Présentées comme attractives, voire prestigieuses, certaines directions d’école sont de plus en plus soumises à une logique de profilage et d’arbitraire administratif. Le SNALC alerte, et maintient ses exigences.
Les professeurs des écoles volontaires peuvent accéder aux fonctions de directeur ou directrice d’école en s’inscrivant sur la liste d’aptitude, puis en participant au mouvement intra-départemental. Sur le papier, certaines directions apparaissent comme des postes « rêvés », censés récompenser les plus méritants ou les plus chevronnés. Mais qu’en est-il réellement ?
Entre écoles maternelles, élémentaires ou primaires, en REP ou en REP+, dotées d’Ulis ou d’autres dispositifs d’inclusion, les réalités de terrain sont extrêmement variées. À cela s’ajoute le nombre de classes qui conditionne les quotités de décharge et peut varier d’une année sur l’autre. Dans les faits, environ 70 % des directeurs, et principalement des directrices, ont encore une classe, ce qui alourdit fortement la mission au quotidien.
Depuis quelques années, les postes à décharge totale, en REP+, écoles d’application ou cités éducatives entre autres deviennent de plus en plus “profilés”, empêchant de fait des collègues d’y accéder, malgré un barème conséquent. Le recrutement s’effectue donc hors barème, sur dossier ou entretien, accentuant l’opacité du système. Pour ces directions d’écoles profilées, les modalités de recrutement reposent généralement sur l’adéquation poste/profil « dans l’intérêt du service ». Des appels à candidatures font même parfois l’objet de publications au fil de l’eau et en dehors du calendrier du mouvement, en fonction de la vacance des postes.
Cette logique est renforcée par la loi Rilhac et le décret du 14 août 2023, qui permettent au DASEN de retirer un emploi de direction « dans l’intérêt du service ». Autrement dit, malgré des années d’engagement, un directeur ou une directrice peut ainsi être évincé de son poste si son profil ne correspond plus aux attentes.
Le SNALC refuse ce profilage des directions d’écoles à la sauce Rilhac et défend une fonction autonome et responsable, appuyée sur une aide administrative pérenne et de qualité, ainsi qu’un temps de décharge à la hauteur des enjeux.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1511-École du 13 mars 2026





