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Assemblée nationale –  Table ronde sur la rentrée scolaire

État des lieux de la rentrée 2022 dans le premier degré et le second degré.

Jean-Rémi Girard, président du SNALC, syndicat de l’école au supérieur,  intervient dans la commission des affaires culturelles le 14 septembre 2022.

Première intervention

« Sur la rémunération notre analyse depuis assez longtemps est qu’il y a une perte très forte de pouvoir d’achat, qui est le facteur premier du manque d’attractivité, et le facteur premier des difficultés à recruter. »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

Merci Madame la Présidente. Bonjour, Mesdames et Messieurs les députés. Alors exceptionnellement, cette intervention sera une à voix et non à deux, mais elle a été préparée par toute l’équipe premier degré, du SNALC syndicat représentatif de tous les personnels de l’Éducation nationale.

Vous comprendrez, je ne vais pas revenir sur un tas d’éléments de constats qui ont déjà été faits et que nous partageons, comme disait mon collègue de la CGT. L’ensemble des organisations représentatives à l’Éducation nationale partage très largement beaucoup d’éléments de constats. C’est un signe d’alerte fort parce que nous préférons quand on n’est pas d’accord parce que ça veut dire que l’essentiel va bien. Quand on n’est pas d’accord, c’est qu’a priori c’est grave, donc il faut vraiment prendre la mesure du problème.

Vous l’aurez compris : la rémunération, les conditions de travail, la mobilité, l’école inclusive font partie des gros sujets du premier degré.

Sur la rémunération notre analyse depuis assez longtemps est qu’il y a une perte très forte de pouvoir d’achat, qui est le facteur premier du manque d’attractivité, et le facteur premier des difficultés à recruter. Quand nous disons ça au SNALC, ça ne veut pas dire que nous disons que c’est le seul facteur, mais nous disons – nous avons interrogé nos adhérents à ce sujet — que c’est le premier. En gros, revaloriser ou plutôt comme nous disons rattraper parce qu’il s’agit d’un rattrapage salarial, c’est nécessaire, ce n’est peut-être pas suffisant, il faut peut-être faire d’autres choses en plus, on est d’accord, mais si on ne le fait pas et si on ne le fait pas bien, le reste sera purement décoratif.

Pour donner quelques éléments de constat sur ce sujet, nous n’allons pas forcément chercher des comparaisons internationales très loin parce qu’on sait que c’est très compliqué de comparer les systèmes scolaires d’un pays à l’autre. Nous nous faisons déjà des comparaisons à l’intérieur de notre propre pays et nous savons que beaucoup de fonctions publiques d’État, compensaient depuis assez longtemps le gel du point d’indice par une politique indemnitaire, avec une hausse des primes fixes, c’est-à-dire pour tous qui peuvent aller dans certains cas jusqu’à 50% de la rémunération des cadres de la fonction publique. On rappelle, que les professeurs des écoles dans la fonction publique sont des agents de catégorie A, la catégorie la plus haute avec, ça a été dit, un concours à bac plus 5, on ne fait pas beaucoup plus haut non plus. Beaucoup de catégories A ne sont pas à bac plus 5 et les professeurs des écoles, eux, ont un régime indemnitaire fixe qui vaut avec la prime informatique qui a été créée récemment, je rappelle la prime informatique 150€ nette par an, donc à peu près 12,50€ par mois, on est entre 3 et 4% de la rémunération pour le régime indemnitaire fixe des professeurs des écoles. Donc on se rend bien compte qu’il y a effectivement quelque chose qui s’est creusé et qui s’est creusé aussi par rapport à la moyenne de la fonction publique d’État. On est sur des différentiels qui sont de 900 à 1000€ par mois, avec la moyenne des rémunérations des catégories A dans la fonction publique d’État. Donc, quand on parle du manque d’attractivité, je crois qu’il faut se rendre compte de cela, c’est-à-dire qu’il y a d’autres possibilités qui sont ouvertes, que le métier de professeur aujourd’hui, qui demandent parfois moins d’études qui sont mieux payés et où les conditions de travail sont, on va quand même se le dire, moins difficiles. Donc, partant de là, il ne faut pas s’étonner qu’on soit dans une crise qui commence à durer et qui attaque de plus en plus le premier degré car jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le premier degré pouvait sembler assez préservé. On arrivait à remplir les postes au concours. Ensuite on a vu qu’à Versailles et à Créteil, on n’y arrivait plus. Mais là on tire quand même fortement la sonnette d’alarme, cette année, Versailles et Créteil qui sont soit dans des difficultés – Paris non plus n’a pas rempli – soit à la limite. Plusieurs académies ont rempli tout juste les postes au concours.

