Le décret et l’arrêté mettant fin à l’obligation des groupes de français et mathématique en 6è vont bientôt paraître. Or, les projets de textes soumis en amont aux organisations syndicales comportent une formulation qui a attiré l’attention du SNALC.
Ainsi, alors que les groupes ne sont plus obligatoires, il est néanmoins prévu que les recteurs d’académie puissent octroyer des moyens supplémentaires à certains établissements « afin de mettre en place des mesures spécifiques d’accompagnement des élèves ». La formule est floue. Et quand c’est flou… Une instruction ministérielle du 17 décembre destinée à « accompagner les collèges les plus exposés à la difficulté scolaire » est venue éclairer la motivation de cette formulation dans un sens qui ne convient pas vraiment au SNALC.
Ainsi pour 15% des collèges (800 établissements) qui concentrent une part importante d’élèves en difficulté, les recteurs sont-ils invités à établir un « plan d’action pluriannuel » avec le « concours d’une équipe pluridisciplinaire » pour la rentrée 2026. Autrement dit, IPR, IEN, Conseillers pédagogiques et autres éminences grises sont appelés à la rescousse des chefs d’établissement dans le pilotage de leurs collèges. Sous la houlette de ces pilotes émérites, guidés par les conseils de ces missi dominici, les professeurs se réuniront lors de deux journées banalisées en 2026.
Encore du « temps d’enseignement perdu au collège » pour parodier le titre d’un récent rapport de la Cour des comptes par ailleurs beaucoup plus prompt à accabler les enseignants qu’à dénoncer ce type d’errements de l’institution ! Bâtir un plan triennal, définir des heures en effectifs réduits, en co-intervention, AP, « devoirs faits », voilà donc le fameux plan de bataille pour lutter contre la difficulté scolaire au collège ?
Comme il serait dommage de ne pas en profiter pour avancer la cause de l’autonomie des établissements, on se doute que l’allocation de moyens supplémentaires dépendra des projets construits par les équipes dans un cadre plutôt étroit, le tout assorti d’un pilotage et d’un management vertical hypocritement masqués par de bavardes concertations.
Le SNALC croit revivre la fabuleuse période de ‘Notre école faisons-la ensemble’, censée faire émerger des projets innovants au service des élèves, et qui restera comme un fabuleux coup d’épée dans l’eau n’en ayant même pas troublé la surface. Notre institution va encore s’enferrer dans une approche technocratique, encore oublier que les professeurs n’ont pas besoin de pilotes ni de guides pour faire du bon travail et encore ignorer les demandes des vrais acteurs du terrain. Bref, le Ministère va refaire les mêmes choses en espérant un résultat différent. Entêtement fâcheux que le SNALC aura à cœur de dénoncer.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1509 du 16 janvier 2026





