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Les conseils de classe trimestriel, semestriel ou participatif

© iStock_©FangXiaNuo

Le mois de novembre est là ; il est souvent synonyme de réunions parents/professeurs et conseils de classe. Le contexte actuel (mise en place de l’accompagnement personnalisé au lycée, évolution des fonctions du professeur principal, place donnée aujourd’hui aux PsyEN -Psychologues de l’Éducation nationale, notion de parcours avenir, politique de non redoublement, expérience du confinement…) nous interroge sur le bien-fondé du conseil de classe dans sa forme traditionnelle.

C’est donc le bon moment pour faire le point sur les différents types de conseils existants.

 

Que dit la loi ?

Le conseil de classe est régi par les articles R421-50 et 51 du Code de l’Éducation qui définit :

  • sa composition : le chef d’établissement, convoque et préside,
    • le professeur principal, effectue le bilan général,
    • les professeurs de la classe soulèvent les questions pédagogiques à examiner, font un bilan des acquisitions de chaque élève, proposent des dispositifs d’aide, donnent des conseils pour progresser,
    • les 2 élèves délégués représentent les élèves de leur classe ; ils sont des médiateurs entre leurs camarades et les autres membres de la communauté éducative.
    • les parents-délégués, font remonter les informations (vérifiées et représentatives) venant des parents de la classe.
    • Enfin, en fonction du contexte local, d’autres peuvent y assister comme : le conseiller principal d’éducation (CPE) qui peut participer au conseil et communiquer des informations sur le comportement et l’activité de l’élève, ses résultats, ses conditions de travail, sur l’origine de difficultés éventuelles. Le conseiller d’orientation psychologue informe et conseille sur les métiers et les formations, communique sur les projets de formation de l’élève. Le médecin scolaire, l’assistant social ou l’infirmier informent si besoin des conditions de travail et sur d’éventuelles difficultés, et aident à la mise en place de parcours spécifiques.
  • sa mission : assurer le suivi des élèves et de la vie de classe, les modalités d’organisation du travail des élèves et de l’évaluation progressive de leurs acquis, en cohérence avec le volet pédagogique du projet d’établissement.
  • sa fréquence : 3 fois par an et à chaque fois que le chef d’établissement le juge nécessaire.

 

Concernant le volet rémunération, les professeurs reçoivent l’ISOE par fixe (cela sert aussi à payer les réunions diverses et variées) ; le professeur principal d’une classe de collège, lui, perçoit en plus, l’ISOE part modulable alors qu’au lycée le nouveau poste de professeur référent n’est rémunéré que sur la base d’une indemnité équivalent à une demi-ISOE.

 

Quid de l’obligation d’assister à tous les conseils ?

Vous le constaterez vous-même : il n’existe pas de chiffres sur le nombre de conseils obligatoires et le texte en question est sujet à plusieurs interprétations. Attention donc, car selon les chefs d’établissements, il peut vous être demandé de tous les faire, au risque sinon, de perdre tout ou partie de votre ISOE. En cas d’empêchement, il est coutumier d’en informer à minima, le professeur principal et de lui transmettre une participation indirecte.

Existe-t-il une obligation de durée du conseil et un créneau dans la journée ?

Malheureusement, aucun texte ne définit la durée maximale d’un conseil ni les créneaux horaires sur lesquels ils doivent être placés. Nous pouvons donc connaître des conseils bloqués sur l’après-midi du mercredi, ou du vendredi (libérant ainsi les élèves), le soir après les cours, sur la pause méridienne. Chaque créneau a ses avantages et ses inconvénients.

Vous avez peut-être aussi vécu des conseils d’une durée folle : 3h voire plus pour 15 élèves, ou 35 minutes pour 36 élèves ! cela dépend des chefs d’établissement, de l’équipe (bavarde ou non) mais surtout du professeur principal qui doit être le seul à mener son conseil. Pour peu qu’il faille analyser les notes, les appréciations et les compétences, le temps passé peut-être triplé, au détriment, bien sûr, de la vie personnelle de chacun.