Donc il faut bien voir qu’il y a quand même une chance non négligeable que ça dure et que ça s’aggrave. Donc voilà, je voulais quand même attirer votre attention. Nous au SNALC, là-dessus on peut vous dire rattrapage salarial, mais on pense que les mesures qui ont pu être prises, alors je ne parle pas même de leur qualification médiatique d’historique, quand les collègues regardent leur feuille de paye, le côté historique leur échappe parfois. Nous pensons qu’il faut quelque chose qui soit gravé sur plusieurs années, ce qu’on appelle une loi de programmation pluriannuelle mais ça, vous connaissez ça normalement, beaucoup mieux que moi, c’est-à-dire qu’à un moment, pour que des gens s’engagent dans les études qui mènent à la carrière, il faut qu’ils aient les perspectives et il faut qu’ils voient ces perspectives sur plusieurs années. Ce que l’on fait depuis quelques années, pas cette année, qui est une année blanche, c’est, qu’on discute d’une enveloppe fermée qui est très clairement insuffisante et on essaie de voir comment on la répartit et globalement. On la répartit essentiellement sur les tout débuts de carrière pour faire des annonces médiatiques, en disant “Regardez, ils ont pu gagner jusqu’à tant de plus !” mais le temps de plus, c’est en fait 3 ans d’une carrière qui dure 43 ans. Donc il faut pour nous, c’est une demande très forte, on n’est pas les seuls à la porter d’ailleurs ici, c’est effectivement qu’on puisse arriver à une loi de programmation pluriannuelle sur les salaires des enseignants, si on ne fait pas ça, on ne voit pas très bien comment on va améliorer le reste.

Un mot parce que c’est très important, c’est celui qui a été beaucoup employé par mes collègues sur l’école inclusive. C’est un sujet dont nous parlent à peu près tous les professeurs des écoles que nous rencontrons. C’est beaucoup plus présent d’ailleurs dans le discours et dans les difficultés des professeurs des écoles que tout à l’heure, on en reparlera dans le 2nd degré. C’est beaucoup plus présent à l’école primaire pour des raisons très simples, c’est là où l’école inclusive est la plus développée, d’une part, et que deuxièmement, à l’école primaire, vous n’avez pas de personnel ressources autour de vous, vous êtes tout seul dans votre salle. Le directeur, la directrice, est souvent d’ailleurs en train de faire cours dans les plus petites et moyennes structures. Vous avez éventuellement des AESH sur place ou pas, et c’est tout ça, la gestion de l’école inclusive, effectivement, il va falloir nous, c’est une demande très forte, là aussi qu’on a au SNALC, c’est qu’à un moment on réunisse tous les acteurs de l’école inclusive autour de la même table, à intervalles réguliers. Que nous, syndicats de l’Éducation nationale, puissions parler avec les MDPH, puissions parler avec les associations de parents d’enfants handicapés, qu’on puisse essayer de voir ce qui se passe bien ou ce qui se passe mal, pourquoi il y a des augmentations incroyables dans certains départements des notifications et pas dans d’autres ? Pourquoi nous, on n’a pas les AESH à mettre en face ? Pourquoi on se retrouve avec des AESH de plus en plus mutualisés et de moins en moins individualisés, c’est-à-dire que les AESH, aujourd’hui ultra majoritairement, soit s’occupent de plusieurs enfants en même temps, soit changent d’enfants pendant la semaine et parfois changent d’enfant d’une semaine sur l’autre. Donc autant vous dire que la continuité de l’accompagnement est elle aussi très fortement mise à mal. Je ne reviens pas sur les salaires des AESH, je crois que tout le monde autour dans cette salle est au courant.

