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Dévaloriser pour mieux recruter ?

© pxhere.com/fr/photo/228718

La revalorisation indiciaire du 1er juillet 2022 est certes appréciable mais ce n’est pas le rattrapage salarial qui nous est dû, et celle-ci ne compense en rien la dévalorisation constante – et à différents niveaux – de notre profession.

Lors de son audition à l’Assemblée nationale le mardi 2 août 2022, le ministre de l’Education nationale, jusque-là peu prolixe, dut répondre à plusieurs questions relatives à l’attractivité du métier.

Sa réponse fut en partie une inquiétante interrogation, remettant en question le fait de recruter à BAC +5 pour le professorat des écoles. En effet, repousser le CRPE à la fin du Master 2 n’a pas arrangé le problème de l’attractivité, mais douter de l’intérêt d’un BAC+5, c’est ouvrir la porte à une baisse du niveau de recrutement, risquer de créer une nouvelle catégorie de PE (pour ne pas dire sous-catégorie) et ainsi ne pas avoir à augmenter les salaires, si ce n’est oser revenir sur l’égalité indiciaire entre certifiés et PE. Par ailleurs, douter de la nécessité de recruter à niveau M2, ne serait-ce pas une manière douce de faire avaler la pilule – aux parents d’élèves – du recours exponentiel à la contractualisation pour garantir un « enseignant » devant chaque classe ?

Différents médias se sont emparés fin août du sujet du manque de professeurs pour la rentrée 2022, car même si notre Ministre se veut rassurant dans ses interventions, affirmant la présence d’un professeur devant chaque élève à la rentrée, ils ont compris pour la plupart que tous ces professeurs n’auraient pas forcément le même statut, ni la même formation. Une chaîne d’information est allée jusqu’à interviewer un professeur contractuel du premier degré en formation accélérée (4 jours), celui-ci reconnaissant très honnêtement ses inquiétudes. À la manière de notre ministre, le formateur (IEN) s’est voulu rassurant dans ses propos : « deux premiers jours de formation autour de l’institutionnel, du positionnement, le regard vis-à-vis des parents et la sécurité dans l’école. Et puis les deux derniers jours autour de préparer sa classe, en maths et en français. Donc je pense que les parents peuvent être rassurés, on aura des enseignants qui seront prêts, en tout cas comme tout enseignant (…) »

Ces paroles et cette posture de notre hiérarchie vont avoir des conséquences.

Tout étudiant désireux de devenir PE mais ne pouvant se permettre financièrement d’attendre un BAC+5 pour toucher un salaire choisira l’option des 4 jours de formation en accéléré et la contractualisation. D’autant plus que la pression est tellement forte sur les stagiaires PE que certains démissionnent avant même leur titularisation.

Si on est reconnu pleinement apte à assumer la responsabilité de l’enseignement à une classe entière, plus de 24h par semaine, avec la différenciation pédagogique et le bagage familial, social, psychologique et parfois médical de chaque élève à prendre en compte, avec les élèves à besoins éducatifs particuliers, les élèves en situation de handicap, les élèves relevant d’un PAP, d’un PPS, d’un PPRE ou d’un PAI, etc. après seulement 4 jours de formation, pourquoi avoir repoussé le concours à bac +5 ? Et pourquoi mettre à mi-temps en formation et mi-temps seulement devant élèves les professeurs des écoles stagiaires titulaires d’un Master non MEEF ? Il y a de quoi s’interroger…

Tout professeur lauréat d’un concours voit là une dévalorisation de sa professionnalité. Il suffit apparemment d’apprendre à préparer sa classe en maths et en français (en deux jours) pour avoir les reins solides en pédagogie, et ceci même en histoire-géographie, sciences, EPS, musique, arts plastiques, …

Après cela, comment voulez-vous que les PE ressentent la moindre critique pédagogique des IEN ? Comment voulez-vous que les PE adhèrent aux évaluations d’école quand ils sont dévalorisés, déconsidérés, mal payés ? Et comment appréhender l’annonce de grands débats démocratiques dans les écoles cet automne ? Il sera temps de se pencher sur « l’école du futur » quand l’école d’aujourd’hui sera soignée. Pour le SNALC, l’heure n’est plus au diagnostic à poser puisque la pathologie est connue. En cette rentrée 2022, les propos « rassurants » à doses homéopathiques masquent la réalité aux parents d’élèves mais ne guérissent pas de la dévalorisation de notre corps de métier.