 

Trimestriel, le grand classique

 

Nous avons tous connu, au moins en tant qu’élève, un conseil de classe par trimestre. Les avantages sont d’avoir une évolution plus linéaire des élèves notamment s’ils sont en difficultés, et de pouvoir y remédier (ou du moins, tenter) rapidement avant qu’ils ne soient totalement en échec. Cela implique aussi un travail fastidieux et souvent du stress pour les professeurs, qui doivent avoir suffisamment de notes pour élaborer une moyenne. Or, ce n’est pas toujours aisé, surtout si vous n’avez les élèves qu’une heure par semaine, ou si vous avez été absent un petit moment. Bref, c’est toujours la course à la note et… à la correction de copies !

Le SNALC vous conseille de prendre du recul, s’il manque une note, elle apparaîtra le trimestre prochain ; sans dire de laisser traîner les copies des semaines durant, si vous avez besoin d’une pause, prenez-là ; soyez bienveillant pour vous-même, peu de monde (voire pas grand monde) le sera pour vous dans ce métier qui devient de plus en plus difficile.

 

Passage aux semestres, une fausse bonne idée ?

Il paraissait alléchant de passer aux conseils semestriels : moins de bulletins, plus de temps pour connaître les élèves, moins de stress pour évaluer, et puis, soyons honnête des soirées libres en plus. Mais dans la pratique est-ce vraiment le cas ?

Certains chefs d’établissement ont choisi de changer de système. Le bulletin du premier trimestre contenant souvent des révisions des années précédentes, il pouvait n’y avoir que peu d’intérêt.

Qui dit nouveau système dit, nouvelle organisation : un conseil fin janvier et un conseil début juin.

Analysons les points positifs, car il y en a : un semestre, enfin, pas vraiment car la période ne contient que 5 mois, mais cela laisse un long temps. Cela permet à l’élève de fournir ses efforts dans la durée et correspond davantage à la notion de contrôle continu qui prend de plus en plus le pas sur les notes et examens de fin de période, cycle, … Pour l’enseignant c’est moins de stress ; en effet, nous pouvons prendre le temps sans penser constamment à l’arrêt des notes de fin novembre.

Comme dans tout, il y a aussi des points négatifs : la perspective de soirées libérées était sans compter des mini-bilans pour aider au mieux les professeurs principaux dans la gestion de la classe et des élèves en difficulté, les familles et les élèves dans leur évolution scolaire. Une réunion souvent placée entre midi et deux car, promis « elle ne durera pas plus de 20min ». Oui, mais… ne sommes-nous pas bavards ? n’ajoutons pas souvent notre avis ? voire même ne dévions-nous pas la conversation ? La réunion s’éternise, s’apparentant finalement à un conseil de classe, parents et élèves en moins, nous laissant que peu de temps pour profiter de la pause méridienne tant méritée.

 

Le conseil de classe participatif 

 

Ce type de conseil de classe est issu des classes coopératives (pédagogie Frénet entre-autre) qui s’inscrivent dans une démarche du réseau des LÉA (Lieux d’éducation Associés), créé en 2011 et développé par l’IFÉ (Institut Français de l’Éducation) dont la mission est de promouvoir les liaisons et les interfaces entre le monde de la recherche et le monde de l’éducation.

En 2016-2017, une classe de seconde du lycée Jacques Feyder d’Épinay-sur-Seine (93) a été mise en place autour de cette notion. Une deuxième classe de seconde a vu le jour en 2017-2018 avec 4 professeurs supplémentaires. Depuis 2018, quatre classes existent : deux secondes générales, une première STMG et une terminale, avec un nombre croissant de professeurs engagés.  Ces classes concernent donc près d’une centaine d’élèves, sur les 1566 élèves du lycée, issus de milieux socio-économiques défavorisés. Dans cette lignée, une expérience similaire est menée depuis 2018 au collège Roger Martin du Gard à Epinay Sur Seine (93).

Certaines académies éditent même des « tutos » pour louer les bienfaits de ce type de conseil de classe. Attention à la dérive, et à ce qui pourrait devenir du bénévolat déguisé pour, bien entendu, le bien-être de nos élèves !

