Après la vague de mai, le tsunami de chaleur du mois de juin qui a submergé la France sur une période exceptionnellement longue est sans précédent ; 72 départements ont été placés en vigilance rouge canicule et 17 en vigilance orange. L’embrasement général aurait dû donner lieu à des mesures communes d’envergure. Au contraire, la responsabilité des solutions a été transférée au niveau local et aux appréciations très subjectives et différentes d’une quantité de décideurs (maires, chefs d’établissement, recteurs, préfets, Dasen). Dilution entraînant des réponses très disparates, parfois inadaptées, mais aussi très inégalitaires d’un établissement à l’autre.
Ici, on a demandé aux enseignants d’EPS de s’adapter à un gymnase où il faisait 37 °C, en faisant des courants d’air. Là, on a préconisé une pratique physique modérée sur un stade dépourvu d’ombre, plombé par plus de 50 °C. Là enfin, des « jeux calmes » ont été encouragés.
Car en cas d’arrêt des activités, que faire des élèves quand il n’existe aucun espace de repli frais ? Aussi, pour pallier l’absence de plans de secours et de consignes claires, certains professeurs ont préféré privilégier l’activité. Ce bricolage variable, insupportable et dangereux est irresponsable, quand des décisions évidentes d’arrêt seraient attendues.
Le SNALC demande en urgence, et pour l’avenir, qu’un cadre national avec des seuils précis soit établi. Le « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » (2026) est très insuffisant et se défausse sur les acteurs locaux. Pourtant des données objectives existent et peuvent être mobilisées. Le décret 2025-482 définit les épisodes de chaleur intense en référence au dispositif de couleurs vigilance canicule développé par Météo- France. Par ailleurs, le plan ministériel retient des températures limitantes reconnues par l’INRS : 28 °C pour une activité physique, 30 °C pour une activité sédentaire et 33 °C pour un arrêt d’activité en absence de ventilation.
En s’appuyant sur ces critères objectifs, il serait grand temps que le Ministère assume des décisions et fixe enfin des normes communes de mise en activité ou d’arrêt des élèves, sans attendre qu’un drame en soit le déclencheur.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515 du 10 juillet 2026