Un petit mot sur un certain nombre de points d’actualité.

Nous, on aimerait qu’on arrête la blabla-tologie, voilà, c’est comme ça qu’on dit au SNALC, c’est la blabla-tologie, on fait des états généraux de ceci, des conférences sur le métier d’enseignant de cela, alors là on nous fait un CNR, on nous fait des concertations dans chaque école, collège et lycée ; on a appris que c’était sur la base du volontariat, tant mieux, on va vérifier que ce sera vraiment sur la base du volontariat. Il faut arrêter la blabla-tologie. Les enquêtes de la DEP montrent que les professeurs des écoles travaillent en moyenne entre 40 à 50 h par semaine. Si vous leur rajoutez des réunions aux réunions aux réunions, ils vont vraiment craquer donc il faut là aussi se calmer là-dessus.

Un dernier mot sur les rémunérations puisque je n’ai pas abordé ce point qui est un point qui, comme m’a dit mon collègue de Force Ouvrière, je crois fait beaucoup réagir.

La notion de rattrapage salarial dans la tête de tout le monde est évidemment sans contrepartie, c’est-à-dire qu’on considère que le métier s’est dégradé dans son salaire et en plus, dans ses conditions de travail. Ce n’est pas en disant « on va vous rémunérer pour des missions supplémentaires qu’on va vérifier », qu’on va arranger quoi que ce soit, « la notion de pacte » puisque le terme a été employé est rejetée ultra massivement dans les salles des maîtres quand il existe une salle des maîtres dans l’école, le SNALC fait cadeau des 45 secondes restantes à l’Assemblée.

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Deuxième intervention

« Le passage du concours du M1 au M2, c'était probablement l'idée la plus idiote qu'on a jamais eue. C'est d'ailleurs l'une des raisons des 4000 postes non pourvus cette année, c'est une conséquence technique, ... »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

Alors j’essaye de faire un peu tout à la volée.

Le passage du concours du M1 au M2, c’était probablement l’idée la plus idiote qu’on a jamais eue. C’est d’ailleurs l’une des raisons des 4000 postes non pourvus cette année, c’est une conséquence technique, une des parties des postes non pourvus, c’est une conséquence technique de ce passage. Ça fait rentrer les gens dans la carrière 1 an plus tard, donc ça rend le métier encore moins attractif ça peut les faire partir un an plus tard, de l’autre côté en plus. Rallonger la durée d’étude sans forcément fournir la source de rémunération qui va avec on sait que le travail étudiant ce n’est pas toujours évident, ça n’aide pas. 

L’état réel de l’école primaire, il y a eu des études très bien de la Depp sur le sujet. Le ministère est extrêmement efficace pour montrer que le système marche mal.

On le voit au niveau de la lecture, l’écriture, le calcul en CM 2. Iil y a eu des études tous les 5-10 ans qui sont faites sur exactement les mêmes exercices, ça baisse dans toutes les catégories sociales. C’est aussi un point à signaler. Il n’y a pas une raison unique à ça. Néanmoins, la taille des classes, ça n’aide pas, c’est très clair. Les questions qu’on a posées sur l’inclusion et le fait que le prof des écoles se démultiplie pour faire 3 milliards de choses à la fois et à ne pas pouvoir gérer, nous, on s’est très bien retrouvé dans ce qu’a dit Madame la députée sur l’expérience d’une collègue de maternelle. Ça n’aide pas non plus. Ensuite, on peut parler de ça dans les instituts de formation. Il y a parfois des choses bizarres aussi. On est d’accord là-dessus. Néanmoins, pour nous, ce n’est pas la priorité concernant le budget de l’État, on peut le faire en valeur absolue et il augmente ; on peut le faire en part du PIB et il diminue sur l’investissement dans l’éducation. Ensuite, on est tout à fait d’accord pour couper du budget tous les trucs sur les états généraux de machin, l’organisation de la grande conférence de truc, le fait d’utiliser des cabinets de conseil qu’on paye pour ne faire rien à l’arrivée, je pense qu’on peut investir cet argent beaucoup mieux.

