Groupe de travail avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 28 janvier 2026
LE THÈME
Cette consultation s’inscrit dans le cadre de l’agenda social du ministère qui affirme une volonté d’améliorer le remplacement des enseignants absents dans le 1er degré.
L’ESSENTIEL
Le Ministère souhaite améliorer le taux de remplacement avec un taux de 95% de remplacement effectif visé d’ici un à deux ans. Pour ce faire, le Ministère souhaite la création d’un vivier unique de remplaçants dans chaque département, afin d’éviter la segmentation, qu’elle soit géographique ou par spécialité (REP+, ASH). La zone de remplacement deviendrait donc départementale pour tous, tout en maintenant un rattachement administratif à une école. Le type de gestion du vivier sera arrêté localement (gestion en circonscription, mixte ou au niveau de la DSDEN).
Malgré la déspécialisation des postes de remplaçants, le Ministère indique vouloir continuer à solliciter les remplaçants en fonction de leur expertise et en fonction du contexte éducatif.
À cet effet, un nouveau logiciel – encore sans dénomination précise – sera déployé dans les DSDEN entre mars 2026 (Toulouse et La Réunion) et 2028, dans l’objectif d’améliorer la continuité pédagogique. Il s’agira d’un portail unique qui intègrera à la fois les absences et le remplacement.
Les services chargés du remplacement pourront effectuer des tris ou des filtres afin d’identifier le remplaçant le plus à même d’assurer une suppléance (distance, spécialités, expertise…).
Ce système permettrait également, à terme, d’automatiser le versement des IJSSR et des autres indemnités.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Le fait que le remplacement devient de plus en plus défaillant, du fait du manque de postes de remplaçants.
Cela perturbe gravement le fonctionnement des écoles. Les élèves sont les premiers à en subir les conséquences. Les adjoints, eux, doivent trop souvent compenser les absences de leurs collègues, accueillant parfois plus de 15 élèves supplémentaires dans des classes déjà surchargées. Quant aux directeurs d’école, ils se retrouvent systématiquement confrontés à des familles excédées par les conditions d’accueil et d’apprentissage de leurs enfants en l’absence de leur enseignant. Ceux qui exercent dans des écoles de 1 à 3 classes peinent également à bénéficier effectivement de leur temps de décharge.
La nécessité de considérer l’ouverture de postes supplémentaires de remplaçants comme étant une piste essentielle d’amélioration du système.
La difficulté du métier de professeur remplaçant qui est devenu extrêmement exigeant et éprouvant.
L’inquiétude grandissante des PE remplaçants avec la déspécialisation des postes (REP+, ASH) qui s’étend et entraîne des répercussions significatives sur la qualité de vie professionnelle et l’équilibre financier des enseignants qui avaient choisi de postuler pour occuper spécifiquement ces postes.
La perte d’attractivité à venir des postes de remplaçants. Si les PE ne trouvent plus d’avantages à les occuper, la mobilité sur ces postes augmentera fortement, ce qui serait regrettable pour tous. Il en résulterait une perte de compétences et d’expertise.
Les nouveaux collègues risquent d’être affectés sur vœu MOB, souvent en début de carrière et contre leur volonté, alors même qu’il s’agit de postes difficiles, nécessitant une grande capacité d’adaptation, tant professionnelle que personnelle.
L’absence de données permettant d’évaluer l’efficacité des différents niveaux de gestion du remplacement, alors même que des départements ont déjà expérimenté la gestion mixte ou en DSDEN.
Le manque de dialogue social autour de la nouvelle application, malgré une mise en œuvre annoncée pour mars 2026.
L’AVIS DU SNALC
Le SNALC s’oppose fermement, depuis le début, à la déspécialisation et à la départementalisation du remplacement. Les conditions de travail des PE concernés ainsi que la continuité pédagogique s’en trouvent dégradés.
Il est impératif de recréer des postes de remplaçants sur l’ensemble du territoire.





