La DEPP a récemment publié les résultats des tests d’évaluation des capacités physiques passés par 130 000 élèves de 6e. En course de durée, les résultats sont affolants : 1 jeune sur 2 est incapable de courir plus de 5 min sans s’arrêter !
Le SNALC n’a jamais été opposé à ces 3 tests simples de vitesse (30 m), de force explosive (uni-bond) et d’endurance. Les très mauvais résultats confirment tout l’intérêt que nous leur prêtions.
Nous avons enfin des données objectives qui confirment ce que chacun constatait et que le SNALC dénonce depuis des années : une dégradation sans précédent du potentiel physique de la jeunesse.
Les causes sont multiples. La mauvaise alimentation (obésité, diabète), l’hyper-captation des écrans (plus de 4h30 par jour pour les 11-17 ans), la sédentarité, la prévalence du principe de plaisir, du moindre effort et de l’anti-frustration, l’électrification de tous les moyens de déplacement (vélo, trottinettes, patins…) concourent à ces pertes drastiques. Et cette liste est incomplète.
Concernant l’École, depuis plus de 10 ans le SNALC dénonce l’insuffisance des programmes d’EPS en matière d’éducation du physique. L’EPS s’est intellectualisée. Les élèves en cours passent la plupart du temps assis, immobiles, à observer, analyser, concevoir et réguler des projets, conséquence du socio-constructivisme qui domine les théories de l’apprentissage et les programmes depuis 30 ans.
Pour le SNALC, il n’est pas question de bannir la réflexion des cours d’EPS, mais de la réduire à son strict nécessaire pour maximaliser la pratique physique dans les temps alloués à la discipline.
Le SNALC est pragmatique. Ce n’est pas avec une dette de 3 000 milliards d’euros que l’on obtiendra 4 h d’EPS pour tous les élèves de la 6e à la terminale. On peut toujours faire rêver toute une profession ! En revanche, à moyens constants, et en attendant des jours meilleurs, le SNALC demande une remise à plat urgente des programmes, des méthodes d’enseignement et des finalités de l’EPS. Il insiste en particulier pour qu’une réelle priorité soit donnée au deuxième objectif de la discipline : développer et « renforcer le capital santé » des élèves !
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1511 du 13 mars 2026





