Audience avec la ministre déléguée Sabrina Roubache
Compte rendu du SNALC du 2 juin 026
LE THÈME
Qualité de la formation en lycée professionnel : de l’affectation à la délivrance des diplômes.
L’ESSENTIEL
Le SNALC a présenté à la ministre ses propositions visant à améliorer la qualité des périodes de formation en milieu professionnel, actuellement au cœur des travaux du Comité de suivi de la voie professionnelle.
Le SNALC a tenu à souligner que l’exigence de qualité ne saurait se limiter aux seules PFMP.
Il a également souligné la nécessité d’accorder une attention particulière aux collègues touchés par la transformation de la carte des formations.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Le SNALC, qui ne demande pas la réduction des PFMP, a mis en évidence le déficit d’offres de lieux d’accueil, premier obstacle à leur qualité, ainsi que la lourdeur administrative de la gestion des conventions. Il préconise à ce titre :
- l’insertion d’une clause sociale dans tous les marchés publics, au bénéfice des élèves mineurs et plus seulement aux seuls décrocheurs ;
- la publication des offres sur la plateforme « 1 jeune / 1 stage » pour assurer une visibilité à l’échelle nationale ;
- la dématérialisation du traitement des conventions afin d’alléger les démarches administratives.
Pour le SNALC la question de la santé et de la sécurité des élèves mineurs dépasse le seul cadre des PFMP. Il a demandé l’instauration d’une visite médicale préalable obligatoire à toute affectation en lycée professionnel, à l’image de l’article R4624-18 du Code du travail, qui prévoit une telle visite lors de l’embauche de mineurs avant leur prise de poste — les dispositions du Code du travail s’appliquant également à la formation en atelier dans les lycées professionnels. Ceci afin d’éviter des orientations inadaptées pour des élèves dont l’état de santé physique, mentale ou psychologique serait incompatible avec la formation envisagée, tout en offrant une évaluation réaliste des possibilités d’accessibilité aux formations et aux emplois futurs. Face au déficit de médecins scolaires, le SNALC a proposé la mise en place d’un partenariat avec les services de médecine du travail.
S’agissant des violences sexistes et sexuelles ainsi que des discriminations survenant lors des PFMP, le SNALC a préconisé la création d’un dispositif national analogue au plan « Brisons le silence ». Ce dispositif serait grandement facilité par la dématérialisation de la gestion des PFMP. Un traitement national apparaît d’autant plus indispensable qu’il n’existe pas de lycée de secteur pour la voie professionnelle et que le ministère encourage par ailleurs la mobilité géographique des élèves.
Dans la perspective du Conseil National de la Refondation des formations professionnelles, le SNALC a dénoncé la non pertinence des familles de métiers et le manque de sincérité de la certification par contrôle en cours de formation, notamment dans sa modalité « continué ». Il a relevé que ce constat avait déjà été posé par les professionnels eux-mêmes, comme en témoigne la suppression des familles de métiers « Métiers de l’alimentation » et « Hôtellerie-restauration » à la rentrée 2026.
Enfin, le SNALC a demandé des mesures spécifiques de reconversion pour les collègues dont la spécialité serait menacée par la transformation de la carte des formations, afin que l’action du ministère ne se réduise pas, à la production d’un catalogue de dispositions réglementaires existantes, et qu’elle garantisse une égalité de traitement des collègues dans toutes les académies.
L’AVIS DU SNALC
Le SNALC tient à saluer la qualité d’écoute dont a fait preuve la ministre lors de cette audience. Les propositions formulées lors de cette rencontre visent avant tout à rappeler au ministère ses responsabilités en termes d’affectation et de sécurité des élèves qu’aucune formation des PLP ne saurait pallier. Cela étant, le cœur du problème demeure la perte d’heures de formation disciplinaire et l’augmentation des effectifs par classe, consécutives aux deux dernières réformes de la Voie Pro, et le SNALC maintient ses revendications d’augmentation des heures de formations disciplinaires et de réduction d’effectifs par classe.