La priorité absolue est un rattrapage salarial sans contrepartie pour tous les personnels, pas seulement ceux en début de carrière. Si on ne fait pas ça, on ne fait rien.

L’accompagnement du handicap, nous, dans leur état actuel, on préférerait effectivement qu’on supprime les PIAL parce que c’est une catastrophe, ça ne marche pas du tout dans beaucoup d’endroits. On n’arrive pas à trouver de coordonnateurs pour ces PIAL parce que c’est payé au lance-pierre pour une mission qui est énorme, c’est entre 600 € et 1200€ par an la prime, c’est incroyable pour gérer tout ça. Vous avez entendu notre demande sur l’école inclusive et aussi sur un statut “fonction publique” pour les AESH. On a 132 000 AESH, je crois, au dernier compte, c’est un métier pérenne, c’est un métier qui n’est pas un métier étudiant, c’est la fonction publique, ce n’est pas normal qu’un métier comme ça ne soit que dans la contractualisation, ce n’est pas ça la fonction publique. La fonction publique c’est le statut et ce n’est pas là contractualisation au départ.

Sur les mutations, je ne vais pas vous refaire le système en une minute 55. Néanmoins il faut faire très attention aux postes à profil qui bloquent encore plus le système de mutation et qui demandent en plus de s’intéresser de plus en plus à ce qui se passe partout pour essayer de trouver le bon poste. Faire attention aussi aux fausses bonnes idées de départ en disant il y a des gens qui sont à un endroit, ils enseigneraient bien même en tant que remplaçant, oui il y a des gens qui sont à Créteil et qui aimeraient bien aller là-bas aussi et qui sont coincés à Créteil. Donc il faut faire très attention, c’est vraiment une mécanique très subtile les mutations.

Il y a des choses qui échappent à l’Éducation nationale, un territoire n’est pas attractif, il n’est pas attractif, effectivement, il n’y a pas que l’école qui va régler le problème d’attractivité. Le sport à l’école, je n’y reviens pas, dans la plupart des écoles, c’est juste du blabla pour 30 Min, c’est extrêmement décoratif de l’avoir dit.

L’expérimentation Marseillaise, c’est très important. On a annoncé des choses qui ne sont pas, ce qui a été mis en place puisqu’il n’y a pas effectivement le recrutement par le directeur et heureusement. De toute façon, cette expérimentation n’est pas évaluée donc je ne sais pas comment on peut la généraliser alors qu’on ne sait même pas ce qu’elle donne. Les retours qu’on a, c’est que les 2 choses qui ont intéressé les collègues, c’est qu’on rénove leurs locaux et là, l’État a quand même été obligé de donner de l’argent alors que c’est de la responsabilité de la collectivité locale. Ça, vous vous imaginez bien qu’on ne généralisera pas partout et 2 qu’ils aient de l’argent pour des choses que souvent, en fait, ils faisaient déjà pour faire des projets. C’est pour ça que nous, le fond d’innovation de 500 millions, on pense qu’une décision intelligente sur le plan budgétaire serait de le prendre et de le mettre dans la revalorisation des enseignants. Ça permettrait peut-être de l’augmenter.

Pour les écoles rurales, on pense que pour certaines écoles isolées, on devrait pouvoir les faire rentrer dans les dispositifs REP et REP+, même si elles n’appartiennent pas à un réseau.

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Troisième intervention

« ...il n'y a toujours pas d'ailleurs aujourd'hui, un professeur devant chaque classe, il n'y aura probablement jamais un professeur devant chaque classe au cours de l'ensemble de l'année scolaire »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

