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Médecine de prévention : changer le pansement plutôt que penser le changement

© 18229-pxhere.com
Le problème notoire du manque de médecins de prévention et par là-même l’absence d’une réelle médecine du travail perdurent. C’est pourquoi notre ministère a mis en place en janvier 2021 de nouvelles mesures en faveur de la santé des personnels. Ces mesures, censées être « expérimentales », retiennent vivement l’attention du SNALC. En effet, si l’effort est louable, les moyens mis en œuvre restent des plus limités et certains nous laissent pantois.

Trois axes principaux sont ainsi visés :

    • Un appui dans l’accès aux soins,
    • L’amélioration de l’offre de soins en santé mentale,
  • Le développement de la santé au travail.

Un appui dans l’accès aux soins

Les enseignants concernés par cette mesure seront prioritairement ceux qui sont dépourvus de médecin traitant ou rencontrant des difficultés d’accès à des médecins spécialistes.
Ainsi, l’accès à des centres médicaux et dentaires avec un grand choix de consultations en médecine générale, médecine spécialisée et en soins et chirurgie dentaire sera développé. Ces prestations seront délivrées sans reste à charge pour les professeurs des écoles, dans le cadre d’un panier de soins pour l’optique, l’audition, l’orthodontie et l’implantologie dentaire.
L’initiative est intéressante mais elle se limite malheureusement aux seules académies de Créteil, Lyon, Nancy-Metz, Nice, Paris, Strasbourg et Versailles.
Pour les autres, il faudra se contenter d’un accès privilégié à la téléconsultation.
Cependant, même si la téléconsultation a connu un formidable essor en ces temps de pandémie, les possibilités de l’écran atteignent vite leurs limites lorsqu’il s’agit de traiter une rage de dents par exemple…

L’amélioration de l’offre de soins en santé mentale

Là encore, la consultation auprès d’un psychiatre ou d’un psychologue se limite aux académies de Paris, Versailles et Créteil. Les autres académies n’auront accès qu’à des téléconsultations ou téléexpertises.
Par ailleurs, le dispositif des Espaces d’accueil et d’écoute reste accessible 24 h/24 et 7 j/7, pour une écoute individuelle et anonyme des professeurs des écoles sollicitant un besoin de soutien psychologique. Il est complété par un numéro local d’écoute qui est mis en place dans chaque académie ou département.
Le ministère précise par ailleurs que s’il donne satisfaction, le dispositif de téléconsultation et de télé-expertise pourra être généralisé à l’ensemble des académies avant la fin du premier semestre 2021. Le SNALC souligne que l’évaluation du dispositif sera très limitée avec seulement 6 mois d’essais. C’est très court pour une étude sérieuse de l’impact et de l’efficacité d’une mesure qui touche à la santé psychologique de tous les personnels de l’Éducation nationale !
Au-delà de l’efficacité discutable des « télé-initiatives », le SNALC demande avant toute chose l’amélioration des conditions de travail des PE, ce qui contribuera indubitablement à l’amélioration de leur santé mentale !

Le développement de la santé au travail

Enfin, le ministère se targue d’avoir trouvé une solution au manque récurrent de médecins du travail, avec la possibilité retrouvée de visites médicales à la demande des personnels ou de l’administration : la téléconsultation.
Cette médecine du travail « télé-consultable » sera expérimentée en phase pilote dans les académies de Poitiers et de Guyane.

Si cette expérimentation venait à se généraliser à la même vitesse éclair que les téléconsultations en santé mentale, les professeurs des écoles ne sont pas près de pouvoir consulter de nouveau un médecin du travail en « présentiel » !
Ecrans, téléphones et « distanciel » ne peuvent pas remplacer une consultation avec un médecin en chair et en os. Ils ne peuvent pas non plus pallier les déficiences du ministère qui peine à nous protéger malgré ces nouvelles pseudo-mesures qui ne dupent personne.

Pour le SNALC, une réelle amélioration de la santé au travail n’est pas une téléconsultation à la demande mais suppose un recrutement important de médecins du travail et des visites annuelles. Améliorer la médecine de prévention suppose de rendre ce métier attractif – meilleure rémunération, meilleures conditions de travail – pour pouvoir attirer des candidats. Le SNALC sera particulièrement vigilant quant à la mise en place de ces dispositifs, leurs effets, leur évaluation et leur éventuelle généralisation et ne manquera pas de vous tenir informés de l’évolution de ce dossier.

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