Groupe de travail avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 5 février 2026
LE THÈME
Déploiement du brevet national des métiers d’art pour l’ensemble des spécialités.
L’ESSENTIEL
Données statistiques 2025 : le brevet des métiers d’art compte 25 spécialités, mais seules 17 sont actuellement proposées dans 77 EPLE.
À la rentrée 2026, quatre spécialités de BNMA seront effectivement ouvertes :
- Spécialité « maroquinerie de haute facture » création
- Spécialité ébéniste
- Spécialité horlogerie
- Spécialité bijouterie avec 3 options.
Les autres spécialités de BNMA devraient être déployées lors des rentrées scolaires 2027 et 2028, voire 2029. Le ministère conditionne ce calendrier à la publication des programmes biennaux des Commissions Paritaires Consultatives, elle-même suspendue à la parution au Journal Officiel du décret de création du BNMA et de l’arrêté fixant la grille horaire. Cette parution se fait attendre en raison des nombreux ministères signataires.
Avec la mise en place d’un BNMA en trois ans, le Ministère n’anticipe pas d’augmentation des effectifs d’élèves, mais souhaite ouvrir les métiers d’art à des élèves issus de la classe de 3ᵉ, leur permettant d’atteindre en trois ans un niveau de qualification équivalent à celui d’un baccalauréat professionnel.
Les CAP métiers d’art ne sont pas supprimés. Leur maintien et leur articulation avec le nouveau BNMA sont renvoyés aux décisions des professionnels des secteurs concernés et aux choix des Régions dans le cadre de la carte des formations.
L’affectation des élèves se fera au niveau national, sur dossier, selon des procédures déjà existantes pour certaines spécialités de baccalauréats professionnels, comme l’aéronautique (plateforme Avenir de l’Onisep et/ou Pass Pro dans les académies d’Île-de-France).
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Son opposition à la mise en place d’un parcours en trois ans se substituant au schéma CAP en deux ans suivi d’un BMA en deux ans, réforme qui produira les mêmes effets délétères sur les conditions de travail des enseignants, sur la qualité de la formation et, à terme, sur l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés.
L’inquiétude des PLP, dans l’attente du déploiement du BNMA pour leur spécialité, et la crainte de suppression de postes bien légitime puisque le ministère n’envisage pas d’augmenter les effectifs élèves.
L’affectation des élèves sur dossier engendrera une charge de travail supplémentaire pour les professeurs principaux de 3ᵉ, dans un contexte de pénurie de PSYEN. Par ailleurs, les critères de sélection restent flous et la communication sur l’orientation dans certaines spécialités de la voie professionnelle via la plateforme Avenir de l’Onisep tend à laisser penser aux élèves que leur seul intérêt pour une spécialité suffit à déterminer l’admission.
L’AVIS DU SNALC
Le SNALC continuera à participer aux instances et aux échanges avec le Ministère afin de porter la voix et l’expertise des enseignants, tant sur le plan pédagogique que sur leur connaissance fine des réalités des métiers et des attentes des entreprises. Toutefois, cette audience a été particulièrement décevante. Les renvois systématiques vers les CPC, dont les enseignants sont exclus, ou vers les décisions des Régions, illustrent une nouvelle fois que pour le Ministère la qualité de la formation des jeunes mineurs et les conditions de travail des personnels passent au second plan. Le SNALC ne désarme pas et appelle les personnels à se mobiliser en signant la pétition « Sauvons le Brevet des Métiers d’Art ! ».