 

Objectifs :

Impliquer davantage les élèves en développant les capacités d’auto-évaluation et leur esprit critique mais aussi impliquer les parents dans la réussite scolaire. Dans ce sens, chaque élève et chaque parent d’élève sont invités à y participer ce qui amène de véritables échanges durant ce temps scolaire. C’est à se demander pourquoi ces derniers ne sont pas déjà acteurs lors des conseils « normaux » …

 

Il permettrait de :

  • Responsabiliser l’élève dans son parcours en lui accordant de la considération,
  • Le replacer au cœur du conseil de classe,
  • Envisager l’élève comme un interlocuteur valable en lui donnant la possibilité de s’expliquer sur ses résultats scolaires, son ressenti au sein de la classe et de l’établissement et son évolution depuis la période passée,
  • Développer l’expression orale des élèves et les entraîner à s’exprimer devant plusieurs personnes (expression d’autant plus importante qu’elle fait l’objet d’une épreuve dédiée en terminale dorénavant au travers du Grand Oral),
  • Responsabiliser l’élève en développant sa vision lucide de ses compétences et son évolution, et par là-même sa confiance en lui, sa capacité d’auto-analyse et de rétroaction ainsi que son esprit critique,
  • Clarifier le message transmis à l’élève en limitant les intermédiaires et en levant les implicites par une parole directe.

 

Il développerait des savoirs :

  • Savoir faire preuve de lucidité sur son positionnement relatif à un niveau de maîtrise de différentes compétences,
  • Savoir s’exprimer à l’oral de manière claire et argumentée devant un auditoire,
  • Savoir faire preuve de responsabilité en présentant un bilan, en prenant un ou plusieurs engagements.

 

Mise en œuvre :

Il est intéressant de noter les différences selon les établissements. Comme c’est une expérimentation, chacun fait un peu, ce qu’il veut. Dans l’idée générale on retrouve : un bilan général qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur la classe de la part des élèves et des professeurs en impliquant les parents, les professeurs, la direction et les deux délégués. Un bilan pédagogique par discipline en intégrant les parents dans la classe afin qu’ils connaissent les compétences travaillées dans chacune des disciplines. Enfin, une analyse du bulletin en petit comité : réunir, enfant / parent(s) / école (représenté par enseignants, vie scolaire, direction) pour un temps d’échange sur le trimestre de l’enfant. Dans ce sens, c’est l’élève, grâce à une fiche d’analyse de son bulletin, qui explique et fait un bilan de son trimestre. Ici, il définit ses points forts et les points à améliorer.

 

Déroulé du conseil de classe participatif ; il diffère selon les lieux et se constitue de plusieurs phases (le nombre diffère aussi selon les établissements/académies) voici un exemple, parmi tant d’autres : 

Préparation : 3h de vie de classe consécutives en amont

  • 1ère heure – Temps 1 – Bilan général où chaque collègue envoi le bilan rédigé au professeur principal qui le transmettra aux élèves responsables de la discipline qu’ils devront présenter en 2ème heure ou bien il est fait avec la participation de 2/3 collègues
  • 2ème heure – Temps 2 – Bilan pédagogique par discipline : Une réunion préparatoire entre collègue peut être organisée en amont. Chaque élève reçoit son bulletin durant cette heure-là. Une fiche d’analyse leur permet de porter un regard rétrospectif sur leur trimestre en les guidant.
  • 3ème heure – Temps 3 – Analyse du bulletin. Cela a pour but de rassurer les élèves et leur permettre de s’entraîner. Sachant, que si les collègues veulent participer au projet, rien ne les empêche de faire répéter les élèves durant leur cours. Dans ce sens, cela pourrait être un travail en français sur la compétence : « s’exprimer à l’oral ».

 

Pendant le conseil de classe : Le déroulé du conseil est géré par les délégués afin de les valoriser. Le professeur principal présente le bilan de la classe et laisse la place aux élèves. Il doit indiquer l’ordre de passage des élèves avec chaque professeur et distribuer les bulletins des élèves aux collègues.

 

Après le conseil de classe : Les engagements pris par les élèves sont centralisés par le professeur principal.

