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Luc 23:34

© katemangostar - freepik.com

Si vous avez démarré la lecture de ce billet d’humeur c’est que vous savez à quoi vous en tenir. Vous commencez à me connaître, maintenant. Et d’aucun m’a laissé à penser que certains parmi vous aimaient bien me lire. Merci ! J’adore rédiger ces billets (plus ou moins longs en fonction de ma colère du moment). Néanmoins, aujourd’hui, je vous avouerai que je me sens un peu lasse, moins en verve, et même lâchons le mot, dégoûtée par tout ce que nous vivons au quotidien dans un métier qui se veut bienveillant toujours envers les mêmes (nos élèves et leurs familles) et d’une férocité confinant à l’humiliation harcelante toujours envers les mêmes (nous autres enseignants).

Chacun d’entre vous aura, non pas son exemple d’humiliation, mais bien ses expériences choquantes. Nous les voyons s’étaler en images infâmes sur les chaînes de télévision courageuses qui acceptent de relayer l’ignominie chaque jour plus atroce.

Le dĂ©clenchement imprĂ©vu du Conflit entre les Etats-Unis d’AmĂ©rique et l’Iran le samedi 28 fĂ©vrier 2026 a eu pour consĂ©quence une hausse effrĂ©nĂ©e du prix des Ă©nergies Ă  travers le monde, certes, mais en particulier en France en ce qui nous concerne. Et si les mĂ©dia et le Gouvernement français s’inquiètent du sort et des possibilitĂ©s de dĂ©placement des infirmiers et des chauffeurs routiers (qui souffrent Ă  n’en pas douter et je tiens Ă  ajouter ici dans ce billet mon plus vif soutien Ă  leur cause) pas un seul mot n’est dit Ă  notre sujet, nous enseignants dont le salaire (minable et en deçà de 1000€ mensuels de celui de nos collègues, Ă  Ă©chelon Ă©gal, des 2 autres catĂ©gories de la Fonction Publique que sont la SantĂ© et la Justice, comme ne cesse de le marteler le PrĂ©sident du SNALC, Jean-RĂ©mi Girard) ne nous permet plus de nous loger dans les hypercentres urbains oĂą se situent pour un certain nombre d’entre nous les Ă©tablissements scolaires dans lesquels nous devons souffrir la suffisance d’élèves qui se croient plus intelligents que les surdiplĂ´mĂ©s qui viennent les babysitter dans la Grande Garderie Nationale. Car disons-le clairement ici quand nos salaires passent de 2,2 SMIC avant les annĂ©es 2000 Ă  1,2 SMIC aujourd’hui, il faut se rendre Ă  l’évidence que les enseignants ont dĂ©sertĂ© les villes et sont partis, comme d’autres s’installer Ă  plusieurs dizaines de kilomètres hors des centres urbains. Chez moi, en Morbihan, un penthouse Ă  200 mètres de mon lycĂ©e est Ă  1 500 000 €uros. Ce n’est pas avec 2500 € mensuels net que je peux me le permettre. Pas mĂŞmes les Ă©tages infĂ©rieurs. Je vis donc Ă  20 km de mon lycĂ©e. Et devinez quoi ? Je m’y rends en voiture ! Thermique ! AchetĂ©e en 2022. Et lĂ  encore le salaire qui ne correspond ni au niveau d’études (le plus Ă©levĂ© des pays de l’OCDE) ni aux 2 autres catĂ©gories de la Fonction Publique, ni aux responsabilitĂ©s gigantesques qui incombent aux enseignants (former l’avenir d’une Nation ce n’est pas rien tout de mĂŞme !) ne nous permet de changer de voiture comme de chemise… Et mĂŞme lĂ , changer de chemise va devenir une affaire de choix : faire le plein de la voiture ou acheter une nouvelle chemise ? Telle sera la question ! Mais avez-vous entendu le Gouvernement français dernièrement s’inquiĂ©ter de la possibilitĂ© pour ses enseignants de faire le plein de leur voiture pour se rendre sur leur lieu de travail ? NON ! Nous devrons payer plein pot ! Nous restera-t’il assez d’argent sur ce salaire inique pour payer le crĂ©dit de la maison, la nourriture Ă  mettre sur la table pour la famille, les soins de santĂ©, le chauffage du logement, etc… Le gouvernement n’en a cure ! Croyez-vous que l’expĂ©rience du COVID-19 leur aura enseignĂ© quelque chose ? Le COVID, c’était avec les divers gouvernements de M.Macron. Au bout de trois mois et demi de confinement les parents pleuraient toutes les larmes de leurs corps, chouinaient, suppliaient que les Ă©coles rouvrent pour que les enfants quittent les domiciles, retournent en classe et leur FOUTENT LA PAIX afin qu’ils puissent tranquillement tĂ©lĂ©travailler… ou faire ce que les parents faisaient pendant le confinement… Des entreprises, des artisans (boulangeries, restaurants, coiffeurs, etc…) ont Ă©tĂ© menĂ©s Ă  la banqueroute Ă  cause du risque de contagion, mais curieusement un professeur au milieu de 35 Ă©lèves dans 55 m² ce n’était pas un risque de contagion. Restaurant : OUI ! Salles de classe : NON ! Vous voyez ou je veux en venir ou je prĂ©cise ? Parce que si ma rĂ©gion est en pause actuellement, vendredi dernier mes collègues dans la salle des profs commençaient Ă  dire que prochainement, ils ne pourraient plus venir travailler… La taxe sur le travail est trop onĂ©reuse ! Oui, parce qu’à un moment, comme Bossuet (Jacques-BĂ©nigne, 1627-1704, qui prit part Ă  la Querelle des Anciens et des Modernes, cĂ´tĂ© Modernes – pas notre collègue historien dont le verbe haut rĂ©sonne tĂ©lĂ©visuellement) « il faut appeler un chat, un chat ! » Le prix de l’essence en France n’est ni plus ni moins qu’une taxe sur le travail ! Avant d’aller gagner son pain quotidien, pour certains Ă  la sueur de leur front, pour d’autres Ă  la sueur de leurs neurones, il faut verser une « taxe sur le travail » Ă  l’Etat = le plein d’essence. Et puis en avril, tous les ans, faire sa DĂ©claration d’ImpĂ´ts pour encore, toujours et perpĂ©tuellement PAYER Ă  l’OGRE A l’APPETIT INSATIABLE des taxes qui prochainement pourraient bien dĂ©passer le montant que nous gagnons. Cauchemardesque ! Mais probablement vrai ! Mark my words ! 

