AESH : Décryptage de votre rentrée 2020

AESH : Décryptage de votre rentrée 2020

AESH : Décryptage de votre rentrée 2020


Par Danielle Arnaud,
secrétaire nationale chargée des contractuels,
aesh-avs@snalc.fr
Le 7 novembre 2020

Dans l’une de nos précédentes lettres, nous vous avions sollicités pour répondre à notre questionnaire : « Bilan de la rentrée 2020 », et vous avez été extrêmement nombreux à le faire. Nous vous en remercions donc sincèrement.
Nous vous livrons les premières conclusions de cette enquête. Sachez que toutes ces données statistiques et remontées de terrain sont extrêmement précieuses au SNALC, notamment pour étayer la défense de vos intérêts et de vos droits, ainsi que pour obtenir de nouvelles avancées. D’autant plus que le SNALC doit prochainement participer au ministère à des négociations sur le temps de travail et les rémunérations des AESH dans le cadre de l’agenda social.

Quotités travaillées

Parmi les AESH ayant répondu à notre questionnaire, les 3/4 d’entre vous sont en CDD et 1/4 en CDI. Toutefois, quelle que soit la durée du contrat, seuls 5,1% sont à temps complet. La moitié a une quotité comprise entre 60 et 70 %, tandis que 26,3% ont une quotité inférieure à 60% et 18,3% ont une quotité comprise entre 70 et 90%.
Par conséquent, malgré la mise en oeuvre des PIAL, le temps complet reste l’exception chez les AESH et les temps incomplets demeurent la norme, avec une majorité d’AESH à 50% ou 60%.
Ce qui est loin de vous satisfaire, puisque 51% d’entre vous souhaiteraient travailler davantage, parmi lesquels 26 % ont déjà formulé une demande officielle auprès de l’administration dans ce sens, et dont 44 % reçoivent une réponse négative depuis 3 ans ou plus.

Rémunération

39,2% des AESH ayant répondu à notre questionnaire sont rémunérés à l’indice 329, 14,2% à l’indice 330 (soit seulement 4,686 euros bruts de plus par mois pour un temps complet !), ce qui représente plus de 53 % des AESH rémunérés au SMIC ou à peine au-dessus. Ce niveau de rémunération pour des temps incomplets entraîne nécessairement des salaires eux-mêmes très modestes et indignes pour le SNALC. Seuls 8,9 % des AESH ont un indice de rémunération supérieur ou égal à 340.
Toutefois, le SNALC a pu constater que 31 % des AESH ne connaissaient pas leur indice de rémunération. Si vous êtes dans ce cas, sachez que votre indice de rémunération est noté dans la partie haute de votre bulletin de salaire et que toute modification de votre indice de rémunération donne lieu à la signature d’un arrêté ou d’un avenant à votre contrat, qu’il convient de conserver précieusement.

PIAL

À la rentrée 2020, 81,5% des AESH ayant répondu à notre questionnaire étaient affectés en PIAL. La répartition de ces AESH en PIAL était la suivante : environ 1/4 dans un PIAL de moins de 5 écoles ou/et établissements, 32,3 % dans un PIAL comptant entre 6 et 10 écoles ou/et établissements, 28,7 % dans un PIAL comptant entre 11 et 20 écoles ou/et établissements et enfin 14,2 % dans un PIAL de plus de 20 écoles ou/et établissements.
Mais, pour 80% de ces AESH, leur affectation en PIAL n’a pas entraîné une hausse de leur quotité travaillée.
Par contre, 12,5 % des AESH ont connu des modifications d’affectation depuis la rentrée 2020 et parmi ces derniers, 64 % n’ont été prévenus de ces changements qu’entre 1 et 3 jours auparavant. Ce qui laisse peu de temps pour s’organiser…