Chaque élève colle dans son carnet ses propres engagements. Chaque collègue reçoit par mail la liste des engagements pris par chaque élève.

 

La circulaire de 1998 concernant l’amélioration des procédures d’orientation lors des conseils stipule que : « La qualité des échanges d’information avec les élèves et leur famille, dans le déroulement des procédures, conditionne fortement la manière dont les élèves prendront une part active dans leurs choix d’orientation. Tout doit être fait pour que l’élève soit acteur de son évaluation et de son orientation.

Dans ce sens, ce conseil de classe participatif entre pleinement dans les politiques éducatives actuelles en permettant aux parents de participer à la vie de l’établissement et ainsi prolonger l’école de la confiance et de la bienveillance. Il permet à chaque élève d’avoir une visibilité et une responsabilité sur sa scolarité et aussi de favoriser de réels échanges entre les professeurs, les familles et les élèves. Autrement dit, il s’agirait de co-construire l’avenir des élèves en faisant de ce temps un moment de formation,  

 

Dans un monde idéal, ce type de conseil est sûrement le plus approprié pour nos élèves en devenir. Mais pour cela, il faudrait vraiment qu’ils deviennent acteurs et non qu’ils subissent. Par ailleurs, qu’en est-il réellement des élèves en grande difficulté ? Seront-ils capables de dire, par exemple, que parce qu’ils ont un niveau de lecture trop bas, ils ne peuvent comprendre les consignes ? Ou bien parce que maman a un double travail, papa étant décédé, il doit s’occuper de ses frères et sœurs et ne peut donc pas étudier ? Quel enfant en 6° ou 5° aurait suffisamment de maturité pour pouvoir analyser ses réussites et ses échecs ? Le second point et pas des moindres, alors que nous sommes sous pression constante, que l’on nous demande de plus en plus de travail, que les heures des matières se réduisent comme peau de chagrin, où allons-nous trouver, le temps, la force, et le courage de préparer une telle usine à gaz ? Enfin, lorsque l’on sait que seulement 10h annuelles sont rémunérées pour la charge de professeur principal, si l’on passe 3h en amont de chaque conseil en préparation/entretien et autre, il ne reste qu’une seule heure de payée pour le reste de l’année (à trois conseils par an bien-sûr). Et les professeurs accompagnateurs lors des entretiens individualisés, comment vont-ils être rémunérés ? Ce n’est pas la maigre ISOE qui est perçue qui va permettre de payer les heures passées en sus d’un conseil de classe dit normal ! 

 

Conclusion

Avant d’accepter une telle charge de travail en plus, réfléchissez bien, individuellement et en équipe, sur vos capacités et votre volonté à mettre en place de tels projets d’organisation des conseils de classe. A défaut, la construction d’une usine à gaz dont vous ne seriez plus maître pourrait vous conduire à l’épuisement voire au burn out en cette période déjà bien chargée ! 

Ne pouvant modifier le choix de votre chef d’établissement, nous pouvons vous proposer des pistes pour vous aider à mieux vivre ces conseils de classe :

  • Limiter votre temps de parole à ce qui est pédagogique uniquement. Si vous êtes professeur principal, fixez-vous un timing / une durée et tenez-le. Un conseil de classe ou une réunion sur la scolarité des élèves ne devrait pas dépasser 1h, même avec des classes dites « difficiles ».
  • Aiguillez les interventions des élèves délégués et des parents : le conseil de classe n’est pas le lieu pour s’étendre sur la qualité des repas à la cantine, ni sur leur tarif et encore moins sur la quantité de papier-toilette à disposition ! Un débrief, avec ses acteurs, en amont peut aider en ce sens.
  • Le meilleur moment n’existe pas, chacun ayant ses obligations. Mais il existe des astuces pour rendre les « grincheux » moins « grincheux ».
  • Surtout, ne pas culpabiliser :  Si la législation permet d’imposer 2 HSA aux professeurs qui se retrouve avec des classes supplémentaires, l’ISOE n’augmente pas en fonction ; elle n’est pas proportionnelle au nombre de classes. Si vous devez être absent, ce que la direction peut comprendre, faites une participation indirecte.

Sources :

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