Oui, merci Madame la Présidente. Bonjour ou re-bonjour, Mesdames et Messieurs les députés, je vais commencer par vous dire merci, Mesdames et Messieurs les députés, je voulais, au nom du SNALC, vous remercier puisqu’il y a quelques mois et de manière assez transpartisane, vous avez voté la possibilité du contrat à durée indéterminée du CDI pour les assistants d’éducation. C’était l’une de nos revendications pour ces personnels qui était très attendue puisque ce sont des personnels qui sont de moins en moins des étudiants et de plus en plus effectivement, des personnes pour qui ça devient un vrai métier pérenne et qui, au bout de 6 ans, n’avaient plus rien. Donc il y a des difficultés de mise en œuvre, on vous tiendra au courant évidemment parce qu’il y a toujours des difficultés de mise en œuvre quand on met en œuvre une loi aussi importante et en plus dans un laps de temps aussi court. Je tenais à vous remercier parce que c’était quelque chose que nous demandions depuis longtemps et nous sommes très heureux que la représentation nationale ait pu contribuer enfin et pu l’obtenir d’elle-même. Comme quoi, parfois aussi, les sujets éducatifs peuvent être des sujets qui rassemblent et nous, on souhaite que ça puisse être le cas sur d’autres dossiers.

Un point assez rapide sur la rentrée, pour ceux qui étaient là les 2h précédentes, je vous rassure, je ne vais pas vous redire les mêmes choses, ne vous inquiétez pas.

Dans le 2nd degré, effectivement, il n’y avait pas un professeur devant chaque classe. Très clairement, il n’y a toujours pas d’ailleurs aujourd’hui, un professeur devant chaque classe, il n’y aura probablement jamais un professeur devant chaque classe au cours de l’ensemble de l’année scolaire. Ce n’est pas spécifique à cette année, ça aurait pu être beaucoup plus grave, s’il n’y avait pas eu ce recrutement ultra-massif de contractuels dans des temps très courts, contractuels, dont certains sont déjà repartis d’ailleurs.

On va avoir des difficultés sans aucun doute tout au long de l’année pour certaines disciplines comme l’écogestion, la technologie ; ça s’aggrave.

Un point, justement, puisque les contractuels enseignants dans le 2nd degré, c’est quelque chose qui est beaucoup plus ancien, si je puis dire, que dans le premier degré où ça n’existait pas, il y a 10 ans. On en est quand même sur des académies comme Versailles et Créteil, donc vous connaissez le manque d’attractivité, à 10% de professeurs contractuels, c’est-à-dire qu’en moyenne, un enfant sur 10 a un professeur contractuel dans la classe dans laquelle il est, c’est une moyenne, mais il y a des endroits où il a quand même des chances d’en avoir plus.

Ça ne veut pas dire que les contractuels font forcément du mauvais travail, ce n’est pas le cas des contractuels qui sont là depuis longtemps, mais ça veut dire que des gens qui sont balancés à temps plein après 4 jours de formation ont quand même beaucoup de chance d’avoir des difficultés très importantes et que ça se ressente évidemment sur les conditions d’apprentissage. Un petit point sur le manque d’attractivité de nos métiers, qui concernent évidemment aussi le 2nd degré. Je ne reviens pas sur les salaires mais je vais revenir puisque là c’est une question plus spécifique 2nd degré sur une dégradation qui a eu lieu en termes de conditions, avec cette question des heures supplémentaires. On tient quand même à rappeler à la représentation nationale que nous sommes dans une profession où ,l’heure supplémentaire est très vite moins payée que l’heure poste, contrairement à ce qui peut se passer dans le privé, nous perdons de l’argent à faire des heures supplémentaires, c’est très étrange, mais c’est très mal payé. Sous le quinquennat précédent, il a été acté, contre l’avis de l’ensemble des organisations représentatives, que l’on puisse imposer 2h supplémentaires aux enseignants du 2nd degré contre une précédemment, ce qui contribue, à dégrader les conditions de travail des personnels qui ne souhaitent pas spécialement les faire. Il faut rappeler aussi que dans cette idée qu’on va demander des choses en plus, que ce soit des missions ou des heures SUP, ça crée des inégalités au sein même de nos professions et des personnes qui les exercent. Toutes les personnes en temps partiel normalement ne font pas d’heure SUP, même si maintenant, on peut faire des heures SUP en étant en temps partiel, ce qui devient complètement délirant sur le principe même du temps partiel.

Certains collègues, par exemple les professeurs documentalistes, les CPE, ne peuvent tout simplement pas faire d’heures supplémentaires. Toutes les statistiques sont disponibles là-dessus, les heures supplémentaires, c’est plus les hommes que les femmes, et cetera. Vous connaissez sans aucun doute tout ça.

