Encadrée par la circulaire n° 2015-176 du 28 octobre 2015, la mise en réseau des établissements en SEGPA vise à diversifier les parcours de formation. Grâce à la mutualisation des plateaux techniques d’établissements proposant différentes spécialités, et à la conduite de projets communs, elle permet d’élargir les choix d’orientation professionnelle, de prévenir le décrochage scolaire et de mieux préparer l’insertion future.
Ce dispositif présente de réels atouts pédagogiques. Il rompt avec le fonctionnement en groupes-classes figés, parfois générateur de tensions après plusieurs années de scolarité commune. Il stimule la motivation des élèves, le développement de leurs compétences et contribue à faire évoluer leur représentation de plusieurs métiers. Les retours d’expérience soulignent une amélioration notable de l’engagement, une meilleure compréhension des exigences professionnelles et une progression de la réussite scolaire.
Cependant, sa mise en œuvre se heurte à l’absence ou l’insuffisance de transports adaptés, freinant le déplacement des élèves entre établissements. Le rapport IGEN n° 2018-076 souligne d’ailleurs que les mises en réseau sont plus aisées en milieu urbain, du fait de la proximité géographique et de l’existence de réseaux de transports performants.
Sur le terrain, enseignants et familles doivent faire face à des situations complexes. Certains élèves renoncent aux activités proposées, tandis que d’autres utilisent des solutions de fortune, comme le covoiturage ou les déplacements à pied, posant des problèmes de sécurité et d’équité. Les aides financières, lorsqu’elles existent, restent souvent méconnues ou difficiles à mobiliser. Les temps de trajet allongent la journée scolaire, augmentent la fatigue et réduisent le temps effectif de formation.
Si la mise en réseau est une bonne idée, sa réussite dépend de la levée de ces obstacles. Le SNALC appelle à un engagement fort des pouvoirs publics afin de garantir un dispositif équitable et accessible à tous, avec un financement dédié des transports et une reconnaissance de la charge de travail supplémentaire des PLP.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1509 du 16 janvier 2026





