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Lecture, écriture, calcul : une polémique injustifiée

Par Christophe GRUSON, responsable national SNALC premier degré
Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE – #1417 – MAI 2018
Depuis des années, les enquêtes comme PISA ou PIRLS mettent en lumière les résultats de plus en plus alarmants de nos élèves. Chaque année, les professeurs médusés constatent que le niveau baisse, contrairement à ce qui est régulièrement annoncé par certains politiques et illusionnistes médiatiques. Pour rassurer la société, les parents et les élèves, les exigences sont systématiquement revues à la baisse, les échecs sont occultés et les élèves préservés de toute remarque négative. A l’image de l’école des fans, l’enseignant est devenu un Jacques MARTIN qui annonce que tout le monde a gagné, sous vos applaudissements. Cela a donné bonne conscience et a fait se gargariser pendant des années ceux qui aujourd’hui s’insurgent en refusant d’admettre leur responsabilité dans la triste réalité des enquêtes de l’OCDE. « Ce n’est pas vrai ! » nous dit-on encore. « L’école va bien ! ». Comment peut-on à ce point nier une réalité constatée de tous et prouvée par les multiples enquêtes ?

Une certaine vision de l’équité et de l’égalité a inspiré des recherches et des études, des conférences de consensus, des colloques de la bonne parole. Les résultats souvent infondés de ces travaux ont engendré, d’année en année, un éparpillement des méthodes et des contenus. On en a oublié l’essentiel. Et paradoxalement, ce sont les élèves les plus en difficulté qui passent à côté des apprentissages fondamentaux, car les élèves les plus favorisés ont la chance de pouvoir en bénéficier en dehors de l’école.

Malgré cela, certains conservateurs veulent maintenir ce rythme incessant de changements de politique éducative fondés sur des idéologies pédagogiques. D’autres, comme le SNALC, préfèrent, pour tous les élèves, l’efficacité d’une pédagogie explicite centrée sur les fondamentaux qui a fait ses preuves, et que chacune et chacun peut librement adapter.

C’est pourquoi, après les annonces d’un retour aux fondamentaux par le ministre de l’Éducation nationale via la parution de quatre notes de service et d’un guide, le SNALC se réjouit à l’idée que les professeurs ne soient bientôt plus obligés de se cacher pour travailler la pratique de la grammaire, l’apprentissage des tables ou la maîtrise du vocabulaire. Ces pratiques seraient désuètes ? Arrêtons l’hypocrisie !

Est-on sérieux quand on accuse le ministre de toucher à la liberté pédagogique, alors qu’il se borne à autoriser enfin ce qui était interdit dans les classes depuis des années ? Depuis 30 ans, des découvertes fulgurantes de chercheurs et de magiciens en tout genre sont imposées dans nos classes, au mépris justement de toute liberté pédagogique. Force est de constater leur inefficacité. Par ailleurs, l’enseignant, tiraillé au milieu des lubies des uns et des autres, ne sait plus dire si ses choix pédagogiques sont bons ou pas devant un IEN lui-même parfois en contradiction avec son propre discours de l’année précédente sur le sujet.

Bien avant l’arrivée de Monsieur BLANQUER, le SNALC, avec son partenaire le SNE, avait affiché le souhait d’une politique éducative pour Permettre à tous de réussir, titre de l’ouvrage publié en 2016. Nous sommes satisfaits de la direction claire donnée à l’école au travers de ces textes. Et si la présentation de ces derniers au corps enseignant peut être discutée, la grande majorité des collègues silencieux, prendra le temps de tirer le meilleur profit de ces circulaires avec les élèves. En effet, les professeurs souhaitent plus que tout le retour à une certaine rigueur dans les classes, rigueur dans les contenus, dans les méthodes, dans la formation. La faiblesse du système éducatif et le nivellement par le bas qu’elle a utilisé comme palliatif depuis des décennies se constate aujourd’hui jusque dans les niveaux de recrutement, y compris à l’Éducation nationale. On ne peut en effet que s’inquiéter du manque de maîtrise de la grammaire et des mathématiques (entre autres) de certains collègues, qui sont les premiers à souhaiter remédier à cela.

Le SNALC appelle donc de ses voeux l’intégration dans la formation initiale et continue des idées développées dans ces notes de service afin qu’elles ne restent pas lettre morte. Quel est l’intérêt de vouloir déplacer le débat sur une prétendue attaque de leur professionnalisme ou une remise en question fictive de leur liberté pédagogique ? Ah mais oui… Les élections professionnelles, c’est en décembre 2018.