Je voulais faire maintenant un point stagiaire. Que ce soit premier ou 2nd degré, même combat. Les stagiaires démissionnent de plus en plus avant d’avoir fini leur année de stage. Il faut aussi que vous le sachiez, c’est quelque chose de très préoccupant. Les derniers chiffres qu’on a du bilan social, c’est l’année 2020-2021, il y a plus de 3% des stagiaires qui ont démissionné ; en 2008, il y en avait moins de 1% pour vous donner une comparaison. C’est très inquiétant, c’est parfois bien d’avoir des points de divergence, là on en a un. Nous, on trouve que c’est une catastrophe que des stagiaires soient à 100%. Pour nous, tous les stagiaires devraient être au plus à mi-temps parce que pour nous, l’année de stage est une année de formation et d’apprentissage du métier. Elle ne peut pas se faire avec un temps complet devant les classes. Que l’on ait un master MEF ou que l’on n’ait pas un master MEF. À notre sens, il ne devrait pas y avoir de distinction entre stagiaires, ce qui n’était pas le cas avant la réforme de la place du concours, où tous les stagiaires étaient à mi-temps, et nous demandons que cela redevienne la norme.

Je vais ensuite vous parler de la réforme du lycée général et technologique, un peu de la voie pro et évidemment aussi du collège. 

Sur la réforme du lycée, comme vous avez dit Madame la Présidente, ajustable dans la durée, on ne l’a pas vu très ajustée jusqu’à présent ou vraiment sur des marges très marginales. Le SNALC qui a fait partie longtemps du comité de suivi, de la réforme du lycée général et technologique, on a constaté qu’on a passé un an à changer le sigle E3C en sigle EC, c’était une grande avancée, je pense pour tout le monde, pour ensuite de manière très unilatérale, supprimer ces épreuves en cours d’année pour faire les 40% de contrôle continu. Ce que rejetait la grande majorité des professeurs du 2nd degré. Donc autant vous dire que sur la capacité à adapter cette réforme, on a été très échaudé ! On n’a jamais pu discuter de quelque chose qui est demandé pourtant très massivement par les collègues, c’est de trouver un moyen de conserver les 3 spécialités en terminale, d’une façon ou d’une autre, pas forcément au même horaire, ce qui a été fait pour les mathématiques, puisqu’on peut prendre des mathématiques à 3h, mais on ne peut pas le faire pour d’autres matières globalement. Donc on a quand même quelques doutes, sur cette capacité à écouter le terrain, y compris là encore récemment sur le fait de vouloir à tout prix maintenir les épreuves de spécialité en mars. L’année scolaire est coupée en deux de mars à juin, autant vous dire que ça va être très compliqué dans les lycées et que les taux d’absentéisme des élèves vont être importants.

Sur les mathématiques, le fait d’avoir réussi à inventer un enseignement optionnel de tronc commun nous laisse toujours sans voix. On ne sait pas comment on arrive même à vendre cette formule sans rire. Il nous semble que là en fait, il faut reprendre la structure de la réforme du lycée. On est allé trop loin dans le choix à la carte, je suis dans un lycée où il y a 30 triplettes et 30 doublettes pour moins de 900 élèves de voie générale.

Et je crois que là, on est allé très loin, il va peut-être falloir trouver un juste milieu entre l’ancien système à 3 séries et le système à 30 séries. On va peut-être trouver quelque chose au bout d’un moment. Il faudrait nous écouter là-dessus.

Sur la voie pro, je vais aller vite. Cela fait quand même depuis assez longtemps qu’on a des expressions intersyndicales, particulièrement avec le SNEP-FSU et la CGT, où nous avons des positions très convergentes. Donc je ne vais pas répéter ce qu’à dit Madame Girardin, puisqu’on se retrouve parfaitement là-dessus. On ne comprend pas très bien l’idée de : on va augmenter les périodes de formation de 50%, mais on ne va pas diminuer les horaires des disciplines générales. Enfin, à un moment, il y a quand même un truc qui va diminuer dans l’histoire, c’est quoi ? Qu’on nous le dise ! Et là aussi, ce genre de grandes annonces, alors qu’on n’a même pas commencé à discuter, nous, les organisations syndicales représentatives, ça nous laisse toujours très inquiet sur la notion même de dialogue social. C’est-à-dire comme toujours, on dialogue sur les détails, sur les marges, sur les petits trucs, mais finalement on a quand même l’impression que le projet est déjà ficelé, qu’il va nous être présenté, on va dire oui, on va dire non, on va dire Zut. Et à l’arrivée, de toute façon, comme il est déjà ficelé, il est déjà ficelé.

