Cette semaine marque le lancement des nouveaux concours d’accès au métier de professeur. Les médias semblent accueillir cette nouveauté avec enthousiasme, mais qu’en est-il réellement ? Certains diront qu’il a un arôme de fruits rouges ou, peut-être, de banane. Pour le SNALC, ce concours nouveau a surtout un goût d’inachevé qui râpe la gorge.
En effet, les groupes de travail consacrés à la formation initiale des enseignants et des CPE n’ont toujours pas abouti. De nombreuses questions restent en suspens : celle des affectations par exemple, ou encore celle du double pilotage entre les rectorats et les universités.
Certes, certains affirmeront que ce concours dès la L3 – et sa coexistence transitoire avec l’ancien concours en M2 – permettra d’attirer davantage d’étudiants vers notre métier. Le SNALC porte cependant un regard différent. Les chiffres de cette année le démontrent : le double concours ne règle pas tout. D’abord, il existe des doubles inscriptions qui imposent de nuancer les statistiques. Force est de constater également que l’augmentation mise en avant du nombre de postulants n’a aucune incidence sur le nombre de postes supprimés.
Finalement, lorsque l’on a dépassé le premier nez et que l’on garde un peu tout cela en bouche, on se rend compte que le goût qui subsiste est celui de l’échec : cette réforme semble trop jeune, elle manque de maturité et de robustesse. Le Ministère avait assuré que l’ouverture du concours en L3 n’impliquerait pas une baisse de qualité. Or, le SNALC observe l’inverse : dans les référentiels de formation, les disciplines sont réduites à la portion congrue au profit de la didactique.
Le SNALC a même entendu dire que la maîtrise disciplinaire ne serait pas forcément un gage de qualité, et qu’il y aurait peut-être une amélioration de la qualité pédagogique (avec, en arrière-plan, la vieille image d’Épinal d’un agrégé pointu dans son domaine, mais incapable de faire preuve de pédagogie). À cela, le SNALC répond que, comme depuis des décennies, la formation pédagogique confinera au formatage.
Le nouveau concours est là et, avec lui, son lot d’amertume qui risque de rester durablement en bouche.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1511 du 13 mars 2026





