Si l’OMS définit la santé comme un équilibre entre bien-être physique, mental et social, à l’Éducation nationale, cette conception semble s’arrêter à la porte de l’infirmerie : la santé des personnels reste abordée sous l’unique prisme du corps, comme si l’esprit n’était qu’un accessoire remplaçable.
Pendant ce temps, l’épuisement, la détresse et l’isolement rongent la profession. Huit années après la publication de la circulaire n°2017-050 qui reconnaissait dans son annexe 5 la nécessité d’accompagner les difficultés médico-sociales et prônait un suivi adapté, force est de constater que le SNALC n’a observé que très peu de changements.
Lorsqu’un enseignant vacille, la réponse est bien connue : signalement RH, inspection, entretien pédagogique. La souffrance devient alors symptôme d’incompétence. Car dans notre administration, le malaise se soigne à coups de conseils didactiques. Quant à l’accompagnement médico-social prévu par les textes, il reste souvent lettre morte, faute de moyens, parfois même de volonté ou de formation des cadres. Ironie supplémentaire : les comportements que l’on devrait reconnaître comme signaux de souffrance psychique (désengagement, repli, difficultés relationnelles) sont devenus des critères d’évaluation du PPCR. La double peine en quelque sorte.
Pour le SNALC, les causes, elles, sont connues : surcharge cognitive, formations défaillantes et imposées, injonctions paradoxales et verticalité des relations. Derrière les grands discours sur la « bienveillance » se cache une exigence managériale où la prévention des risques psychosociaux relève du vœu pieux. Pourtant, le Code général de la fonction publique le stipule dans son article L136-1 : l’employeur a l’obligation d’assurer la sécurité et la santé de ses agents.
Le SNALC le rappelle avec force : la santé mentale n’est pas un supplément d’âme, mais une condition d’exercice du métier. Il est grand temps que le ministère nous écoute et traite enfin ses personnels avec la même attention, la même humanité qu’il exige d’eux envers leurs élèves.





