L’édito du président

Jean-Rémi GIRARD
Edito de la revue Quinzaine universitaire n°1516 du 4 septembre 2026
Il a suffi d’un chiffre — 3 090 € — pour que reparte l’éternelle discussion sur la rémunération des professeurs. Et comme souvent quand on donne une moyenne sans contexte ni précision, on ne donne pas une information utile, au contraire.
Le SNALC a immédiatement réagi pour rappeler que ce chiffre, c’était du « tout compris » : heures supplémentaires, missions supplémentaires, pactes… Que ce chiffre, c’était du « tout mélangé » : du professeur des écoles au professeur de chaire supérieure, mais étonnamment sans intégrer les contractuels, qui auraient le mauvais goût de faire baisser la fameuse moyenne. Que c’était aussi du « tout dégradé » : cette moyenne reflète avant tout notre pyramide des âges vieillissante, ce qui n’est jamais un bon signe pour un des métiers les plus importants de notre pays. C’est bien la raison pour laquelle, dans nos métiers, nous savons depuis longtemps qu’une moyenne, ça se construit avec des coefficients, et ça s’accompagne d’explications.
S’il faut des moyennes, il y a pourtant celle du salaire des enseignants comparée à celle des autres fonctionnaires de catégorie A de l’État : plus de 900 € net d’écart, au détriment des professeurs. Mais on peut aussi penser aux moyennes du nombre d’élèves par classe, qui ne sont pas glorieuses pour la France. Ou au salaire moyen des AESH, qui est une honte absolue et nécessite de continuer à se battre pour enfin obtenir la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B. Car le combat du SNALC, ce n’est pas de faire progresser la moyenne : c’est de faire progresser le pouvoir d’achat de chaque personnel, sans travail supplémentaire.
À quelques jours de la livraison du prochain rapport PISA, nous savons déjà que notre École est globalement sous la moyenne, et ce, malgré l’implication remarquable de ses personnels. Nous portons son poids sur nos épaules ; nos gouvernants nous compliquent à chaque fois un peu plus la tâche ; et l’opinion publique trouve encore le moyen de dire que c’est de notre faute.
Heureusement, grâce au travail sur le long terme du SNALC, les clichés font de moins en moins recette. Plus aucun journaliste ne parle sérieusement des professeurs comme de privilégiés. Lors d’un plateau que j’ai fait dernièrement sur une grande chaîne d’information nationale, aucun des débattants ne voulait devenir enseignant — et celle qui l’avait déjà été ne le redeviendrait pour rien au monde. Tous les candidats à la présidentielle nous font les yeux de Chimène, à grands coups de promesses : 10 % ! 20 % ! Jusqu’à 25 % ! Oui mais attention, c’est souvent « en moyenne », et pas forcément sans contreparties. Là aussi, le SNALC sait décrypter les moyennes.
C’est pourquoi ce travail que le SNALC mène sans relâche, qui a fini par mettre dans le débat public la faiblesse de nos salaires, mais aussi la dégradation de nos conditions de travail et la maltraitance institutionnelle organisée dans une école inclusive au rabais, nous continuerons de le mener avec votre soutien. Du 3 au 10 décembre prochain, par votre vote aux élections professionnelles, vous pourrez indiquer que le SNALC n’est pas juste dans la moyenne, mais qu’il est bien le meilleur syndicat pour vous représenter et porter votre parole.





