Liberté syndicale, liberté fondamentale

© iStock - Bulat Silvia

 

Par Nicole DUTHON et Chantal VAUTRIN, SNALC de l’académie de Clermont-Ferrand 
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1445 le 9 octobre 2020

 

La rentrée 2019 ne nous avait pas épargnés, avec ses suicides médiatisés, dont celui de Laurent Gatier, le 9 septembre 2019. A partir de cette date, la parole s’est libérée au Lycée de Chamalières. Un long combat a commencé pour les personnels qui ont dû ravaler leur peine, supporter des simulacres d’apaisement, subir le stress des « interrogatoires » du CHSCTA, des Inspecteurs Généraux et de la police, craindre les oreilles indiscrètes…

 

Sabine Dignat, trésorière du SNALC Auvergne, élue au CA, a soutenu ses collègues, a alerté, s’est opposée, sans craindre les représailles et derrière elle, nous avons fait de même, demandant audiences au rectorat, rendezvous avec les IG, etc.

Grand soupir de soulagement quand les « maltraités » ont appris en juin que Mme Natale, proviseure était mutée et quelques autres « méchants » à sa suite.

Explosion le 27 juillet : annonce de la mutation dans l’intérêt du service de Mme Dignat. Accompagnée de deux commissaires paritaires et d’un membre de la cellule juridique, à l’audience du 20 août, elle ne s’est vu reprocher aucune faute ; le 27 août elle apprend son déplacement.

Nous avons alors pris les armes : préavis de grève, manifestation le 2 septembre devant le rectorat, en y dénonçant la « maltraitance rectorale » et une mutation-sanction, information des médias, même si le rectorat nous a dit avec mépris en audience ce jourlà : « vous aimez bien faire le buzz ».

Tel est pris qui croyait prendre : « notre dossier est bétonné, inattaquable au TA », « nous aurons toujours trois coups d’avance », citations du DRH le 20 août. L’avocat du SNALC a déposé un référé en liberté ; le 4 septembre, il a remporté la victoire au Tribunal administratif de Clermont- Ferrand. La persévérance paye !

Jamais nous n’aurions cru que la lecture d’un arrêté de justice nous procurerait autant de plaisir.

Savourez : « en prenant une telle décision, qui apparaît comme une sanction déguisée, les motifs de la décision, n’étant manifestement pas dépourvus de tout lien avec ses fonctions représentatives et son appartenance syndicale, le recteur a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale de l’intéressée. »

 

 

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