C’EST BIEN PRATIQUE

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C’EST BIEN PRATIQUE






©iStock - Sercan Ertürk




Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1447 du 11 décembre 2020.
Par Ange MARTINEZ, SNALC premier degré





« Le risque de transmission existe principalement d’adulte à adulte, d’adulte à enfant, mais rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte » (Olivier Véran, ministre de la santé).


N’étant plus à une contradiction près, le gouvernement, après avoir jugé les masques inutiles, les a rendus obligatoires contre toute attente, une fois la saison touristique estivale terminée, la sécurité sanitaire étant alors redevenue question de priorité là où le tourisme et l’entrée de devises l’étaient cet été. Et puis, en novembre, reconfinement sauf pour les écoles. C’est bien pratique.

Maintenant que les enseignants ont été obligés d’appliquer des protocoles sanitaires de plus 50 pages inapplicables car sans cesse actualisés et finalement réduits à une dizaine de pages, voilà la transmissivité du virus remise en cause. C’est bien pratique.

Une fois les quatorzaines passées à 7 jours, on prétexte la non-contagiosité des enfants entre eux et à l’égard de l’adulte à l’école. C’est bien pratique.

Les masques chirurgicaux et FFP2 ont laissé la place à des masques de qualité moindre, des masques en tissu de la marque DIM, jugés suffisamment protecteurs. Et finalement toxiques, contenant de la zéolite d’argent, biocide dangereux pour l’usager… C’est bien pratique.

Pour relancer l’économie, il faut consommer. Noël ? La période rêvée pour la relance économique ! Le déconfinement « commercial » est annoncé pour le 28 novembre. Ruez-vous dans les boutiques. C’est bien pratique.

Et on ose nous dire que les enfants ne sont pas vecteurs, eux qui nous transmettent angine, grippe et gastro chaque hiver. Comme c’est pratique !

De là à ce qu’on nous affirme qu’on a beaucoup progressé sur la question et qu’il n’y a plus rien à craindre, le virus ayant totalement muté en une souche beaucoup moins pathogène, il n’y a qu’un pas. Ce serait bien pratique.

Alors, on fera des oeuvres en arts plastiques pour recycler tous ces masques et figer sur les toiles cette période où la vérité des propos a été des plus ténue et décroissante au fil des mois, comme la durée des jours de l’automne à l’hiver. Décidément, c’est bien pratique.










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