Groupe de travail avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 11 février 2026
LE THÈME
Le Ministère propose de faire évoluer les épreuves anticipées de français.
L’ESSENTIEL
Pour la session du baccalauréat 2029, soit l’EAF de juin 2028.
L’inspection générale s’intéresse à ces épreuves depuis 2023 — mais n’échange avec les organisations syndicales représentatives qu’en 2026.
Pour l’écrit :
Changements proposés uniquement en voie technologique, avec remplacement des deux épreuves actuelles par une étude d’un corpus de textes avec des questions, un mini-essai, un mini-résumé et une proposition argumentée de titre ; ou un essai littéraire sur l’œuvre que l’élève a étudiée dans l’un des trois objets d’étude. Suppression des œuvres imposées sur la littérature d’idées, remplacées par un groupement de textes au choix de l’enseignant.
Pour les deux voies, l’objet d’étude « littérature d’idées » ne serait plus limité jusqu’au XVIIIe siècle, et irait jusqu’au XXIe.
Pour l’oral :
Le temps de préparation serait porté à 1 heure (!).
Pour l’étude de texte, l’examinateur choisirait un passage libre (ou choix parmi deux) dans l’une (ou deux) des œuvres étudiées par le candidat. L’élève tomberait ainsi le plus probablement sur un extrait qu’il n’a pas étudié en classe. Plus de descriptif avec les références des textes, plus aucun texte hors des œuvres intégrales. Plus d’obligation de faire une étude linéaire.
La grammaire ferait l’objet d’un échange plutôt que d’une question formelle en amont.
Pour l’entretien, le seul changement serait la suppression de la présentation par l’élève au profit d’un échange direct.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- La nécessité de revenir sur les épreuves de la réforme Blanquer, que le SNALC porte depuis le Comité de suivi de la réforme du LGT, comme il porte la demande d’une prise en compte des conditions de travail des professeurs / évaluateurs au moment des examens.
- Le SNALC a mené une enquête et a analysé les documents et ses conclusions sont :
Sur l’écrit de la voie technologique (le seul qui changerait), remplacer le commentaire par une épreuve composite d’étude d’un corpus n’est pas une bonne idée. Il sera difficile de travailler l’ensemble des épreuves de voie technologique et de voie générale en seconde. La majorité des collègues interrogés préfère le maintien du commentaire.
La disparition de la contraction/essai ne pose pas de problème majeur : l’épreuve est actuellement bancale et difficile à préparer. Mais encore faut-il la remplacer par une épreuve qui ne présente pas les mêmes écueils.
Sur l’oral, il n’est pas nécessaire de faire une « révolution » (terme employé par l’inspection générale) concernant la première partie d’épreuve. Ce qui est proposé va mettre des élèves et en difficulté et en danger car il est très dur de présenter un passage que l’on n’a pas travaillé en cours. Les élèves tombant par chance sur un extrait vu en classe seront incroyablement avantagés par rapport à leur camarade tombant sur un passage d’une œuvre qu’ils auront parfois lue en octobre. Il est d’autre part incompréhensible de ne pas avoir touché à la seconde partie de l’épreuve, l’entretien, qui ne marche pas. L’immense majorité des collègues interrogés demande le retour à l’ancien entretien (avant la réforme Blanquer).
- Le SNALC demande que la pondération allouée aux professeurs préparant au baccalauréat soit étendue aux professeurs de lettres de seconde.
L’AVIS DU SNALC
L’inspection générale joue les apprentis sorciers. Dans une profession fragilisée, dans une discipline en perte d’attractivité et où de nombreux collègues sont en souffrance, notamment depuis la dernière réforme, faire une « révolution » est dangereux. Le point le plus problématique — l’entretien — demeure presque tel quel. L’épreuve « composite » proposée en voie technologique n’allège en rien la diversité des exercices et des méthodes auxquels préparer les élèves. Présenté comme un allègement de la charge de travail, le nouvel oral est un alourdissement considérable de celle des examinateurs, sommés de produire des extraits à étudier potentiellement de l’ensemble des œuvres. La déconnexion avec la réalité des collègues n’a jamais été aussi grande.
Le SNALC, seul syndicat ayant produit des retours chiffrés d’une enquête menée auprès de ses adhérents, propose de s’en tenir à des aménagements nécessaires mais raisonnables, fondés sur les remontées des collègues :
- suppression du programme d’œuvres sur la littérature d’idées en voie technologique, voire en voie générale, et élargissement à des textes jusqu’au XXIe siècle ;
- maintien du commentaire du texte à l’écrit de la voie technologique, et remplacement de la contraction/essai par une des autres épreuves proposées, éventuellement retravaillée ;
- neutralisation complète de la proposition de l’inspection générale sur l’oral. Libre choix de la méthode pour l’explication de texte. Retour aux modalités de l’entretien d’avant la réforme Blanquer.
Le SNALC portera directement ces demandes auprès du ministre dans les prochaines semaines.