Mais me direz-vous, choquĂ©s, il n’y a qu’à acheter un vĂ©hicule Ă©lectrique ! De toutes façons, c’est mieux pour l’écologie, ça ne pollue pas. Et Toc ! Vilaine Rochon ! Ah oui, parce que les terres rares pour fabriquer les batteries (qu’au passage personne ne sait recycler actuellement), creuser la terre pour les rĂ©colter, c’est Ă©cologique, peut-ĂŞtre ? Respectueux de l’environnement ? J’ai mal aux cĂ´tes de rire ! Si on approfondit un peu la question, qui donc creusent la terre pour aller les chercher, les terres rares ?…. La rĂ©ponse n’est probablement par celle Ă  laquelle nous rĂŞvons en Occident avec notre fantasme de mobilitĂ© douce… Je vous laisse approfondir, comme nous rĂ©digeons si bien dans les bulletins trimestriels. Mais dites-donc, cessons de rĂŞver un peu. Quand nous serons tous Ă©quipĂ©s d’un vĂ©hicule Ă©lectrique pour lequel nous nous serons saignĂ©s aux quatre veines sans espoir de pouvoir changer de vĂ©hicule avant une bonne grosse dĂ©cennie que croyez-vous que l’OGRE OBESE fera ? Qu’il baissera le prix de l’électricité ? OĂą avez-vous vu jouer cela, vous ? -MECHANTE ! Je bousille tous vos rĂŞves ! -VILAINE ! Vous les voyez lĂ  ma lassitude et mon dĂ©goĂ»t ?

Et puis, il y a tous ces collègues qui prennent contact avec le SNALC pour nous demander de l’aide parce qu’ils font face à l’horreur administrative de notre Maison Education Nationale, celle-là même qui est le chantre de la bienveillance envers les familles et les élèves et la Reine des Supplices en tous genres pour ses agents.

