SEGPA : LE MAL ÊTRE

SEGPA : LE MAL ÊTRE

Lettre PLP




SEGPA :


LE MAL ÊTRE







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LE PLP 14 - février 2021
Par Céline Fonrouge
Académie de Normandie
plp@snalc.fr




Section d’enseignement souvent méconnue, la SEGPA est une structure qui accueille les jeunes de la 5ème à la 3ème présentant des difficultés scolaires importantes. Elle permet de revoir les bases de l’enseignement qui ont souvent été mal intégrées par les élèves. Pendant sa scolarité, le jeune sera amené à réaliser des stages en entreprise en 4ème et 3ème. Ces stages sont en lien avec un apprentissage professionnel dispensé par des enseignants de lycée professionnel dans des ateliers mis à disposition dans la structure. La plupart des élèves entrant dans cette structure avec de très grandes difficultés scolaires terminent bien souvent par trouver une orientation post 3ème en CAP.

Cependant depuis quelques années, la structure ne permet plus d’effectuer ce travail correctement. Plusieurs éléments entrent en compte. Depuis une dizaine d’année, le nombre d’élèves présentant de sévères handicaps cognitifs voir moteurs explosent et l’apprentissage des matières professionnelles (recherche de stages) comme générales s’en voit considérablement perturbés entraînant une inadaptation pour la suite d’études en CAP.

Les stages sont d’autant plus difficiles à trouver désormais que les élèves intègrent la SEGPA sans avoir un redoublement au primaire obligatoire. Ceci induit un âge moyen en 4ème de 13 ans. A cet âge les jeunes ne peuvent réaliser de période de formation en milieu professionnel, uniquement dans les administrations, stages très loin d’être en adéquation avec les enseignements professionnels dispensés (peinture, menuiserie, cuisine, entretien du linge et des locaux et autres).

De plus, l’enseignement professionnel n’est possible qu’avec l’aide d’une taxe d’apprentissage (TA) qui nous est généreusement donnée par les entreprises souvent locales annuellement. Chaque SEGPA fait elle-même sa campagne afin d’obtenir le plus de TA possibles dans le but de donner des moyens aux enseignements professionnels. Ceci entraîne de façon plus ou moins importante un enseignement différent dans chaque SEGPA, et surtout d’une année sur l’autre.

De plus, les opérateurs de compétences (OPCO) chargés de récolter les TA, ne transmettent pas la totalité des sommes versées par une entreprise pour une SEGPA désignée. Certaines SEGPA en sont arrivées à vendre des objets (non confectionnés par les élèves), à réaliser des tombolas ou autres actions dans le but de faire du profit pour faire simplement le travail demandé avec les élèves. Les enseignants ne peuvent faire cela tous les ans !

Comment faisons-nous pour gérer de plus en plus d’élèves MDPH avec de moins en moins de moyen ? Comment intéresser des élèves de moins de 16 ans aux différents métiers qui s’offrent à eux sans pouvoir leur proposer des visites d’entreprises (coûts excessifs des transports) ou des enseignements adaptés avec des TA très faibles. C’est à cet âge-là que l’élève est le plus sensible aux moyens mis à sa disposition pour l’intéresser dans une voie professionnelle particulière. Les SEGPA ont été mises en place pour éviter le décrochage scolaire d’élèves en difficultés et leur donner goût au travail manuel leur permettant ainsi de poursuivre leurs études après leurs 16 ans. Comment les intéresser si nous sommes obligés de réaliser un enseignement professionnel moins pratique car trop onéreux et de plus en plus de cours théoriques !

Le SNALC soutient les enseignants de SEGPA, ces structures qui se battent depuis trop longtemps seules.






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