Le passage en Commission Spécialisée des programmes de langues vivantes pour les classes élémentaires et celui des programmes de français et de mathématiques du cycle 4 ont donné lieu à un épisode tout à fait inédit…
Pour comprendre l’événement qui s’est joué le 15 décembre 2025 au Ministère à peu près aussi rare qu’une supernova visible à l’œil nu depuis la planète Terre, il faut connaître le processus de discussion autour d’un texte tel qu’un programme. Il y a d’abord un groupe de travail au cours duquel les organisations syndicales émettent des avis et des propositions de modifications. Vient ensuite le temps de la Commission spécialisée où le Ministère arrive avec une nouvelle version pouvant s’appuyer – mais là aussi on n’est pas loin de la supernova – sur les remarques des syndicats. Enfin, le projet passe devant le Conseil supérieur de l’éducation lors duquel les syndicats peuvent proposer des amendements avant de voter.
Ainsi, ce fameux 15 décembre, le Ministère a proposé des projets qui n’avaient pas vraiment pris en compte les remarques émises par les syndicats lors du groupe de travail. Pourtant ils étaient unanimes, et leurs demandes étaient claires : supprimer les points de vigilance, les incitations pédagogiques fortes et les exemples de réussite afin de conserver quasi exclusivement ce qui relevait des contenus à enseigner. Pour une fois, toutes les organisations semblaient s’accorder avec le SNALC que des programmes doivent dire les contenus à enseigner… un alignement des planètes fort peu courant.
La réponse du Ministère fut décevante : Le Ministre avait déjà arbitré la question, tous ces éléments resteraient tels quels.
Unanimement, les syndicats ont donc refusé de poursuivre les débats. Un courrier intersyndical a ensuite été adressé à M. Geffray.
Si autant de courants de pensée différents en matière de pédagogie parviennent à se mettre d’accord sur des programmes – encore une fois, on a sans doute frôlé la déchirure de l’espace-temps tant cela relève de l’exploit – cela devrait faire réfléchir le Ministre. S’il entend éviter le Trou noir ou ne pas rester dans l’Histoire comme celui qui a refusé d’entendre l’unanimité des professionnels, le SNALC l’exhorte à revenir sur sa position.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1509 du 16 janvier 2026





