La baisse démographique en France est aujourd’hui continue. À l’horizon 2029, on devrait recenser près d’un million d’élèves de moins par rapport à 2017. Or, pour le SNALC, les déclarations d’Édouard Geffray sur le sujet ne répondent pas aux véritables priorités.
Lors d’un déplacement à Givors (Rhône) le 16 janvier 2026, afin de présenter son plan « L’École des territoires. Répondre aux nouveaux enjeux », notre ministre a déclaré qu’ « il ne faut pas subir la baisse démographique, mais amortir ses effets en fermant le moins possible de classes, en limitant le nombre d’élèves par classe et en repensant l’offre scolaire sur le territoire ».
Fermer le moins possible de classes ? Avec 1 891 ETP supprimés pour la rentrée 2026, on peut s’interroger sur la sincérité de l’objectif.
Limiter le nombre d’élèves par classe ? Toutes les classes ne sont pas concernées par une limitation imposée des effectifs. D’ailleurs la DEPP rappelait qu’à la rentrée 2025, 11 % des classes du public comptaient plus de 25 élèves.
Repenser l’offre scolaire sur le territoire ? Très concrètement, cela se traduira par la poursuite de l’extension des TER (territoires éducatifs ruraux) avec 59 nouvelles labellisations, ainsi que par l’élargissement des « observatoires des dynamiques rurales » aux territoires urbains.
Certes, la moyenne nationale d’élèves par classe diminue mécaniquement sous l’effet de la chute démographique. Mais l’occasion d’aller plus loin pour atteindre les standards de nos voisins européens, en renonçant à supprimer des postes, n’a pas été saisie.
Pour le SNALC, un signal fort aurait consisté à plafonner les effectifs dans toutes les classes, quel que soit le niveau d’enseignement, pour toutes les écoles. Certaines classes dépassent encore 29 élèves et aucune limite maximale nationale n’est clairement fixée.
Il aurait été également indispensable de tenir compte du nombre d’élèves en inclusion dans une même classe pour déterminer ces plafonds.
L’opportunité de renforcer les RASED, alors que les difficultés scolaires et les besoins éducatifs augmentent, n’a pas davantage été retenue.
Que dire de l’urgence de répondre au problème criant du remplacement des professeurs absents ? Le Ministère préfère la déspécialisation et la départementalisation des brigades plutôt qu’une augmentation significative de leur nombre. Le SNALC rappelle que lorsqu’un enseignant n’est pas remplacé, les effectifs peuvent rapidement dépasser 30 élèves par classe, une réalité de terrain occultée par les moyennes nationales.
Quant à l’opportunité d’améliorer les temps de décharge des directions d’école, qui restent pourtant un point essentiel, on se demande si cela a effleuré les esprits.
Aucun de ces points n’a donc été évoqué. Au contraire, ce sont 1891 postes qui seront supprimés pour la rentrée 2026 après les 470 suppressions en 2025, 650 en 2024 et 667 en 2023.
Bref, les années se suivent, les écoles font face à des besoins de plus en plus criants, mais les restrictions budgétaires se poursuivent inexorablement au détriment de l’instruction, de l’éducation et du bien-être des élèves et des personnels.
Plus que jamais, vous pouvez compter sur le SNALC pour faire entendre une voix différente : celle qui garde le cap sur les véritables priorités pour notre corps de métier et pour nos élèves.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1511-École du 13 mars 2026





