Audience du SNALC par le Ministère
Compte rendu du SNALC du 27 janvier 2026
Pour le Ministère de l’Éducation nationale : Madame Anne PADIER-SAVOUROUX, conseillère en charge de l’école inclusive, de la santé psychique et physique et du sport, et Madame Marjorie KOUBI, conseillère en charge du dialogue social et des ressources humaines
Pour le SNALC : Jean-Rémi GIRARD, président national, et Danielle ARNAUD, secrétaire nationale chargée des personnels contractuels
LE THÈME
Telle la pétition qui a déjà recueilli plus de 100 000 signatures, cette audience relève des actions menées dans le cadre de la grande campagne de mobilisation initiée par l’Intersyndicale AESH, dont le SNALC, au printemps 2025. Ces actions sont appelées à se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un statut de la fonction publique pour les AESH.
Préalablement à cette rencontre, un argumentaire sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH a été envoyé au ministre de l’Éducation nationale.
L’ESSENTIEL
Les AESH réalisent leurs missions pérennes avec le plus grand professionnalisme, exercent un métier devenu une profession à part entière et représentent un maillon essentiel de l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap (ESH).
Le fait qu’elles et ils soient indispensables dans l’école inclusive ne fait plus débat. Pourtant, les quelque 140 000 AESH sont toujours dans une très grande précarité.
Le SNALC demande solennellement la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.
Le ministre de l’Éducation nationale est ouvert au lancement de rencontres avec les organisations syndicales représentatives, dont le SNALC, portant sur les modalités d’un éventuel statut de fonctionnaire pour les AESH.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- Leur poids dans l’Éducation nationale : un agent sur dix est AESH, ce qui fait des AESH le deuxième métier en termes d’effectifs de notre ministère ;
- Leur rôle dans l’institution qui n’est plus à prouver : sans AESH, pas de compensation pour les ESH et par conséquent pas d’inclusion ;
- L’absence d’un statut de fonctionnaire : alors qu’elles et ils occupent des emplois permanents, qui par définition doivent être occupés par des fonctionnaires, les AESH en CDD ou CDI sont privés des droits attachés à la titularisation (dont la retraite) et d’une véritable carrière avec des perspectives d’évolution professionnelle, sans omettre l’absence d’une pleine reconnaissance d’un métier à part entière ;
- Les temps incomplets (ou temps partiels subis) qui entraînent de facto une paie incomplète : le SNALC défend un temps complet sur la base d’un accompagnement élève de 24 heures hebdomadaires ;
- L’indigence de leur rémunération, conséquence du point précédent : moins de 1000 € net par mois pour la majorité des AESH, ce qui contraint la plupart d’entre eux à avoir un deuxième, voire un troisième emploi pour arriver à un salaire leur permettant de vivre de leur travail ;
- Le refus de missions complémentaires (administratives, de surveillance…) qui ne relèvent pas des activités regroupant les différentes formes d’aide apportées par les AESH aux élèves en situation de handicap définies par la circulaire 2017-084 du 3 mai 2017 ;
- Le fait que les AESH n’ont pas à prendre en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) en dehors des ESH ;
- Les conditions d’exercice de leurs missions : droits (congés, absences, formation…) trop souvent bafoués, peur du licenciement ou du non-renouvellement, charge de travail toujours plus intense, modifications récurrentes de l’emploi du temps et/ou de leur(s) lieu(x) d’exercice avec les PIAL ou les PAS ;
- La perte de sens de leur fonction avec l’explosion des accompagnements mutualisés au détriment des accompagnements individualisés, et en l’occurrence l’augmentation du nombre d’ESH à accompagner simultanément, avec souvent autant de situations de handicap différentes ;
- L’absence ou la quasi-absence de formation alors que les AESH accompagnent des élèves avec des handicaps de plus en plus lourds ;
- La complexité des relations avec l’autorité hiérarchique ou/et fonctionnelle : entre silence et mépris de la part de l’administration, les AESH doivent savoir s’adapter pour continuer à remplir leur rôle, mais de plus en plus abandonnent ou craquent carrément, comme en atteste la multiplication des démissions, des demandes de rupture conventionnelle, des congés de grave maladie, des temps partiels thérapeutiques… ;
- Le manque d’attractivité du métier : mais comment pourrait-il en être autrement compte tenu des points précédemment recensés ? Les candidatures seront-elles suffisantes pour pourvoir les 1700 emplois d’AESH (1200 équivalents temps plein du projet de loi de finances pour 2026 déposé à l’automne + 500 supplémentaires avec autorisation de dépense supplémentaire) prévus à la rentrée de septembre 2026 ?
L’AVIS DU SNALC
Même si la liste des dysfonctionnements et des arguments en faveur d’un statut de la fonction publique s’avère si longue qu’elle ne peut être exhaustive, elle est largement suffisante pour démontrer qu’il est urgent d’agir : la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH est absolument incontournable !
La titularisation donnerait enfin aux AESH une protection, une carrière (rémunération, avancement, droits à la retraite…) et une formation statutaire à la hauteur de leur utilité dans l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap.
La dernière proposition de loi visant à créer un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH a été rejetée par le Sénat le mercredi 7 janvier 2026, mais lors des débats, Édouard Geffray a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’excluait pas la fonctionnarisation à terme d’une partie des AESH.
Cette volonté de notre ministre nous a été réitérée lors de cette audience et des groupes de travail ministériels sur la création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH devraient se tenir très prochainement.
Le SNALC a bien conscience que ce chantier est colossal, mais toutes les actions menées en faveur d’un statut de la fonction publique pour les AESH finissent aujourd’hui par porter leurs fruits et nous ne pouvons que nous en réjouir !





