CSE du 16 mai : déclaration du SNALC

CSE du 16 mai : déclaration du SNALC

Publié le 17-05-2014

Déclaration du SNALC-FGAF
au CSE du 16 mai 2014




Monsieur le Ministre,

Valoriser, Inventer, Protéger : tels sont les trois mots d'ordre qui servent de guide à l'action du SNALC-FGAF dans sa défense de l’École de la République et de ses personnels. Dans un contexte socio-économique de plus en plus difficile, et alors que se confirme la crise des recrutements, nous ne pouvons rester les bras croisés à constater, impuissants, la dégradation de nos conditions de travail. Nous nous devons d'agir, de proposer, mais aussi de vous faire remonter la réalité du terrain.

Valoriser, cela signifie pour nous une nécessaire augmentation de notre rémunération. Cela passe notamment par la création d'une classe exceptionnelle pour tous les corps afin de prendre en compte l'allongement des carrières et par un salaire qui correspond à notre niveau de recrutement et de qualification, comme c'est le cas dans la plupart des pays voisins. Valoriser, c'est aussi reconnaître le travail fourni par les équipes enseignantes, par toutes les autres catégories de personnels, et, bien sûr, par les élèves. Le SNALC-FGAF est porteur d'une vision de l’École de la République positive, fondée sur une transmission des savoirs qui permet à chaque élève de s'affranchir de tout déterminisme social ou idéologique.

Inventer, cela signifie pour nous construire une École, un Collège, un Lycée et un Enseignement Supérieur qui permettent une véritable promotion sociale pour tous. Cela passe non par de simples déclarations de principes, mais par l'élaboration de projets concrets. C'est pourquoi le SNALC-FGAF, après avoir proposé un collège modulaire qui prend en compte la diversité des élèves, a conçu un projet de rénovation des trois voies du lycée qui en finit avec les accompagnements personnalisés qui ne le sont pas, avec le rognage sur les enseignements disciplinaires, avec l'échec causé par la réforme du bac pro 3 ans, et qui permet à chaque élève de suivre le parcours qui lui est le plus adapté.

Protéger, cela signifie pour nous défendre les personnels dans toutes les situations de conflits ou de crise qu'ils peuvent vivre dans leur quotidien. Les collègues ont besoin de soutien et non d'injonctions contradictoires, de confiance et non de défiance. Cela passe par la création d'une véritable médecine du travail, par la prise en compte des risques psychosociaux auxquels nous sommes soumis, par une formation de haut niveau, théorique ET pratique, qui permette aux jeunes collègues d'entrer dans le métier dans de bonnes conditions. L’État ne doit pas avoir peur de faire preuve d'autorité chaque fois que cela est nécessaire, y compris en soutenant les collègues dans leurs démarches judiciaires. Nous tirons notre autorité de la vôtre, Monsieur le Ministre, et chaque fois qu'un collègue est désavoué, que son autorité est bafouée, c'est l'Institution entière qui en est ébranlée. Et ce sont les élèves qui en sont les premières victimes, eux qui ne peuvent alors travailler dans un environnement propice à leur réussite.

Voilà nos valeurs, Monsieur le Ministre. Nous espérons que vous les partagez et que nous pourrons ainsi travailler ensemble à l'instauration d'une École véritablement républicaine, qui garantisse à tous une réelle égalité des chances.

Enfin, concernant le report de la date de pré-rentrée au 1er septembre, nous ne pouvons que nous en féliciter dans la mesure où, dès février dernier, nous avons appelé à faire grève le 29 août pour obtenir ce report. Pour autant, il n’est pour nous aussi pas question d’envisager un quelconque rattrapage de cette journée, la solution de tous ces problèmes de calendrier étant pour nous, nous l’avons déjà dit dans cette instance, la mise en place d’une année scolaire de 35 semaines.

Je vous remercie de votre attention.


François PORTZER
Président national du SNALC-FGAF