LES AMBITIONS DU CSP POUR UNE ÉCOLE MATERNELLE OBLIGATOIRE À 3 ANS

ÉCOLE


LES AMBITIONS DU CSP

POUR UNE ÉCOLE MATERNELLE OBLIGATOIRE À 3 ANS


©iStock – Choreograph

Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1449 du 29 janvier 2021
Par Véronique MOUHOT, SNALC premier degré

À sa parution, la note d’analyse et de propositions par le CSP (Conseil Supérieur des Programmes) sur le programme d’enseignement de l’école maternelle a provoqué quelques émois.

L’école maternelle comporte ses spécificités. Et même si à la lecture de ce document, les PE retrouvent des éléments familiers, la crainte de voir l’école maternelle dénaturée persiste.

Toutefois, l’intention de cette note n’est pas de réécrire les programmes de 215 mais d’apporter des propositions et préciser des attendus de fin de cycle, en prenant appui sur les résultats des évaluations de CP.

Les exercices de manipulation des syllabes y sont plutôt bien réussis. En revanche, la reconnaissance des différentes graphies des lettres, la manipulation des phonèmes, la connaissance des lettres et de leur son, ainsi que la fusion de deux sons restent des compétences fragiles ou déficientes.

Il faut pourtant qu’à la fin du premier cycle, TOUS les enfants soient : «capables de distinguer et de manipuler les syllabes d’un mot, les sons-voyelles et quelques sons consonnes facilement identifiables.»

Certains objectifs à atteindre dans le domaine de l’oral et de l’appréhension de l’écrit peuvent paraître ardus. Les élèves n’évoluent pas au même rythme : certains enfants entrent dans la lecture dès la moyenne section, d’autres ont besoin de tout un CP. Les professeurs de maternelle craignent de devoir faire «bachoter» leurs élèves alors qu’ils s’échinent à leur faire localiser une syllabe dans un mot.

Les objectifs ambitieux de cette note, en langage et en mathématiques, nous rappellent donc combien enseigner en maternelle ne s’improvise pas et nécessite une formation initiale spécifique et approfondie, requérant observations et stages. Pour le SNALC, il faut mettre les moyens à la hauteur des enjeux et de l’ambition louable portée par l’école maternelle.

D’ailleurs, le SNALC tient à souligner une certaine honnêteté – qui a tout d’une évidence – non dissimulée dans cette note du CSP : si les effectifs-classe en maternelle ne diminuent pas, ce texte ne servira à rien.

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