APSH et APESH : une autre forme d’accompagnement

APSH et APESH : une autre forme d’accompagnement

APSH et APESH : une autre forme d’accompagnement


Par Sylvie Morante Cazaux,
secteur AESH,
aesh-avs@snalc.fr
Le 7 novembre 2020

Connaissez-vous le métier d’APSH ou d’APESH ?
Il s’agit d’accompagner un adulte en situation de handicap, le plus souvent un professeur, dans l’exercice de ses fonctions.
Missions, formation, statut, avantages, inconvénients, salaire… des APSH sont à découvrir dans cet article.

La loi handicap de 2005 a créé des devoirs pour l’Éducation nationale envers ses personnels en situation de handicap.
Ainsi, des mesures doivent être prises pour permettre aux agents concernés de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l’exercer et d’y progresser.
Ils peuvent bénéficier d’aménagements du poste de travail mais également dans certains cas d’une assistance humaine prodiguée par un APSH ou un APESH : Accompagnant des Personnels (Enseignant) en Situation de Handicap.
Il y aurait à l’heure actuelle environ 800 APESH et APSH en France. C’est un métier mal connu mais essentiel que nous vous présentons aujourd’hui.

La plupart de ces personnels exerçaient des missions d’AED, d’AVS ou d’AESH avant d’être recrutés pour accompagner des adultes.
Lorsqu’un accompagnement est mis en place, la responsabilité de l’enseignant demeure pleine et entière pour les contenus pédagogiques, ainsi que la sécurité des élèves.
L’APESH, dans le cadre de ses missions, peut exécuter des tâches matérielles (déplacement, manipulation du matériel…).
Il peut aider l’enseignant dans la préparation des cours, la correction des copies, l’élaboration de documents administratifs… Il peut aussi lire et écrire à la place de l’enseignant ou sous sa dictée.
Sous les directives de l’enseignant, il peut contribuer à assurer la surveillance et la discipline dans la classe.
Il sera éventuellement amené à l’accompagner en réunions parents-professeurs, en conseil de classe ou en conseil d’école.

Le SNALC accompagne régulièrement des APESH pour défendre leurs droits. Lors de nos contacts, ce qui revient le plus souvent c’est la richesse de ce métier qui comporte bien des facettes.
La plupart d’entre eux entretiennent une relation privilégiée avec l’enseignant accompagné. Ils sont souvent mis en avant par le professeur qui les présente aux élèves comme un adjoint de confiance avec lequel il va co-animer le temps de classe.
Ils soulignent également la diversité des expériences vécues ainsi que leur grande autonomie.
Ce métier présente aussi l’avantage de prodiguer à l’APESH une stabilité professionnelle puisque l’accompagnement se fait généralement sur le très long terme : il n’est nullement question de changement d’emploi du temps en cours d’année, ni de changement de l’adulte à accompagner. La plupart des collègues rencontrés exercent auprès de la même personne depuis plusieurs années.
Cependant, les textes de cadrage restent flous ce qui met parfois les APSH et les personnels accompagnés dans des situations difficiles. Ainsi, en fonction des académies, les APESH sont autorisés - ou non - à se déplacer au domicile des enseignants pour effectuer leurs missions.
De même, la prise de poste peut se montrer compliquée lorsque l’enseignant exige que l’APESH exécute des missions qui ne relèvent pas de ses prérogatives, alors même que les textes sont assez flous (surveillance de groupes d’élèves en autonomie lors d’une sortie, accompagnement sur le temps du repas alors que ce n’est pas porté à l’emploi du temps…).

Par ailleurs, le recrutement est très différent en fonction des académies.
La note ministérielle DGRH MIPH n° 2014-0190 du 16 octobre 2014 indique que les APESH doivent être recrutés essentiellement sur la base de deux critères :

  • être apte à l'accompagnement ;

  • détenir des connaissances en rapport avec les fonctions de l’agent handicapé.

En revanche, la note ne précise en rien les modalités de recrutement.
Ici, un entretien rapide suffit ; là, plusieurs entretiens sont menés, des diplômes dans la matière enseignée par le professeur sont demandés, on effectue des tests d’orthographe, des corrections de copies sont faites…

Quant à la formation des APSH et APESH, elle existe… sur le papier : les APESH sont censés bénéficier d’une formation en relation avec leur métier. En réalité, ils sont formés « sur le tas », par les personnels qu’ils accompagnent. C’est très personnalisé, me direz-vous, mais c’est complètement inapproprié !

Dans la même veine, très rares sont ceux qui ont pu bénéficier d’un entretien professionnel afin de pouvoir améliorer leur rémunération.

Enfin, à savoir, les contrats des APSH et des APESH sont soumis aux mêmes règles que celles des AESH : les rémunérations sont tout autant outrageusement basses !
Si cet emploi est très enrichissant, il n’en reste pas moins très mal payé. Le ministère nous indique que les textes de cadrage de ce métier seront prochainement actualisés (la dernière note ministérielle date de 2014). Le SNALC veillera à ce qu’il ne s’agisse pas uniquement d’un « toilettage » mais bien d’une révision en profondeur. Nos représentants revendiqueront pour les APSH et les APESH une nette augmentation des salaires et un cadrage national plus précis concernant les missions, le recrutement et la formation de ces personnels.
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