LA QUESTION SANITAIRE À L’ÉCOLE: AU-DELÀ DE L’ENTENDEMENT

CONDITIONS DE TRAVAIL


LA QUESTION SANITAIRE À L’ÉCOLE :

AU-DELÀ DE L’ENTENDEMENT


© : ©iStock – Drazen Zigic

Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1452 du 16 avril 2021
Par Sylvie MORANTE-CAZAUX, SNALC premier degré

Après plus d’un an passé sous Covid-19, les PE sont à bout : les péripéties se multiplient, les malmenant toujours plus.

L’année scolaire a débuté avec des masques parfois absents, en nombre insuffisant et, après enquête, toxiques… Puis, nos élèves ont été masqués, mais à partir du CP seulement. Nous pouvons comprendre que les plus jeunes ne puissent porter le masque, mais pour autant, les PE n’ont pas été équipés de protections supplémentaires. Une hérésie lorsqu’on connaît les spécificités de la maternelle. Nos élèves ont besoin d’être tenus par la main, consolés, mouchés… Le lavage des mains reste souvent sommaire, d’autant plus lorsqu’il manque des ATSEM. Par ailleurs, notons qu’un PE de maternelle n’est pas considéré comme cas contact quand un de ses élèves est déclaré positif !

Quant à la vaccination, elle tient du roman-fleuve. Prioritaires en janvier, les PE ont ensuite disparu du scenario avant un retour sur le devant de la scène avec l’annonce du troisième confinement. En attendant, ils ont échappé de justesse au rôle de laborantins avec les tests salivaires.

Ils subissent aussi les rebondissements d’un protocole changeant. Fermera ? Fermera pas ? Suspense… Le préfet décide… Il « suffirait » d’ouvrir la FAQ en urgence pour connaître son sort : pratique lorsqu’il faut demander un remplaçant en urgence, renvoyer les élèves chez eux ou organiser la répartition dans les autres classes des élèves présents, en veillant au non-brassage. En effet, à l’école, il n’y a personne pour prendre en charge les élèves en cas d’enseignant absent. La pénurie de remplaçants aggrave la situation et les relations avec les familles. Le recrutement de contractuels n’a pas suffi. De plus, certains IEN envoient des courriers culpabilisants à leurs équipes pour leur faire « passer l’envie » d’être absents.

Les PE se passeraient volontiers de cette série catastrophe et le SNALC ne cesse d’affirmer dans les médias qu’ils doivent avoir le droit de travailler en sécurité : un minimum qui, s’il avait été garanti, nous aurait probablement évité un troisième confinement.

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