Un dernier mot sur le collège justement pour parler de projets sur lesquels on est dubitatif. Déjà, on réfute l’appellation maillon problématique que peut employer le ministre sur le Collège. Il me semble qu’il y a une crise générale du système éducatif, évidemment le Collège est concerné, mais il n’est pas un maillon plus problématique que les autres. Il y a des difficultés, à commencer par l’endroit où les élèves deviennent des adolescents. Mais il nous semble que quand on veut justifier une réforme du collège, c’est toujours un peu facile de dire, c’est le maillon problématique du système scolaire. On aimerait aussi qu’on se souvienne que, contrairement à ce qu’on nous dit, il y a eu une réforme structurelle du collège. Il y a 6 ans, c’était en 2016 donc ce n’est pas il y a si longtemps et donc arrêtez de nous dire ça fait longtemps qu’on n’y a pas touché, ce n’est pas parce qu’on n’y a pas touché sous le quinquennat précédent, qu’on n’y a pas touché depuis longtemps au collège. Et enfin, là aussi on a quand même un grand paradoxe avec d’un côté tout le discours sur les fondamentaux et de l’autre côté, la volonté de faire de la découverte du monde de l’entreprise dès la 5e, je rappelle que les élèves ont 12 à 13 ans en 5e. J’ai fait de la découverte professionnelle au collège, ça m’est arrivé. Je peux vous dire qu’on ne trouve personne pour venir dans les collèges, surtout ruraux. Et qu’en 5e on a autre chose à faire que d’aller faire de la découverte du monde de l’entreprise avec nos élèves, je vous remercie.

Quatrième intervention

« Sur le diplôme national du brevet, il illustre assez bien l'état des élèves en fin de collège, à partir du moment où on prend uniquement les résultats des épreuves écrites, moins de 50% des élèves auraient le brevet, si on ne comptabilisait que les épreuves terminales écrites du brevet. »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

Merci beaucoup, alors j’essaie de faire vite. 

Sur la formation continue, en plus de ce qui a été dit, signalons qu’il y a de plus en plus un risque, puisque c’est maintenant présent dans nos textes, que la formation continue se fasse de plus en plus hors de notre temps de service, c’est-à-dire le soir, le week-end, pendant les vacances scolaires. C’est une volonté très claire du gouvernement précédent très claire, très établie. On peut trouver ça effectivement intéressant pour éviter que les élèves n’aient pas une absence de professeurs qui seraient partis en formation, en termes de qualité de travail de la part des personnels, c’est une dégradation évidemment extrêmement notable. Ça ne va pas pousser à aller en formation continue, d’autant que la moitié des formations continues sont imposées en fait, parce que c’est la formation continue à la dernière réforme qui a été faite, ce qui fait que même si on a une formation continue qui nous intéresse, il peut arriver que de toute façon, notre supérieur hiérarchique nous la refuse pour nécessité de services. D’où le fait aussi, le développement des formations continues à distance. On doit suivre des parcours en cliquant, ça, c’est de la formation continue, ça s’appelle Magistère avec un @ à la place du à. 

Sur le diplôme national du brevet, il illustre assez bien l’état des élèves en fin de collège, à partir du moment où on prend uniquement les résultats des épreuves écrites, moins de 50% des élèves auraient le brevet, si on ne comptabilisait que les épreuves terminales écrites du brevet.

