« “L’EPS est le parent pauvre de l’éducation” — Laurent Bonnin, professeur et responsable syndical, dénonce la dégradation des capacités physiques des élèves et appelle à un renouveau des programmes, alors que la moitié des 6e ne parvient pas à courir 5 minutes à 8 km/h. Entre effets d’annonce et culture de l’effort zéro, l’école peine à lutter contre la sédentarité. »
Laurent Bonnin, Secrétaire national du SNALC chargé de l’EPS, est l’invité de France Info le 09 février 2026.
L’EPS est “un peu le parent pauvre de l’éducation, notamment par rapport aux disciplines dites plus intellectuelles comme le français”, déplore sur franceinfo lundi 9 février Laurent Bonnin, le secrétaire national du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc), en charge de l’Éducation physique et sportive (EPS) et professeur agrégé d’EPS. Il réagit à l’évaluation des aptitudes physiques des élèves de 6e publiée début février par le ministère de l’Éducation nationale qui montre que la moitié d’entre eux sont incapables de courir plus de cinq minutes à 8km/h en moyenne, un fait inédit.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place ces dernières années dans les établissements scolaires : les 30 minutes de sport par jour, la semaine annuelle olympique et paralympique ou bien les deux heures de sport supplémentaires dans les collèges en REP et REP+. “Une très bonne chose mais on est dans des effets d’annonce”, déplore Laurent Bonnin. “La capacité et la santé physique, c’est quelque chose qui s’inscrit sur la longueur” et ces dispositifs sont “très insuffisants”, ajoute-t-il.
Laurent Bonnin met également en cause notre société qui “prône la culture du moindre effort et de l’anti-frustration”, prenant comme exemple “l’électrification des outils de mobilité, les trottinettes électriques, le vélo électrique, le patin électrique”. “Évidemment, quand on enlève l’électricité, eh bien ça pose problème à l’élève de se déplacer uniquement avec ses propres ressources. Et évidemment, ça génère des efforts. Et ces efforts-là sont parfois très mal vécus”, raconte le professeur d’EPS.
Pour lutter contre la sédentarité, le secrétaire national du Snalc appelle à revoir les programmes d’éducation physique. “Il y a 20, 30 ans, il fallait savoir courir longtemps, nager vite, courir vite, sauter, lancer. Aujourd’hui, on est parti sur beaucoup plus de sensations et beaucoup moins de physique. On parlait beaucoup de l’héritage des Jeux olympiques, on ne le voit pas arriver du tout à l’école”, estime Laurent Bonnin qui rappelle que “statistiquement, vous n’avez qu’un élève sur deux qui pratique une activité en dehors de l’école”.





