QUAND VA-T-ON PRENDRE EN COMPTE L’AVIS DES PROFESSEURS DE LP ?

QUAND VA-T-ON PRENDRE EN COMPTE L’AVIS DES PROFESSEURS DE LP ?

Lettre PLP




PROFESSEURS PLP


QUAND VA-T-ON PRENDRE EN COMPTE LEUR AVIS ?









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LE PLP 14 - février 2021
Par Hervé Collomb-Clerc
Académie de Grenoble
plp@snalc.fr



Décembre 2020. L’enquête du SNALC intervient alors même que la crise sanitaire continue de perturber l’enseignement en LP déjà entamé par la catastrophique réforme de la voie professionnelle. Axée sur les prétendus points positifs de cette révolution pédagogique voulue par les pédago du MEN, force est de constater que la réalité du terrain est bien loin des bons mots du Ministère.


Les réponses sont sans équivoque possible, et cela va bien au-delà de l’appartenance ou non des sondés au SNALC. A la question de savoir si les réformes de la voie professionnelle engagées depuis 2009 ont été positives pour la qualité des diplômes préparés, 89,7 % les jugent négatives !

Quasi-unanimité pour montrer du doigt les nombreuses incohérences de la diminution des horaires dédiés (professionnel et général) au « profit » des heures de co-intervention et de chef d’œuvre.

S’agissant de la co-intervention, elle est mise en place tant bien que mal dans les établissements. Cependant, seulement 35 % des collègues émettent un avis favorable sur son utilité, contre 34 % contre ce dispositif, auxquels il faut ajouter les 31 % qui ne se prononce pas, sans doute par prudence car ils attendent la première promotion de ce nouveau bac pro pour confirmer leurs premières impressions négatives.



Nous retrouvons cette répartition dans l’étude sur l’utilité pédagogique : l’idée qu’un enseignement partagée entre collègues de matières professionnelles et générales est acceptée autant qu’elle est rejetée (oui à 27,6 % et non à 31 %). Mais que penser des 41,4 % qui ne se prononcent pas ? Application résignée et lassitude d’une énième réforme qui est parachutée sans prise en considération des besoins du terrain ou acceptation mesurée et prudente d’un ultime souhait qui pourrait se traduire par « Allez, on n’a qu’à essayer et ça va peut-être fonctionner ? ».


La réponse figure peut-être dans les retours sur la réalisation des programmes annuels au moyen de la co-intervention ? Avec seulement 13,8 % de collègues estimant que la co-intervention est une chance pour réaliser le programme, c’est un euphémisme que de dire que cet horaire dédié ne soulève pas l’enthousiasme des foules. Pensez donc : 37,9 % d’avis négatifs, qui, ajoutés aux 27,6 % de collègues perplexes, soulignent l’effet néfaste du remplacement des heures dédiées par des heures communes, où finalement, personne n’est satisfait. En revanche, intégrer dans les horaires hebdomadaires des heures de co-intervention en plus des anciens horaires de spécialité serait sans doute la solution. En proposant aux élèves de véritablement les former en français, en maths et en pratique professionnelle, tout en leur donnant la possibilité de découvrir la transversalité de ces enseignements grâce aux heures de co-intervention, il y avait là une piste très intéressante pour ne léser personne et ajouter une plus-value certaine aux filières du lycée professionnel. Encore fallait-il pour cela ne pas avoir une vision uniquement comptable de la pédagogie.


Examinons maintenant le chef d’œuvre, véritable catalyseur des mécontentements. Avec 69 % d’avis négatifs sur la mise en œuvre dans les établissements, le chef d’œuvre n’a pas trouvé son public. 85 % des collègues (48,3 % d’avis négatifs et 37,9 % d’abstentionnistes) doutent de son utilité pour les élèves. Flou sur le fond, flou sur la forme, en général et sur l’évaluation en particulier, force est de constater que ce nouvel « outil pédagogique » ne trouve pas sa place dans les progressions.


En résumé, chef d’œuvre et co-intervention, vitrine de la nouvelle réforme de la voie professionnelle, sont considérés par les collègues comme des pertes de temps par la dilution des apprentissages. Certes l’idée est intéressante, mais à y regarder de plus près, les élèves ne perçoivent pas ces enseignements comme tels. Ils ont besoin de structure. Détruire des horaires d’enseignement en argumentant que les programmes, et donc les connaissances disciplinaires, peuvent être achevées via ces co-enseignements, relève de la méthode Coué. Malheureusement, la réalité est tout autre.


Alors, dans ce moment de flottement pédagogique, générateur de stress pour les élèves et les professeurs, il ne reste qu’une certitude : avec près de 100 % d’opinions favorable sur l’indépendance de ses discours et de ses propositions, le SNALC, syndicat représentatif non subventionné et professionnel, garde toute sa légitimité pour porter la parole et les idées des collègues auprès des instances de l’Éducation Nationale.





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