PRATIQUES COVID : ADAPTATION OU MUTATION DE L’EPS ?

PRATIQUES COVID : ADAPTATION OU MUTATION DE L’EPS ?

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PRATIQUES COVID :


ADAPTATION OU MUTATION DE L’EPS ?






©iStock - Dusan Stankovic




Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1447 du 11 décembre 2020.
Par Laurent BONNIN, secrétaire national SNALC chargé de l’EPS





La distanciation physique minimale de 2 m entre les élèves autorisant le non-port du masque s’est imposée en EPS. D’apparence simple, cette exigence a profondément transformé la discipline. Il faut saluer la performance des enseignants d’EPS qui, en plus de se conformer à de drastiques contraintes sanitaires et matérielles, réinventent chaque jour leur métier pour le rendre covid-compatible.


  • Parmi les activités physiques et sportives ou artistiques (APSA), supports de leur enseignement, ils démultiplient celles qui sont naturellement sources de distanciation, comme les activités de raquette, de course d’orientation, de 1/2 fond, de Step… se privant de nombreuses ressources habituelles.


  • Pour enrichir ces quelques pratiques, bien que très peu formés, ils proposent des activités plus marginales, comme le yoga, la relaxation, la musculation au poids du corps, notamment au collège et en LP où il n’y a plus de listes limitantes d’APSA imposées.


  • Ils adaptent aussi des activités traditionnelles (cirque, sports collectifs…) qui antérieurement engendraient des contacts, en faisant de la distanciation une donnée didactique clé. Ainsi, malgré une forte dénaturation du football, le human baby foot, le table football dont ils dérivent, isolent les déplacements des joueurs dans des espaces délimités permettant le maintien d’une activité physique collective.


  • Enfin ils innovent en introduisant des pratiques totalement inédites. Activités collectives de ballon (spike ball), de frisbee (Double Disc Court), de cordes à sauter (Double dutch) ou de parcours comme le Discgolf, qui se pratiquent en limitant les contacts.

Il faut souhaiter que ces remarquables adaptations, propices à l’activité physique dans le contexte actuel, ne s’installent pas dans la durée. L’EPS ne peut contribuer trop longtemps à l’incorporation exclusive de liens distants et individuels entre les élèves. Une telle mutation serait préjudiciable. Les activités de contacts et de groupes sont indispensables à l’apprentissage de l’autre et du vivre-ensemble.











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