y compris sur le placement des élèves dans telle ou telle école. Nous nous réjouissons qu’à travers cet exemple, on voie que ce décret a finalement eu raison d’être créé, puisque notre collègue n’aura plus affaire à la famille de cet élève durant le reste de l’année scolaire.
CNEWS – Anthony Favalli
Vous conviendrez que c’est tout de même significatif. Vous êtes donc le seul syndicat à ne pas contester ce décret. Cela veut-il dire que tous les autres — des syndicats sans doute classés très à gauche — restent sur le même principe qui prévaut dans l’Éducation nationale depuis très longtemps, celui du « pas de vague » ?
SNALC – Maxime Reppert
Écoutez, je ne me prononce pas sur la pensée des autres syndicats. Nous sommes un syndicat de professionnels de métier, un syndicat de métiers, et nous sommes apolitiques. C’est-à-dire que nous ne sommes pas assujettis, nous ne sommes pas dépendants de mouvements ou de partis politiques. Nous avons donc une liberté de ton. C’est pour ça que nous sommes un syndicat qui est là pour protéger les collègues.
CNEWS – Anthony Favalli
Cela montre, en creux — je ne vous fais pas dire ce que vous ne voulez pas dire, mais je me permets de commenter — que les autres sont peut-être davantage assujettis à des opinions politiques, une opinion peut-être dominante parmi certains syndicats de l’Éducation nationale. Maxime Reppert, je ne vous retiens pas davantage, je vous remercie d’avoir accepté de témoigner sur notre antenne ce matin.





