Depuis le 25 juillet 2024, la Fnogec — organisme gestionnaire de l’enseignement catholique — a dénoncé unilatéralement l’accord de prévoyance qui protège les enseignants du privé sous contrat depuis près de cinquante ans. Ce choix n’a rien d’une contrainte légale ou d’une fatalité : c’est une décision délibérée, motivée par un objectif purement financier (60 millions d’euros d’économies par an, réalisées sur le dos des enseignants).
Ce que nous allons perdre
Aujourd’hui, notre prévoyance nous coûte entre 5 et 8 € par mois. Elle nous garantit 95 % de notre net en cas d’arrêt long, d’invalidité ou de reprise à temps partiel pour raison de santé. Elle verse un capital décès de trois ans de traitement brut à nos proches. Elle finance un fonds social pour les coups durs. Tout cela, de façon obligatoire et mutualisée, sans questionnaire médical, sans démarche individuelle.
Demain, si rien ne change, l’offre de l’État nous proposera de souscrire individuellement et facultativement à la MGEN, pour 20 à 61 € par mois selon le niveau de couverture choisi — soit jusqu’à dix fois plus cher. En échange ? Une protection nettement dégradée : le passage à demi-traitement n’est pas couvert par le socle seul, l’invalidité catégorie 1 tombe à 50 % du traitement brut, le capital décès passe de 3 à 2 ans de traitement brut, et le fonds social disparaît. Pour obtenir une couverture un peu plus proche de l’actuelle, il faut prendre le socle avec option — et débourser entre 380 et 640 € de plus par an.
La conclusion s’impose d’elle-même : on nous demande de payer beaucoup plus pour être moins bien protégés. Ce n’est pas une réforme, c’est un recul social organisé par ceux-là mêmes qui se réclament de la communauté éducative. Le SNALC ne peut rester silencieux face à cette décision.
Fidèle à sa mission fondamentale, la défense concrète et sans concession des intérêts matériels et moraux despersonnels, il dénonce clairement ce que cette décision représente : un choix délibéré de faire des économies sur le dos de ceux qui font vivre les établissements chaque jour.
Un syndicat libre dit ce qu’il voit. Et ce qu’il voit ici, c’est une trahison.
Il est temps de se mobiliser
La Fnogec et les organisations professionnelles des chefs d’établissement, qui ont ensemble dénoncé l’accord, ne reviendront sur leur position que sous la pression.
Mobilisons-nous pour que l’Enseignement catholique ne lâche pas les enseignants qui contribuent pourtant chaque jour, bien au-delà de leurs obligations, au bon fonctionnement des établissements.