Je pensais avoir vu pas mal d’âneries depuis toutes ces annĂ©es, mais il y a 2 jours j’ai dĂ©couvert qu’il ne faut jamais chanter victoire. L’Education Nationale regorge de crĂ©ativitĂ© quand il s’agit de maltraiter ses agents. Figurez-vous qu’un de nos collègues a validĂ© en 2025 son CAPES dans l’acadĂ©mie de Cr…. et en mĂŞme temps, il demande et obtient, Ă´ miracle, sa mutation dans l’acadĂ©mie de Rennes. Jusque-lĂ  me direz-vous, notre chère Maison Education Nationale est plutĂ´t bienveillante, voire très courtoise ; j’en conviens ! Mais attendez, parce que la suite vaut son pesant de cacahuètes ! Notre collègue procède Ă  son dĂ©mĂ©nagement (onĂ©reux, mais il l’a voulu…), prend contact avec son nouvel Ă©tablissement, fait sa RentrĂ©e des Classes en septembre 2025, dĂ©marre ses cours dans un nouvel environnement, au sein d’une nouvelle Ă©quipe, avec de nouveaux Ă©lèves et s’investit au maximum pour que tout se passe bien. Notre collègue a quittĂ© sa prĂ©cĂ©dente acadĂ©mie de Cr… avec une procĂ©dure de changement d’échelon en cours et non rĂ©solue suite Ă  sa validation de CAPES, après une première carrière professionnelle. Et en octobre 2025, il dĂ©couvre deux sommes dĂ©posĂ©es sur son compte bancaire. Il ne s’inquiète pas pensant que la deuxième somme correspond Ă  la rĂ©gularisation de sa procĂ©dure de changement d’échelon. Novembre 2025 rebelotte ! Oui, mais voilĂ , pour certains d’entre nous, nos vies professionnelles vont vite, sont envahissantes, nous laissent peu de temps pour souffler, dormir. Il faut enseigner, animer des groupes classes, participer Ă  des rĂ©unions, rĂ©gler tel problème professionnel suivi de tel problème privĂ©, rencontrer une famille inquiète, puis deux, voire plusieurs sans oublier lire et Ă©valuer un, deux ou plusieurs lots de copies, voire rĂ©pondre Ă  l’interrogatoire du ComitĂ© de ContrĂ´le de votre Ă©tablissement privĂ© sous contrat… Nous n’en voyons plus le bout. Le bout du tunnel recule chaque jour davantage. Pour certains collègues, travailler dans ces conditions Ă©puisantes (nerveusement) se double de difficultĂ©s de santĂ©. Graves. Très graves. C’est le cas de ce collègue qui a opĂ©rĂ© une reconversion dans l’Education Nationale suite Ă  ce que l’on peut affronter de plus graves. Alors quand on veut assurer ses cours et se montrer professionnel Ă  son arrivĂ©e dans un tout nouvel Ă©tablissement, je peux comprendre qu’on fasse confiance Ă  ses deux Rectorats APRES AVOIR OBTENU SA MUTATION et qu’on ne soit pas obsĂ©dĂ© par ENSAP.GOUV tous les mois. Il aurait dû ! Malheureusement ! Parce qu’il aurait dĂ©couvert beaucoup plus tĂ´t et bien avant le mois de Mars 2026 qu’il recevait, tous les mois, Ă  la fois son salaire, logique, de l’AcadĂ©mie de Rennes oĂą il travaille dĂ©sormais depuis septembre2025 ET EN MĂŠME TEMPS un salaire de l’AcadĂ©mie de Cr… qu’il a logiquement quittĂ©e après sa mutation. Un interlocuteur dans un bureau non liĂ© Ă  la paye, contactĂ© en Mars 2026, l’a informĂ© qu’on allait lui envoyer un « Ticket de Remboursement ». A ce jour, il n’a toujours rien reçu. Et pendant ce temps, les Services des ImpĂ´ts lui rĂ©clament une somme majorĂ©e des salaires reçus, mais indus, tandis que l’Organisme qui lui verse une pension de travailleur invalide menace de lui retirer sa pension d’invaliditĂ©. Qui est responsable ? Notre collègue pour ne pas avoir vĂ©rifiĂ© ENSAP.GOUV parce qu’il prĂ©fĂ©rait ĂŞtre prĂŞt et disponible pour ses Ă©lèves et son travail en Ă©quipe ou les agents du Rectorat de Cr… qui l’ont mis dans la MERDE après lui avoir signifiĂ© sa mutation ???

Allez me dire après tout cela que nous sommes bien traités par nos autorités hiérarchiques ? Où est la bienveillance ?

Je parie que là vous comprenez mieux ma lassitude et mon dégoût !

Mais pire que tout au milieu de ces maelströms d’angoisses, d’inquiétudes et de mauvais traitements, comment pouvons-nous véritablement nous concentrer sur notre cœur de métier : nos élèves ? quand tout se ligue contre les enseignants : le gouvernement, les rectorats, les familles qui ne veulent pas que leurs enfants soient contrariés ni frustrés…

Et personne ne pose jamais la question majeure qui s’érige comme un Everest inatteignable : mais qu’allons-nous donc faire de cette génération qui n’apprend rien ? Ni les connaissances et compétences que l’Ecole est censée lui apporter, ni le savoir-être indispensable à son intégration sociale ; une intégration sociale cruciale pour faire perdurer notre société de solidarité et un modèle social qui s’étiole et s’évanouit inexorablement sous nos yeux.

Alors oui, je pense que vous comprenez désormais pourquoi je vous disais en introduction que je suis lasse, épuisée, voire même dégoûtée à l’idée de me lever le matin pour obéir aux injonctions pédagogistes délétères qui écrivent depuis des décennies la chronique de la destruction annoncée non seulement de la Maison Education Nationale dont nous étions si fiers avant les années 2000 pour toutes les raisons que j’ai déjà abordées dans des billets précédents, mais aussi d’un modèle social longtemps envié à travers le monde et aujourd’hui universellement moqué.

En rédigeant cette conclusion, ces paroles de Jésus me viennent à l’esprit : « Père ! Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Malheureusement je n’ai ni sa force d’âme, ni sa naïveté. Je ne peux pas leur pardonner car je suis convaincue qu’ils savent pertinemment ce qu’ils font. Mais alors la question en suspens est : « Dans quel but ? »

Si j’ai ma petite idée, je vous laisse y réfléchir. Pendant ce temps, je profiterai des journées ensoleillées de la pause d’avril pour aller randonner par les forêts alentours, j’ai trop besoin de me ressourcer au doux murmure des arbres avant d’affronter la dernière période de cette année académique en croisant les doigts pour qu’aucune tragédie ne vienne coller sur ma rétine des images abjectes avant les vacances d’été.

Bon courage à tous ! Mes pensées les plus sereines vous accompagnent.