ENSEIGNANTS CORVÉABLES ET UBÉRISÉS ?

ENSEIGNANTS CORVÉABLES ET UBÉRISÉS ?

CONDITIONS DE TRAVAIL




ENSEIGNANTS CORVÉABLES


ET UBÉRISÉS ?






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Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1447 du 11 décembre 2020.
Par Sylvie GLAUSER, présidente du SNALC de Besançon





Nous arrivons au terme d’une année anxiogène qui ne finit pas d’avoir des conséquences délétères sur nos métiers. La revalorisation promise ne doit pas nous faire perdre de vue ce que le confinement a fait à l’école et ce qu’il lui fera encore;


CE QU’IL LUI A FAIT TOUT D’ABORD :

Au motif de la « continuité pédagogique », ce premier trimestre a vu les chefs d’établissements multiplier les injonctions à mettre nos cours dans le cahier de textes, voire à y enregistrer des explications supplémentaires pour les élèves absents. Les parents eux, ont pris l’habitude de nous solliciter à toutes les heures du jour et de la nuit, week-end compris, et s’étonnent qu’on ne leur réponde pas le dimanche à 22 heures ! Ils n’oseraient sûrement pas faire cela à leur garagiste.


CE QU’IL LUI FERA ENSUITE :

Le transfert du choix des établissements REP au niveau local, académies et départements pose problème à bien des égards, notamment sur les arbitrages qui risquent de mener à une forme de « clientélisme ». Mais, en sus, il s’accompagnera d’une expérimentation soi-disant « provisoire » : une sorte de Devoirs Faits en ligne. Le soir, les enseignants répondront aux questions que les élèves leur poseront via un BAR (Bureau d’Aide Rapide). Pourrontils aussi commander une pizza ?

L’enseignant Ubérisé ! Et tout ça au prétexte de la crise sanitaire et des difficultés rencontrées par les élèves ! Mais ramènera-t-on dans le giron de l’école un élève qui a décroché parce qu’un enseignant répondra en direct à ses questions lorsqu’il fait ses devoirs le soir ? Il est évident, dès l’intitulé « lorsqu’il fait ses devoirs », que cet énième dispositif manquera sa cible. Pourtant il y a fort à parier que d’aucuns le trouveront merveilleux et voudront le généraliser.

On nous objectera, bien sûr, que nous serons rémunérés. Certes. Mais pourquoi ne pas nous rémunérer décemment pour le travail que nous effectuons déjà, qu’il soit visible ou invisible ? Au final, payer des heures sup’, ce n’est pas de la revalorisation, c’est juste des heures sup’ !











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