Sur un professeur devant chaque classe ? Non, mais je voudrais aussi préciser qu’il n’y a pas une classe devant chaque élève. Actuellement encore, puisqu’il y a des élèves qui sont toujours actuellement sans affectation. C’est beaucoup dans la voie professionnelle, c’est beaucoup dans la voie technologique. Je suis dans un lycée où l’on va ouvrir demain une classe, une 3ieme classe de première STMG. Surprise ! Parce qu’on a 138 élèves dans le département du 92 qui ont une orientation STMG et qui n’ont pas été affectées à la rentrée scolaire. Donc voilà, ça fait déjà 2 semaines de cours qu’ils ont perdu et d’ailleurs, on n’a pas le professeur d’écogestion pour aller avec. 

Sur la voie professionnelle, je ne reprends pas tout, on se rejoint assez fortement. Je voudrais préciser l’expression qu’a employée mon collègue de Force Ouvrière sur le fait qu’il était opposé à la mixité des publics, qu’on soit bien d’accord, ce n’est pas ce que vous entendez par mixité, probablement ici. Nous, on parle plutôt du mixage des publics, c’est-à-dire les scolaires, les apprentis et la formation continue qu’on regroupe dans la même classe avec le même prof, alors qu’ils n’ont ni les mêmes horaires, ni les mêmes programmes d’ailleurs parfois, ni les mêmes moments de période de stage. Et c’est le professeur de lycée professionnel qui doit faire cours à tout ça, avec, un groupe classe qui change parfois d’heure en heure, pour le même prix bien entendu, puisque l’administration nous a dit qu’une heure de cours, c’était 1h de cours et donc que c’était payé 1h de cours.

Mon collègue de la FSU m’a volé ma remarque sur les commissions professionnelles consultatives, qui étaient l’endroit où justement, les représentants des personnels, discutaient avec le monde de l’entreprise et où l’on a supprimé les représentants des personnels, ce qui fait qu’on ne discute plus avec le monde de l’entreprise.

Sur la découverte du monde professionnel en 5e, malheureusement, la députée CALVEZ est partie, mais on voudrait quand même savoir sur quelle discipline on va prendre les horaires pour faire ça, parce qu’on ne pense pas un seul instant qu’on va rajouter des heures au collège. Donc si on s’amuse à faire de la découverte du monde professionnel dès la 5e, est-ce que c’est moins de français ? Est-ce que c’est moins de maths ? Est-ce que c’est moins d’éducation physique et sportive ? Est-ce que c’est l’autonomie de l’établissement qui va choisir quelle discipline perd des horaires ?

Les AESH, on en a beaucoup parlé ce matin en première heure, donc nous, on rappelle, notre volonté de mettre tous les acteurs de l’école inclusive autour de la table, on en a absolument besoin. On est évidemment très opposé au recours à des AESH privés.

Sur les questions sur l’école sanctuaire, asile inviolable et cetera, malheureusement, j’allais dire, il a fallu qu’il y ait Samuel Paty pour qu’on commence à généraliser le fait d’accorder la protection fonctionnelle aux enseignants, aux CPE, aux assistants d’éducation et au chef d’établissement, ce qui n’était pas du tout la norme. Nous, on demande une automaticité de la protection fonctionnelle. Ça se pratique dans la police, par exemple.

La médecine du travail, je ne peux pas vous en parler, il n’y en a plus.

Les 2h de sport, c’est assez décoratif comme la demi-heure à l’école primaire.

On a besoin de personnels autour des enseignants et des vies scolaires comme les personnels infirmiers, les personnels et services sociaux, notamment sur les questions de harcèlement.

Je rappelle, on dit une assistante sociale parce qu’on a du mal à trouver un homme qui exerce ce métier, il y en a quelques-uns, mais il y en a très peu. Les personnels des services sociaux sont à peu près les seuls qui peuvent faire des choses très contraignantes et mettre en branle tout un processus pour aller voir ce qui se passe parfois dans la famille, personne d’autre ne peut faire ça à part les personnels des services sociaux. Et si on n’a pas de personnel des services sociaux ou s’il est là une demi-journée par semaine comme ça, dans un bureau, au fond, effectivement, on n’arrive pas à lutter efficacement contre certaines problématiques qui créent aussi parfois les situations de harcèlement. J’ai dépassé de 5 secondes, désolé.