Lieu(x) d’exercice

En PIAL ou hors PIAL, le SNALC constate que les affectations sont toujours adressées trop tardivement à trop d’AESH. En effet, seuls 35 % des AESH connaissaient leur affectation avant le 6 juillet 2020, 29 % l’ont connue entre le 6 juillet et le 16 août, et enfin 32 % l’ont connue entre le 17 août et le 15 septembre !
De plus, pour seulement 49 % des AESH ayant répondu à notre questionnaire, leurs voeux géographiques d’affectation ont été pris en compte, soit parfaitement (pour 38 %) soit partiellement (pour 11 %). Le SNALC note et forcément trouve inadmissible de la part de l’Administration le fait que plus de 42 % des AESH n’ont même pas eu la possibilité de formuler des voeux pour l’année scolaire 2020/2021.
82 % des AESH exercent dans une seule école ou un seul établissement et 17 % dans deux écoles ou établissements.
28 % des AESH interviennent dans une seule classe, 40 % dans deux classes et 19 % dans trois classes maximum.
Toujours parmi les AESH ayant répondu à notre questionnaire, 16 % accompagnent un seul élève, 30 % deux élèves, 23 % trois élèves, 10 % quatre élèves au maximum. Par contre, presque 13 % des AESH accompagnent plus de 6 élèves en situation de handicap. Pour le SNALC, c’est hallucinant et grotesque !

Emploi du temps et cumul d’activités

69 % des AESH ont participé à la réalisation de leur emploi du temps et pour 67 %, leur emploi du temps leur convient parfaitement. Hors pause méridienne, 77 % des AESH déclarent ne pas avoir de « trous » dans leur emploi du temps. Cependant, pour 39 % des AESH, leur emploi du temps n’est pas compatible avec l’exercice d’un autre emploi et pour 29% le cumul d’activités est possible mais compliqué. Seuls 13,7 % estiment que le cumul d’activités peut se faire sans difficulté.

Intégration à la communauté éducative

48 % des AESH ayant répondu à notre questionnaire n’ont pas rencontré les parents ou responsables légaux du ou des élèves qu’ils accompagnent, 61 % n’ont pas accès à tous les documents utiles (notification CDAPH, PPS...) pour l’accompagnement du ou des élèves en situation de handicap, et enfin 27 % n’ont pas été présentés à l’équipe éducative. Difficile de voir dans ces données, une intégration réussie ou pleine et entière des AESH à l’équipe éducative…

AESH référents

Si 15 % des AESH ayant répondu à notre questionnaire affirment qu’il n’y a pas d’AESH référent dans leur département, c’est tout de même 61 % des AESH qui ne savent pas s’il y a dans leur département un ou plusieurs AESH référents. Donc seuls 24 % connaissent l’existence d’au moins un AESH référent dans leur département. Parmi ces derniers, pour 43%, le rôle de l’AESH référent leur a été présenté, pour 31 %, la procédure pour saisir l’AESH référent leur a été expliquée et pour 30 % seulement, l’AESH référent leur a été présenté.
Enfin, parmi les AESH référents ayant répondu à notre questionnaire, 29 % seulement ont suivi une formation pour occuper cette fonction, 25 % ont vu leur quotité travaillée augmenter, et enfin pour 32 %, leurs missions ne correspondent pas du tout ou correspondent partiellement à celles d’un AESH référent.

Conclusion

Pour vous, comme pour le SNALC, ce bilan de la rentrée 2020 ne peut pas nous satisfaire et force est de constater que les difficultés perdurent pour la très grande majorité d’entre vous : des quotités travaillées insuffisantes, avec pour conséquence des rémunérations trop faibles, des emplois du temps difficilement compatibles avec un second emploi, un manque de reconnaissance et d’intégration à la
communauté éducative, des AESH référents « invisibles », des PIAL qui ne sont pas synonyme d’amélioration…
60 % des AESH ayant répondu à notre enquête reconnaissent que leurs conditions d'emploi et d'exercice se sont dégradées depuis cette rentrée de septembre 2020.
C’est pourquoi 61 % des AESH ont déjà songé à démissionner et parmi les motifs les plus fréquemment cités comme pouvant justifier un départ (un AESH pouvait cocher plusieurs motifs), on trouve la faiblesse de la rémunération pour 92 % d’entre eux, le manque de reconnaissance professionnelle pour 72 %, le manque de perspectives d’évolution pour 67 %, l’absence du statut de fonctionnaire pour 58 % et une formation insuffisante ou inappropriée pour 38 %.
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